4 buts en 3 matchs : Gouiri ne peut pas faire plus
Auteur d'un doublé face au Paris FC, dont une volée somptueuse, l'attaquant algérien porte à quatre son total de buts en trois journées, sans empêcher une deuxième défaite consécutive d'un OM en crise (2-3).
Il y a des joueurs qui traversent les crises, et d'autres qui les surplombent. Amine Gouiri appartient à la deuxième catégorie. Dimanche soir, dans un Vélodrome médusé par la défaite face au Paris FC (2-3), l'attaquant international algérien a signé un doublé qui porte son total à quatre buts en trois journées de Ligue 1. Meilleure entame de sa carrière, statut de patron confirmé, et pourtant : l'OM s'enfonce, avec une deuxième défaite consécutive qui l'expédie dans le ventre mou du classement.
Un doublé pour l'art, pas pour les points
Le film de sa soirée résume son début de saison. Menés dès la 23e seconde par le premier but du triplé de Lassine Sinayoko, les Marseillais ont couru derrière le score toute la soirée, et c'est Gouiri, deux fois, qui les a remis à flot. Une première égalisation dès la 8e minute, en renard opportuniste. Puis, à la 53e, un geste de très grande classe : servi après une percée d'Amine Harit, l'Algérien a catapulté une volée du droit dans la lucarne opposée, l'un des plus beaux buts de ce début de saison en France. Insuffisant : un penalty de Sinayoko dans les dernières minutes a scellé le sort d'un OM trop friable défensivement.
Quatre buts sur les cinq marqués par Marseille en championnat : la dépendance phocéenne à son numéro 9 vire à la caricature, et elle a un mérite, celui de clore définitivement le débat de l'été. Le joueur placé sur la liste des transferts en juin est aujourd'hui, et de très loin, la seule certitude offensive du projet Genesio.
Le paradoxe marseillais
Et soyons francs : la situation collective inquiète autant que la forme individuelle rassure. Privé de recrue estivale, amputé de ses cadres partis en série, l'OM affiche déjà les symptômes d'une saison de souffrance : une défense qui craque sur chaque temps fort adverse, un milieu sans profondeur, et un entraîneur réduit à confesser, après la fermeture du mercato, que le bilan était moins pire que ce qu'il craignait. Quand le soulagement devient l'horizon d'un club de cette dimension, les ennuis ne font généralement que commencer. La Ligue Europa, qui débute la semaine prochaine face à Leverkusen et le duel avec Maza, dira vite si cet effectif peut tenir deux fronts.
Pour Gouiri, l'équation personnelle reste pourtant limpide : continuer. Chaque but consolide un statut de leader technique et renforce sa position à trois semaines de la réception de la Zambie, sous les yeux d'un Brahim Hemdani présent dimanche au Vélodrome pour sa première supervision.
Une certitude pour les Verts
Une chose est certaine : quels que soient les tourments marseillais, la sélection algérienne tient son attaquant en état de grâce au meilleur moment. Quatre buts en trois matchs, une palette complète du renard à l'esthète, et une capacité à surnager dans l'adversité qui vaut tous les tests de caractère.
Le jour où Amine Gouiri transposera cette forme en sélection, dès les qualifications de la CAN 2027, les Verts tiendront le grand attaquant que toute une génération attend. À Marseille de ne pas gâcher le sien.
Sources : franceinfo, Eurosport, Foot01, L'Équipe
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