« Aucun coach algérien n'est taillé pour la sélection »
L'ancien international Khaled Lounici démonte le Mondial de Petkovic et lâche une phrase qui va faire hurler sur le choix du prochain sélectionneur des Verts.
Il y a des phrases qui mettent le feu à un débat national. Interrogé par Africafoot sur la succession de Vladimir Petkovic, Khaled Lounici, ancien milieu des Verts aux 33 sélections dans les années 90, a répondu sans détour : avec tout le respect qu'il dit avoir pour ses collègues, il ne croit pas qu'il existe aujourd'hui un entraîneur algérien parfaitement taillé pour cette responsabilité. Une sortie qui tombe en plein fiasco de la piste Antar Yahia, et qui va raviver l'éternelle querelle entre partisans du technicien local et défenseurs de l'expertise étrangère.
Un réquisitoire d'abord dirigé contre Petkovic
Avant d'en arriver aux coachs algériens, Lounici dresse un bilan sans appel du Mondial : négatif sur tous les plans, technique, tactique et mental. L'ancien joueur de Blida et du Paradou pointe un sélectionneur qui changeait constamment de système, préparait la compétition avec une équipe donnée puis bouleversait tout au premier match, rendant impossible toute cohésion. Sa phrase la plus cinglante vise un choix précis : il ne faut être ni un génie ni très diplômé pour comprendre qu'Ibrahim Maza n'est pas un avant-centre. Un constat qui rejoint les révélations de Romain Molina sur une préparation chaotique. Et soyons francs : quand un ancien international et les enquêtes de presse racontent la même histoire, il devient difficile de parler de hasard.
Le paradoxe assumé : un étranger, mais entouré d'Algériens
La position de Lounici est plus nuancée que sa formule choc. S'il écarte les techniciens locaux pour le poste numéro un, il plaide pour un staff algérien solide autour du futur sélectionneur étranger, sur le modèle de Vahid Halilhodzic épaulé par Noureddine Kourichi et Abdelhafid Tasfaout. Son argument mérite d'être entendu : des adjoints algériens, patriotes et soucieux de leur réputation auprès de leurs compatriotes, ne pourront pas tricher ni se contenter de toucher leur salaire. Ils signaleront ce qui ne va pas. Une manière élégante de dire que les erreurs constatées sous Petkovic n'auraient pas prospéré avec des sentinelles algériennes dans le staff.
Une phrase qui interroge tout le système de formation
Reste que le constat, s'il est exact, accuse moins les entraîneurs que le système qui les produit. Lounici le reconnaît lui-même en pointant l'interventionnisme à tous les étages, des clubs qui surpaient des joueurs moyens plutôt que d'investir dans les académies, et un championnat dont il ne cache pas ce qu'il pense. Comment un technicien algérien pourrait-il se préparer au très haut niveau international dans un environnement pareil ? Le Sénégal, qu'il cite avec envie, a sacré Aliou Cissé champion d'Afrique après l'avoir construit patiemment. Une chose est certaine : on ne récolte pas des sélectionneurs de classe mondiale dans un championnat qu'on laisse en friche.
Un débat que la FAF devra trancher vite
Entre la licence manquante d'Antar Yahia, la fronde populaire pour un enfant du pays et le calendrier des éliminatoires de la CAN 2027 qui débute en septembre, la sortie de Lounici percute l'actualité de plein fouet. Le jour où l'Algérie formera ses entraîneurs avec la même exigence que ses joueurs, ce débat n'existera plus. En attendant, la question reste entière : faut-il un nom qui rassure ou un CV qui gagne ?
*Source : Africafoot*
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