Un rapport espagnol démonte le favoritisme pro-Argentine
Une analyse arbitrale publiée en Espagne conclut que l'Albiceleste n'a pas été avantagée au Mondial, à rebours du procès instruit sur les réseaux. On fait le point.
C'est le procès parallèle de ce Mondial, instruit soir après soir sur les réseaux sociaux : l'Argentine serait portée par l'arbitrage, protégée par la FIFA, poussée vers un doublé écrit d'avance. Le penalty généreux par-ci, le carton oublié par-là, et des millions de supporters convaincus, notamment en Afrique après les éliminations cruelles du Cap-Vert et de l'Égypte face à l'Albiceleste. Un rapport d'analyse arbitrale publié par un média espagnol spécialisé, relayé par Fennec Football, vient bousculer ce récit : au terme d'un examen des décisions match par match, il conclut que le champion du monde n'a pas bénéficié d'un traitement de faveur. Le timing, à quelques heures d'une finale contre l'Espagne, ne manque pas de sel.
Ce que dit la méthode, et pourquoi elle compte
L'intérêt de ce type de rapport tient moins à sa conclusion qu'à sa démarche : recenser toutes les décisions litigieuses d'un parcours, les évaluer selon les standards officiels, comptabiliser celles qui favorisent et défavorisent l'équipe, puis comparer. C'est le contraire exact du tribunal des réseaux, qui fonctionne à la compilation sélective : on monte bout à bout les trois décisions favorables, jamais les trois défavorables. Sur un tournoi de sept matchs, chaque équipe accumule des coups de sifflet contestables dans les deux sens. Et soyons francs : le supporter retient les injustices subies avec une mémoire d'éléphant et oublie celles dont il profite en une mi-temps.
Pourquoi le soupçon colle à l'Argentine
Il faut pourtant comprendre d'où vient la défiance, car elle n'est pas née de rien. Le poids institutionnel de l'Albiceleste, la starisation de Messi dont le sacre arrange tous les diffuseurs, et surtout les révélations récentes de Romain Molina sur la gestion de la fédération argentine, que nous avons documentées, avec une enquête du FBI sur des flux financiers massifs : tout cela nourrit un climat où le pire devient croyable. Mais la rigueur impose une distinction que le rapport espagnol a le mérite de rappeler : une fédération aux finances suspectes ne prouve pas des matchs arrangés. Une chose est certaine : mélanger les dossiers est le plus court chemin pour ne faire tomber aucun des deux.
La leçon vaut aussi pour nos débats africains
Cette étude devrait inspirer notre propre rapport à l'arbitrage. Combien de polémiques continentales, du VAR d'Atcho contre l'Algérie aux griefs sénégalais de la finale de CAN, se règlent à coups de captures d'écran plutôt que d'analyses complètes ? Nous réclamions récemment la publication des évaluations d'arbitres par la CAF : voilà exactement l'outil qui manque. Quand les chiffres existent, les fantasmes reculent ; quand ils sont cachés, les théories prospèrent. Les instances qui gardent leurs rapports sous clé fabriquent elles-mêmes les complots qu'elles dénoncent.
Rendez-vous sur le terrain ce soir
Reste le plus beau des contre-arguments : la finale de ce dimanche. Face à l'Espagne, machine la plus aboutie du tournoi, l'Argentine n'aura ni penalty généreux ni scénario écrit pour survivre au pressing de Rodri et aux flèches de Yamal. Le jour où l'Albiceleste soulèvera ou perdra ce trophée, ce sera sur la pelouse du MetLife, devant un milliard de témoins. Les complots s'arrêtent toujours là où commence le très haut niveau.
*Sources : Fennec Football, Le Média en 4-4-2*
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