Mandi signe à Levante
Non prolongé par Lille malgré son titre de meilleur joueur de la saison, le recordman de sélections des Verts retourne en Liga, dans un club promis au combat pour le maintien.
La réponse est tombée, et elle vient d'Espagne. Aïssa Mandi, non prolongé par le LOSC au terme de son contrat, s'est engagé avec Levante UD, pensionnaire de Liga. À 34 ans, le joueur le plus capé de l'histoire de l'équipe d'Algérie retourne dans le championnat qui l'a vu grandir pendant sept ans, du Real Betis à Villarreal. Nous posions la question il y a dix jours : le prochain club de Mandi dirait la fin de son histoire internationale. La voici, cette réponse, et elle est plus nuancée qu'il n'y paraît.
Le paradoxe lillois jusqu'au bout
Retenons d'abord l'étrangeté de ce départ : Lille laisse filer libre un défenseur élu meilleur joueur de sa propre saison. L'explication tient à l'âge et à la politique salariale des Dogues, pas au niveau affiché dans la défense à trois axiaux où l'Algérien a rayonné. Ce contraste entre son rendement en club et ses difficultés en sélection, que les révélations de l'été ont éclairé d'un jour polémique, restera l'énigme de sa saison. Et soyons francs : peu de joueurs quittent un club par la grande porte sportive et la petite porte contractuelle en même temps.
Levante, un choix de raison qui dit tout
Analysons la destination avec lucidité. Levante n'est ni un cador ni un exil doré : c'est un club modeste de Liga, promis à la lutte pour le maintien, où Mandi retrouvera un environnement qu'il connaît par cœur, un football tactique exigeant et, surtout, du temps de jeu garanti dans un rôle de patron de défense. À 34 ans, c'est exactement le contrat qu'il fallait signer pour rester compétitif. Le choix contraste avec les sirènes du Golfe qui guettent tous les trentenaires, et il faut le porter à son crédit. Une chose est certaine : un défenseur qui choisit de souffrir en Liga plutôt que de s'endormir ailleurs n'a pas rangé ses ambitions.
La question qui reste ouverte pour les Verts
Ce transfert relance donc le débat au lieu de le clore. D'un côté, la Liga maintient Mandi dans un niveau compatible avec la sélection, et son expérience de 122 capes peut accompagner la transition d'une charnière en reconstruction. De l'autre, le naufrage défensif du Mondial, les dix buts encaissés en quatre matchs, l'accélération de Manzambi sur l'ouverture du score suisse et l'émergence de la génération Belaïd-Tougaï plaident pour un passage de témoin assumé. Le futur sélectionneur tranchera, avec la réception de la Zambie du 21 septembre comme première échéance. Le maintien recommandé de Petkovic, si le bureau fédéral le confirme, pèserait d'ailleurs dans le sens de la continuité.
Le respect d'abord, le débat ensuite
Quoi qu'il advienne de son avenir en vert, une carrière pareille impose le ton juste. Douze ans de sélection, deux Mondiaux, la CAN 2019 soulevée au Caire, un record de capes que personne n'approchera avant longtemps : Mandi appartient déjà à l'histoire des Verts, aux côtés des grands serviteurs de la défense algérienne. Le jour où il raccrochera avec la sélection, il méritera des adieux organisés, pas un oubli progressif dans les listes. D'ici là, rendez-vous en Liga : le maillot grenat de Levante comptera un supporter de plus dans chaque foyer algérien d'Espagne.
*Source : La Gazette du Fennec*
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