Le cœur argentin a eu raison de l'Angleterre
Menée jusqu'à la 86e minute, l'Argentine a renversé les Three Lions (2-1) dans une fin de match irrespirable à Atlanta. Messi, double passeur, retrouve la finale.
Il y a des équipes qui jouent au football, et d'autres qui refusent simplement de mourir. Mercredi soir à Atlanta, l'Argentine a offert la deuxième catégorie dans toute sa splendeur : menée depuis la 55e minute et un but d'Anthony Gordon, l'Albiceleste a renversé l'Angleterre (2-1) dans les dernières minutes d'une demi-finale irrespirable. Enzo Fernández à la 86e, Lautaro Martínez dans le temps additionnel, et Lionel Messi en architecte des deux buts : le champion du monde en titre disputera dimanche sa deuxième finale consécutive, face à l'Espagne au MetLife Stadium.
Une heure de souffrance avant l'orage
Soyons honnêtes sur la physionomie : l'Angleterre a longtemps mérité sa qualification. Solides dans le plan de Thomas Tuchel, portées par un Gordon tranchant, les Three Lions ont contenu les vagues argentines et frappé au retour des vestiaires. À 1-0, avec leur assise défensive, le scénario semblait écrit. Mais l'Albiceleste a fait ce qu'elle fait depuis trois tournois : pousser sans paniquer, jusqu'à la tête de Mac Allister sur le poteau de Pickford à la 77e, avant-signe que la digue anglaise commençait à céder. Une équipe qui touche du bois sans baisser le rythme finit toujours par toucher les filets.
Messi, le vieux magicien aux deux derniers tours
À 39 ans, dans peut-être son dernier Mondial, le capitaine a encore décidé du sort d'une demi-finale. Sur un corner joué court à la 86e, sa remise trouve Enzo Fernández, dont la frappe splendide du droit ne laisse aucune chance à Pickford. Puis dans les neuf minutes de temps additionnel, son centre parfait trouve la tête de Lautaro Martínez, entré quelques instants plus tôt pour tout changer. Huit buts et des passes décisives dans les moments qui comptent : ce tournoi restera comme le testament d'un joueur qui aura marqué contre l'Algérie en poules et sauvé son équipe à chaque tour. Et soyons francs : tant que Messi respire, aucune avance n'est en sécurité.
Le symptôme que les Africains connaissent trop bien, à l'envers
Pour les supporters africains, ce match a un goût cruellement familier. Craquer dans les dix dernières minutes : c'est exactement ce qui a éliminé le Sénégal contre la Belgique, l'Égypte contre cette même Argentine et la RDC contre cette même Angleterre. La différence entre l'Albiceleste et les nôtres tient là, dans cette science du money-time qui transforme la pression en carburant plutôt qu'en poison. Le coaching de Scaloni, lançant Lautaro à la 81e pour un défenseur, raconte une culture de la gagne que les fédérations n'achètent pas : elle se construit sur des années de matchs couperets. Une chose est certaine : l'Argentine ne gagne pas parce qu'elle est plus forte, elle gagne parce qu'elle y croit plus longtemps.
Dimanche, le choc des deux mondes
La finale opposera donc les deux visions qui dominent ce sport : le collectif chirurgical espagnol, qui a éteint la France sans trembler, contre l'âme argentine, capable de survivre à tous les scénarios. Rodri contre Messi, la possession contre la passion, le champion d'Europe contre le champion du monde. Pour l'Albiceleste, l'occasion de conserver son titre, un exploit que seuls le Brésil de 1962 et l'Italie de 1938 ont réussi. Le jour où l'on croira l'Argentine enterrée, elle sera probablement en train de soulever un trophée. L'Angleterre, elle, vient de l'apprendre de la manière la plus douloureuse qui soit.
*Sources : France 24, Radio-Canada, Foot Mercato*
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