Gouiri au Napoli : la condition qui bloque
Le champion d'Italie 2025 veut l'attaquant algérien de l'OM, mais aucune offre ne partira tant que le sort de Lorenzo Lucca ne sera pas réglé. Décryptage du dossier.
Le grand club européen a désormais un nom et une condition. Le Napoli, vice-champion d'Italie qualifié pour la Ligue des champions, suit sérieusement Amine Gouiri pour renforcer son attaque. Mais selon le quotidien napolitain Il Mattino, aucune offre ne partira vers Marseille tant qu'un préalable ne sera pas levé : l'avenir de Lorenzo Lucca. Massimiliano Allegri, fraîchement installé sur le banc napolitain, veut évaluer l'avant-centre italien pendant la préparation estivale avant de décider s'il le conserve comme alternative à Rasmus Højlund ou s'il libère la place. Le dossier Gouiri est donc suspendu à un autre joueur. Frustrant, mais très révélateur.
Un intérêt réel, une méthode assumée
Précisons d'abord ce qui est solide : l'intérêt napolitain n'est pas une rumeur d'été. Le club suit le Fennec depuis le début du mercato, a multiplié les prises de renseignements et considère son profil comme une option prioritaire pour son secteur offensif, là où l'AC Milan s'est contenté d'une veille passive. La condition posée relève de la doctrine maison : Aurelio De Laurentiis a demandé à son entraîneur de ne pas recruter pour recruter. Une gestion rigoureuse qui a fait du Napoli un champion et un modèle économique. Et soyons francs : un club qui réfléchit avant de dépenser 28 millions, c'est exactement le genre de maison sérieuse qu'on souhaite à un joueur algérien.
L'OM, vendeur sous contrainte
Côté marseillais, l'équation est limpide et documentée : sous la surveillance de la DNCG, le club doit générer environ 90 millions d'euros de ventes d'ici juin 2027, et le départ de Mason Greenwood n'a été qu'un début. Avec un salaire estimé à 3,2 millions d'euros annuels et une valeur marchande autour de 28 millions, pour un joueur acheté 19 millions à Rennes en janvier 2025, Gouiri coche toutes les cases de la belle opération comptable. La direction phocéenne ne le pousse pas dehors, mais elle écoutera. Une chose est certaine : dans un club qui doit vendre, les meilleurs actifs partent rarement les derniers.
Pour Gouiri, une attente qui n'a rien d'humiliant
Faut-il s'offusquer de ce statut de dossier conditionné ? Pas si vite. Attendre le départ d'un concurrent direct pour arriver dans un effectif, c'est la garantie d'un rôle réel plutôt qu'une place dans une rotation surpeuplée. Naples offrirait au Fennec la Ligue des champions, un entraîneur qui a toujours sublimé les attaquants polyvalents, et une Serie A qui réussit historiquement aux techniques comme lui. À 26 ans, après une saison à 11 buts et 5 passes au Vélodrome, le timing d'un dernier grand palier est idéal, à quatorze mois de la CAN 2027 où il formera avec Amoura la paire offensive du nouveau cycle des Verts.
Un été de patience stratégique
Le scénario des prochaines semaines est écrit : Allegri jugera Lucca pendant la préparation, et le verdict déclenchera ou enterrera l'offensive napolitaine. D'ici là, Marseille peut recevoir d'autres propositions, et le joueur devra garder la tête au travail dans un vestiaire olympien en pleine lessive estivale. Le jour où Naples décrochera son téléphone, tout ira très vite. En attendant, le sort d'un international algérien se joue sur les performances d'un avant-centre italien à l'entraînement. Le mercato a de ces ironies.
*Sources : Il Mattino, DzBallon, Foot01*
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