Une deuxième étoile pour la Roja, un adieu raté pour Messi
L'Espagne a dominé l'Argentine de bout en bout (1-0 a.p.) et règne à nouveau sur le monde, seize ans après 2010. La dernière danse de Messi n'a jamais commencé.
Le football a couronné son meilleur élève, et il n'a laissé aucune place au romantisme. Dimanche soir au MetLife Stadium, l'Espagne a remporté la Coupe du monde 2026 en dominant l'Argentine (1-0 après prolongation), au terme d'une finale à sens unique que le tenant du titre a traversée en spectateur. Seize ans après Johannesburg et le but d'Iniesta, la Roja décroche sa deuxième étoile, conclusion logique d'un tournoi qu'elle a survolé de la première à la dernière minute. Et Lionel Messi, pour la dernière danse annoncée de sa carrière internationale, n'a jamais trouvé la musique.
Un siège de 106 minutes
Le scénario restera comme un manifeste. L'Espagne a tricoté, débordé, centré, tenté par la gauche de Nico Williams, la droite de Yamal, l'axe de Pedri, se heurtant inlassablement à un Emiliano Martínez monumental, auteur de parades qui ont maintenu son équipe en vie bien au-delà du raisonnable. Le chiffre qui dit tout : l'Argentine a attendu la 122e minute pour cadrer son premier tir. Réduite à dix juste avant la prolongation après l'expulsion d'Enzo Fernández, l'Albiceleste a fini par céder à la 106e : remise de Nico Williams au second poteau, reprise du gauche de Ferran Torres, et un pays entier libéré d'une tension de seize ans. Une chose est certaine : jamais un champion du monde n'avait été détrôné avec si peu de résistance.
La sortie que Messi ne méritait pas
Il faut l'écrire avec le respect dû au plus grand : Messi a été transparent. Un centre lobé sans danger, une frappe déviée, et des kilomètres de marche pendant que la vague rouge déferlait. À 39 ans, celui qui avait porté les siens tout le tournoi, du triplé face à l'Algérie aux deux passes décisives de la demi-finale, n'a pas eu les jambes du dernier soir. Le doublé mondial de 1938 et 1962 restera inégalé, et la dernière image du numéro 10 en sélection sera celle d'un homme cherchant en vain une brèche qui n'existait pas. Et soyons francs : les dieux du football écrivent rarement les fins que les hommes leur réclament. Diego avait eu la sienne en tragédie, Leo l'aura en silence.
Une équipe pour l'histoire, un modèle pour tous
Ce sacre dépasse le trophée : champion d'Europe 2024, vainqueur de tout ce qui se présente depuis deux ans, l'Espagne réussit le doublé Euro-Mondial que seule sa propre génération dorée avait signé, et intronise la bande Yamal-Pedri-Cubarsí, tous formés dans le même moule, comme la dynastie des dix prochaines années. Pour les nations qui cherchent leur voie, l'Algérie en tête, la leçon est limpide : ce titre est celui d'une école de formation, d'une continuité de sélectionneurs et d'une idée de jeu jamais trahie. Rien de tout cela ne s'achète en un mercato.
Le rideau tombe, le débat commence
Le premier Mondial à 48 équipes referme ses portes sur un vainqueur incontestable, une Afrique record en quantité et frustrée en profondeur, et une passation de pouvoir générationnelle en mondovision : Yamal, 19 ans, soulève ce que Messi lâche. Le jour où l'on comparera les dynasties, cette Roja aura sa place à la table des plus grandes. En attendant, l'Argentine rentre avec ses regrets, l'Espagne avec l'étoile, et le football avec une certitude : le ballon, lui, a choisi son camp depuis longtemps.
*Sources : France 24, La Presse, 20 Minutes*
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