Belazzoug : enfin un espoir dans les cages des Verts
Titulaire pour la reprise de Rennes à seulement 19 ans, Kilian Belazzoug avance vite. Une émergence qui tombe à pic pour un poste en chantier chez les Verts.
Pendant que les projecteurs algériens restent braqués sur les secousses de l'après-Mondial, une nouvelle discrète mais précieuse est arrivée de Bretagne. Kilian Belazzoug a disputé l'intégralité du premier match de préparation du Stade Rennais face à Caen, conclu sur une défaite 2-1 sans conséquence. À 19 ans, le gardien a été préféré pour lancer l'ère Franck Haise, le nouveau technicien rennais. Un détail de début juillet ? Pas vraiment. Dans le football, la hiérarchie d'un poste se dessine souvent dès les premières minutes de l'été.
Une progression qui ne doit rien au hasard
Le parcours du jeune portier suit une courbe régulière. La saison dernière, il s'est imposé comme le patron de la réserve rennaise avec 19 matchs et 6 rencontres sans encaisser le moindre but. Le club ne s'y est pas trompé en le liant jusqu'en juin 2028, un contrat qui dit la confiance placée en lui. Les radars de la Fédération non plus : Belazzoug a été convoqué lors des deux derniers stages des Verts avant la Coupe du monde, pour s'imprégner du haut niveau international aux côtés des cadres. Un gardien s'installe rarement par effraction, il s'installe par répétition.
Un poste en chantier chez les Verts
Il faut dire les choses : les cages algériennes cherchent leur avenir. Depuis la retraite internationale de Raïs M'Bolhi, héros du Brésil en 2014, aucun gardien n'a fait l'unanimité dans la durée. Luca Zidane, arrivé en cours de cycle, et Alexis Guendouz se partagent les discussions, Anthony Mandrea a eu ses fenêtres, mais aucune hiérarchie incontestable n'a émergé. Le naufrage défensif du Mondial, dix buts encaissés en quatre matchs, n'a épargné personne. Et soyons francs : une grande nation de football ne repart jamais de zéro à ce poste, sauf quand elle a oublié d'y préparer la relève.
La concurrence rennaise, meilleur accélérateur possible
Attention toutefois à ne pas brûler l'histoire. Être titulaire un 9 juillet face à Caen ne fait pas de Belazzoug le numéro un de Rennes, où la concurrence reste rude pour un adolescent face à des gardiens installés. Mais Haise, réputé pour sa gestion audacieuse des jeunes du temps de Lens et de Nice, envoie un signal : le garçon fait partie des plans. Le prochain test face à Guingamp, vendredi, dira s'il enchaîne. Chaque minute en Ligue 1, championnat parmi les plus exigeants d'Europe pour les gardiens, vaudra de l'or pour sa formation. Un portier de 19 ans qui joue vaut mieux qu'un portier de 25 ans qui attend.
Le calendrier joue pour lui
La reconstruction post-Mondial ouvre un cycle de quatre ans vers 2030, l'horizon parfait pour installer un gardien de sa génération. Les éliminatoires de la CAN 2027 débutent en septembre, et le futur sélectionneur devra choisir entre replâtrer l'existant ou investir sur la jeunesse, dans les cages comme ailleurs. De la Bretagne à l'Algérie, la diaspora a appris à guetter ces trajectoires qui commencent en réserve et finissent en sélection. Le jour où Belazzoug enchaînera les titularisations en Ligue 1, la question des cages algériennes trouvera son début de réponse. À lui de faire de cet été breton un tremplin.
*Source : La Gazette du Fennec*
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