L’Espagne donne une leçon de football à la France
L'Espagne a dominé la France de bout en bout à Dallas (2-0) et retrouve une finale de Coupe du monde, seize ans après son sacre de 2010. Une démonstration de maîtrise.
Un soir de 14 juillet, la fête a changé de camp. À l'ATALANTA Stadium de Dallas, l'Espagne a éliminé la France (2-0) avec une autorité qui ne laisse aucune place au débat, et disputera dimanche à New York sa deuxième finale de Coupe du monde, seize ans après le sacre de 2010. Les Bleus, eux, voient s'envoler le rêve d'une troisième finale consécutive, eux qui n'avaient encaissé aucun but en phase à élimination directe avant ce match. La meilleure attaque du tournoi n'a jamais existé face à la meilleure organisation du monde.
Une domination écrite dès les premières minutes
Le scénario s'est dessiné tôt. À la 20e minute, un tacle dangereux de Lucas Digne sur Lamine Yamal dans la surface offre un penalty indiscutable que Mikel Oyarzabal transforme, son cinquième but dans ce Mondial et le trentième avec la Roja. La France, déjà privée de William Saliba, sorti sur blessure à la demi-heure, subit alors les vagues espagnoles sans parvenir à toucher le ballon. Au retour des vestiaires, Pedro Porro double la mise d'une frappe de latéral conquérant (58e), et le match bascule dans la gestion. Rodri et Fabián Ruiz ont dicté chaque tempo, Yamal a martyrisé son couloir, et Mbappé, pourtant à huit buts dans le tournoi, a couru après un ballon qui ne venait jamais. Et soyons francs : le 2-0 est presque flatteur pour des Bleus qui n'ont pas cadré une occasion nette avant l'heure de jeu.
La confirmation d'une hiérarchie
Cette victoire n'est pas un accident, c'est une série. L'Espagne a désormais remporté ses trois dernières confrontations face à la France dans les grands rendez-vous : la demi-finale de l'Euro 2024, la folle demi-finale de Ligue des nations (5-4) et maintenant ce dernier carré mondial. Champion d'Europe en titre, invaincue dans ce tournoi avec une défense qui n'a presque rien concédé, la Roja de Luis de la Fuente a construit une machine où la possession n'est plus un dogme esthétique mais une arme d'étouffement. Une équipe qui vous prive de ballon vous prive d'abord d'espoir.
La question française reviendra vite
Côté Bleus, l'élimination rouvre des débats familiers. Didier Deschamps, dont chaque grand tournoi relance la question de l'avenir, a vu son équipe incapable de résoudre l'équation du pressing espagnol, comme à l'Euro 2024. Le talent individuel français, le plus dense du monde grâce à une formation que la planète envie, bute une nouvelle fois sur un collectif supérieur. Une chose est certaine : accumuler les cracks ne suffit plus quand l'adversaire accumule les certitudes. La petite finale de samedi à Miami ressemblera à une punition pour un groupe qui visait le triplé de finales.
Dimanche, l'histoire attend la Roja
Reste le sommet : dimanche au MetLife Stadium, l'Espagne affrontera le vainqueur d'Angleterre-Argentine pour tenter de rejoindre le cercle très fermé des doubles champions du monde. Avec un Yamal de 19 ans en état de grâce, un Rodri métronome et une génération dorée qui enchaîne les trophées, la Roja a l'occasion de sceller une domination entamée à l'Euro. Le jour où cette équipe soulèvera la Coupe, on parlera d'une décennie espagnole. Il ne lui reste qu'un match pour transformer la démonstration en dynastie.
*Sources : CNews, Goal, Foot Mercato*
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