Les révélations de Molina qui accablent la FAF
Dettes impayées, guerres de clans, ingérences familiales et gestion solitaire de Walid Sadi : le journaliste d'investigation dresse un tableau noir des coulisses du Mondial.
Il y a la défaite qu'on a vue, et il y a celle qu'on ne voyait pas. Cinq jours après l'élimination des Verts face à la Suisse (2-0) à Vancouver, Romain Molina a publié une série de révélations qui déplacent le procès du terrain vers les bureaux. Selon le journaliste d'investigation, connu pour ses enquêtes sur les coulisses du football mondial, le naufrage algérien ne s'explique ni par la Suisse, ni par Petkovic seul, mais par une fédération malade. La FAF, elle, dément en bloc et qualifie l'ensemble de ces informations de mensonges. À chacun de peser.
Un Mondial préparé sans structure digne de ce nom
Premier volet des accusations : l'encadrement. Selon Molina, aucun dispositif sérieux de suivi des performances ni d'accompagnement professionnel n'aurait été mis en place pour préparer l'échéance planétaire. Une sélection qualifiée pour sa première Coupe du monde depuis 2014 se serait donc présentée face aux meilleures nations avec des méthodes d'un autre temps. S'y ajouteraient des dettes impayées et des comportements de joueurs laissés sans cadre. Et soyons francs : les dix buts encaissés en quatre matchs ressemblent soudain moins à un accident qu'à une conséquence.
Le cas Maza, symptôme d'un amateurisme ambiant
Parmi les détails les plus commentés figure la situation d'Ibrahim Maza. Le meneur de Leverkusen aurait mal vécu son rôle face à la Suisse, sur fond de différend avec Petkovic. Mais c'est l'entourage qui interpelle : selon Molina, le père du joueur serait intervenu auprès de la sélection pour réclamer le numéro 10 pour son fils. Le journaliste en tire une conclusion cinglante : avec une fédération solide, ces problèmes qu'il qualifie d'enfantins n'auraient jamais existé. Un vestiaire de Coupe du monde ne devrait jamais être une affaire de famille.
Sadi, l'homme au centre de toutes les critiques
La charge la plus lourde vise le président de la FAF. Walid Sadi est décrit comme un dirigeant dépassé, fermé à la critique, gérant l'instance en solitaire dans un climat d'omerta. La prolongation de Petkovic jusqu'en 2028, signée un mois avant le Mondial avec revalorisation salariale, aurait été imposée sans véritable consultation du bureau fédéral. Dernier épisode en date, révélé par le même Molina : la fédération aurait lancé la piste Antar Yahia avant de vérifier ses diplômes, découvrant ensuite que l'ancien capitaine ne détient pas la licence Pro requise. Nous écrivions cette semaine que cette piste ressemblait à une diversion. Ces révélations n'affaiblissent pas cette lecture.
Un déballage qui tombe au pire moment
Le calendrier rend ces accusations explosives. Le banc des Verts est vide, les éliminatoires de la CAN 2027 débutent en septembre, et des rumeurs de démission entourent déjà le président de la FAF. Une chose est certaine : on ne reconstruit pas une sélection sur des fondations que personne n'ose inspecter. La retraite de Riyad Mahrez a refermé un cycle glorieux ; celui qui s'ouvre méritait mieux qu'une crise institutionnelle. Les supporters, d'Alger à Montréal, ont posé une question simple depuis Vancouver : qui rendra des comptes ? Molina vient d'y ajouter la sienne : qui osera enfin ouvrir les livres de la FAF ?
*Sources : Algerie360, Afrik-Foot*
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