Aouar ne rejoindra finalement pas le Betis
Annoncé comme bouclé pour 5 millions d'euros, le retour en Europe du milieu d'Al-Ittihad s'est effondré en quelques heures, Séville démentant tout accord. Récit d'un mirage.
L'emballement aura duré une semaine, le démenti quelques lignes. Houssem Aouar ne rejoindra pas le Real Betis : selon La Gazette du Fennec, la direction sévillane a fermement démenti auprès de Winwin l'existence du moindre accord avec Al-Ittihad, enterrant un transfert que toute la presse spécialisée annonçait comme bouclé. Accord entre clubs autour de 5 millions d'euros, conditions personnelles validées, officialisation imminente : le dossier semblait plié. Il n'existait pas, du moins pas aux yeux du principal intéressé côté andalou. Chronique d'un mirage estival, et d'un joueur qui n'en finit plus d'attendre son retour.
Un scénario écrit d'avance qui s'effondre encore
Le plus troublant tient à la répétition. L'été dernier déjà, un transfert d'Aouar vers ce même Betis avait capoté dans les dernières heures du mercato, la faute aux contraintes financières et au calendrier selon Foot Mercato. Un an plus tard, mêmes acteurs, même montant évoqué, même dénouement. Quand une piste meurt deux fois au même endroit, le hasard devient une explication paresseuse : soit les exigences salariales du joueur, rémunéré environ 4,8 millions d'euros nets par an en Arabie saoudite, restent incompatibles avec les moyens d'un club de Liga, soit Séville n'a jamais été aussi décidé que les fuites le prétendaient. Et soyons francs : les transferts qui n'attendent que des formalités administratives pendant une semaine sont généralement des transferts qui attendent autre chose.
Le paradoxe d'une saison saoudienne correcte
Sportivement, le dossier Aouar ne manque pourtant pas d'arguments. Sa saison à Al-Ittihad affiche des chiffres honorables, 34 apparitions, 8 buts et 6 passes décisives, et son registre de relayeur-meneur, tout en finesse technique, correspond précisément à ce que cherchent les formations espagnoles. Son envie de revenir en Europe est documentée de longue date, nourrie par la lassitude des critiques d'une partie du public saoudien. Mais son contrat courant jusqu'en 2028 place Al-Ittihad en position de force, et chaque été qui passe complique l'équation : à 28 ans, la fenêtre du grand retour se referme doucement.
L'enjeu vert derrière le feuilleton
Pour la sélection, ce rendez-vous manqué n'est pas anodin. Le Mondial d'Aouar a cristallisé les critiques, son statut de cadre reconduit malgré les prestations faisant partie des griefs récurrents contre la gestion de l'ancien cycle. Dans la reconstruction qui s'annonce, avec un milieu de terrain en chantier complet, son avenir en vert dépendra du niveau de son quotidien en club. Une saison de plus en Saudi Pro League, championnat que les sélectionneurs regardent avec distance, affaiblirait mécaniquement son dossier face à la génération montante des Titraoui et autres profils européens. Une chose est certaine : le prochain contrat d'Aouar pèsera plus lourd que toutes ses déclarations d'intention.
L'été reste long
Rien n'interdit un rebondissement, le mercato ayant l'habitude de ressusciter ses morts, et d'autres pistes européennes peuvent émerger d'ici la fin du marché. Le jour où Aouar signera réellement son retour sur le Vieux Continent, on jugera sur pièces sa capacité à redevenir le joueur qui enchantait Lyon. En attendant, le milieu algérien reste un joueur d'Al-Ittihad, et le Betis un rêve deux fois évanoui. Certaines histoires ne veulent simplement pas s'écrire.
*Sources : La Gazette du Fennec, Foot Mercato, Africafoot*
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