Un Mondial pour les cadres, une injustice pour les jeunes
Le 31 décembre 2025, une équipe d'Algérie remaniée surclassait la Guinée équatoriale 3-1. Six mois plus tard, ces jeunes ont regardé le Mondial depuis le banc.
Il y a des matchs qu'on oublie parce qu'ils comptent pour du beurre, et qui pourtant disent tout. Le 31 décembre 2025, pour la 3e journée de la CAN, l'Algérie déjà qualifiée alignait une équipe profondément remaniée face à la Guinée équatoriale. Mahrez, Mandi et Bensebaini sur le banc, place à la nouvelle génération. Résultat : une victoire 3-1, un récital collectif, et une promesse. Six mois plus tard, au Mondial 2026, cette promesse a été rangée dans un tiroir. Et soyons francs : l'élimination face à la Suisse oblige à rouvrir ce tiroir.
Ce soir-là, la relève avait tout montré
Rappelons les faits, rien que les faits. Dans un 4-2-3-1 audacieux, Petkovic lançait Mandrea dans les buts, une défense Belghali–Belaïd–Tougaï–Aït-Nouri, Abdelli au cœur du jeu, et un quatuor offensif Hadj Moussa–Chaïbi–Maza–Bakrar. Belaïd ouvrait le score, Chaïbi doublait la mise sur un service de Maza, et Maza signait son premier but en sélection, offert par Hadj Moussa, auteur de deux passes décisives. Un but et une passe pour Maza, un récital pour l'ailier de Feyenoord, des copies convaincantes pour Chaïbi, Belaïd, Abdelli, Haj Mousa et Maza. Une génération entière venait de lever la main.
Non, ce n'était pas un adversaire de carnaval
On objectera que le match était sans enjeu. C'est vrai, et il faut l'assumer honnêtement : une belle performance dans un match libéré ne garantit rien. Mais réduire la Guinée équatoriale à un sparring-partner serait malhonnête. Cette sélection avait infligé un 4-0 à la Côte d'Ivoire lors de la CAN 2023, face à des Éléphants qui allaient soulever le trophée quelques semaines plus tard. Le Nzalang Nacional est un adversaire respectable, accrocheur, et son but signé Nsue, une frappe de 25 mètres en pleine lucarne, a rappelé qu'il ne s'était pas rendu. Ces jeunes Verts n'ont pas brillé contre du vide.
Puis le Mondial est arrivé, et les habitudes aussi
Qu'a-t-on fait de cette démonstration ? Peu de choses. Au Mondial, la hiérarchie a repris ses droits : les cadres ont été confortés, y compris quand leurs prestations ne le justifiaient plus. Bentaleb, Mandi, Aouar ont enchaîné les titularisations malgré des matchs en dessous de leur standard, pendant que la génération du 31 décembre attendait des miettes de temps de jeu. Une chose est certaine : on ne construit pas un avenir en le laissant s'échauffer le long de la ligne de touche. Et derrière les héros de ce soir-là, tout un vivier patientait aussi : Dorval, Naïr, Benbouali, Titraoui, Ghedjemis, Chergui. Une profondeur générationnelle rare dans l'histoire récente des Verts, traitée comme un plan C.
Le chantier du prochain sélectionneur est déjà écrit
Ce n'est pas un procès d'intention, c'est un constat de calendrier : la reconstruction post-Mondial devra partir de ce match du 31 décembre, pas des états de service passés. Maza, Hadj Moussa, Chaïbi et leurs camarades ont l'âge, les clubs et les statistiques pour porter le cycle 2026-2030. Le jour où cette génération deviendra l'ossature et non l'appoint, l'Algérie cessera de regretter ses Mondiaux. Les supporters, eux, ont déjà choisi leur camp depuis longtemps. Reste à savoir si la sélection les écoutera enfin.
*Source : DzChronique*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





