Chicha, sorties, fête après l'élimination : le récit de Molina
Selon le journaliste, l'hôtel des Verts au Mondial était ouvert à tous les vents, sans cadre imposé par la FAF. Un récit qui interroge plus la fédération que les joueurs.
De toutes les révélations de Romain Molina sur le Mondial des Verts, celles-ci sont les plus délicates à manier, et nous les prenons avec les précautions qu'elles imposent. Selon le journaliste d'investigation, la vie quotidienne de la délégation algérienne ressemblait à tout sauf à celle d'une équipe en Coupe du monde. Sa formule fait déjà le tour des réseaux : l'hôtel était un gruyère, où l'on entrait et sortait comme on voulait. Molina ne cite aucun nom, ne présente aucune preuve vérifiable, et la FAF a démenti l'ensemble de ses informations. Mais le tableau qu'il dresse mérite d'être examiné pour ce qu'il raconte vraiment : une faillite d'encadrement.
Ce que Molina affirme précisément
Reprenons ses propos sans les gonfler. Le journaliste évoque un quartier libre accordé aux joueurs, dont certains auraient bien profité. Des sorties dans des chicha lounges, des retours à l'hôtel en bonne compagnie, un joueur qui aurait fait jaser sans que son identité soit révélée. Et l'information la plus lourde : certains membres du groupe seraient sortis faire la fête après la défaite contre la Suisse, le soir même de l'élimination. Molina nuance lui-même son récit en précisant que la majorité des joueurs sont restés très professionnels durant toute la compétition. Cette nuance, trop souvent coupée au montage des réseaux sociaux, change la nature du dossier.
Le vrai scandale n'est pas la chicha, c'est l'absence de règles
Et soyons francs : des joueurs de 25 ans qui profitent d'une liberté qu'on leur accorde, cela s'appelle la nature humaine. La question n'est pas de savoir qui est sorti, mais qui a ouvert la porte. Une sélection en Coupe du monde vit normalement dans une bulle : horaires, contrôles, protocoles de récupération, sécurité à chaque étage. Les grandes nations ne laissent rien au hasard, jusqu'au sommeil de leurs joueurs mesuré par capteurs. Si l'hôtel des Verts était réellement un gruyère, la responsabilité remonte à ceux qui ont conçu le dispositif : la fédération et son encadrement. Une équipe sans cadre n'est pas une équipe indisciplinée, c'est une équipe abandonnée.
Le lien troublant avec le reste du dossier Molina
Ces affirmations ne tombent pas dans le vide. Elles s'ajoutent à un ensemble cohérent décrit par le même journaliste : aucun dispositif de suivi des performances, des dettes impayées jusqu'au fournisseur de viande, des guerres de clans au bureau fédéral, une gestion solitaire du président Sadi. Dix buts encaissés en quatre matchs, des joueurs cuits physiquement en seconde période face à la Suisse : si le récit des nuits sans cadre est exact, une partie de l'explication sportive se trouve peut-être là. Une chose est certaine : on ne gagne pas une Coupe du monde avec une organisation de tournoi de quartier.
Ce que ce récit impose pour la suite
La reconstruction qui s'annonce ne devra pas se limiter au choix d'un sélectionneur. Le prochain patron des Verts devra exiger ce que Petkovic n'a visiblement pas obtenu : un cadre professionnel total, de l'hôtel au terrain d'entraînement. Les supporters d'Alger, de Marseille ou de Montréal pardonnent une défaite, jamais une désinvolture. Le jour où porter le maillot des Verts imposera la même exigence la nuit que le jour, l'Algérie aura réglé son vrai problème. Il ne coûte pas un centime, il s'appelle la rigueur.
*Sources : Afrik-Foot, Algerie360*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





