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MONDIAL 2026

FAF : Walid Sadi sommé de rendre des comptes après le fiasco

Au-delà de Petkovic, c'est le président de la FAF Walid Sadi qui est désormais dans le viseur. Sa prolongation du sélectionneur en solo et sa gestion contestée cristallisent la colère.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··9 min·👁 456673 vues
FAF : Walid Sadi sommé de rendre des comptes après le fiasco

Dans le football, quand une équipe échoue, on cherche des responsables. Le sélectionneur d'abord, les joueurs ensuite. Mais cette fois, la colère qui a suivi l'élimination des Verts au Mondial 2026 ne s'arrête pas aux portes du vestiaire ni au banc de touche. Elle remonte jusqu'au sommet de l'institution. Walid Sadi, président de la Fédération algérienne de football et par ailleurs ministre des Sports, est désormais directement visé. De nombreuses voix, des anciens du football aux supporters en passant par les observateurs, exigent qu'il rende des comptes sur sa gestion de la sélection nationale. Et soyons francs : après des années où les dirigeants du football algérien ont échappé au jugement populaire, voir enfin la contestation viser le sommet de la pyramide est un tournant qui mérite d'être souligné.

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Oui, sa gestion en solo engage sa responsabilité directe
Non, changer tout le monde en même temps aggraverait le chaos
Le vrai problème est le cumul de ses fonctions FAF et ministère
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Décryptage d'une fronde qui pourrait redéfinir la manière dont le football algérien demande des comptes à ceux qui le dirigent.

La prolongation de Petkovic, le péché originel

Au cœur des reproches adressés à Walid Sadi figure une décision précise. La prolongation du contrat de Vladimir Petkovic, actée le 7 juin dernier, à seulement dix jours de l'entrée en lice des Verts dans le Mondial. Un choix qui apparaît aujourd'hui comme une erreur stratégique majeure, tant le sélectionneur était déjà contesté à l'époque. Mais ce qui aggrave le cas du président de la FAF, c'est la manière dont cette prolongation aurait été décidée. Selon le journaliste d'investigation Romain Molina, Walid Sadi aurait imposé cette décision seul, sans consulter le bureau fédéral, dans un climat que plusieurs sources décrivent comme celui d'une gestion en cavalier solitaire.

Cette méthode interroge profondément sur la gouvernance de l'institution. Comment une décision aussi lourde de conséquences, engageant l'avenir de la sélection et les finances de la fédération, a-t-elle pu être prise sans concertation collective ? La prolongation a coûté cher, puisqu'elle a nécessité une revalorisation salariale du sélectionneur, avant que la FAF ne doive quelques semaines plus tard négocier son départ à l'amiable. Une chose est certaine : cette séquence illustre une gestion approximative qui engage directement la responsabilité du président. Le jour où un dirigeant prend seul des décisions qui engagent toute une institution, il doit aussi en assumer seul les conséquences.

La charge violente d'Abdelkrim Bira

La contestation a franchi un cap sur les plateaux de télévision. Abdelkrim Bira, ancien directeur technique et sportif de l'ES Sétif et personnalité respectée du football national, a mené une charge d'une virulence rare contre Walid Sadi. Sans langue de bois, l'ancien manager a désigné le président de la FAF comme le premier responsable de l'échec de l'équipe nationale. Ses mots ont marqué les esprits. Nous sommes un pays civilisé, a-t-il déclaré, celui qui a commis quelque chose de répréhensible doit payer. Avant d'ajouter que le président de la fédération n'était pas au-dessus des lois.

Cette sortie médiatique fracassante cristallise le désamour grandissant entre le dirigeant et une partie du public algérien. Pour de nombreux observateurs, Walid Sadi incarne désormais le visage de l'échec institutionnel qui a accompagné le fiasco sportif. La charge de Bira n'est probablement que le premier acte d'une série de contestations qui pourraient fragiliser durablement la position du président. Une chose est sûre : quand des figures respectées du football national montent au créneau avec une telle fermeté, c'est que le malaise dépasse largement le simple cadre d'une élimination sportive. Il touche à la question plus profonde de la responsabilité des dirigeants.

Le cumul des fonctions qui interroge

Un autre élément nourrit la contestation autour de Walid Sadi. Le cumul de ses fonctions. Président de la Fédération algérienne de football depuis septembre 2023, il occupe également le poste de ministre des Sports. Une double casquette qui pose la question de la concentration des pouvoirs et de la capacité d'un seul homme à assumer pleinement deux responsabilités aussi lourdes. Pour ses détracteurs, ce cumul favorise précisément le type de gestion solitaire qui lui est reproché, en réduisant les contre-pouvoirs et les mécanismes de concertation.

Cette configuration institutionnelle interroge sur la séparation nécessaire entre la tutelle politique du sport et la gestion opérationnelle d'une fédération. Comment un ministre des Sports peut-il exercer un contrôle indépendant sur une fédération qu'il préside lui-même ? La question mérite d'être posée, tant elle touche aux principes fondamentaux de bonne gouvernance. Pour la diaspora algérienne, en France comme partout dans le monde, cette concentration des pouvoirs est un sujet de préoccupation légitime. Le jour où une même personne cumule le pouvoir de décision et celui du contrôle, l'équilibre institutionnel est nécessairement fragilisé.

Une contestation qui prolonge un mal plus ancien

Cette fronde contre Walid Sadi s'inscrit dans un contexte plus large de crise de gouvernance du football algérien. Le président actuel est arrivé en septembre 2023 pour succéder à Djahid Zefizef, lui-même contraint à la démission et aujourd'hui visé par une enquête judiciaire aux côtés d'autres anciens présidents de la fédération. L'instabilité chronique à la tête de la FAF n'est donc pas nouvelle. Elle est même devenue une caractéristique structurelle de l'institution, qui a connu un nombre impressionnant de dirigeants au fil des décennies.

Ce qui change aujourd'hui, c'est peut-être la capacité du public et des figures du football à demander des comptes. Trop longtemps, les dirigeants du football algérien ont échappé au jugement populaire, protégés par l'opacité de l'institution et par un système où les responsabilités se diluaient. La contestation actuelle, si elle se maintient, pourrait marquer le début d'une exigence nouvelle de transparence et de responsabilité. Une chose est certaine : le football algérien ne pourra pas se reconstruire durablement sans une gouvernance assainie et des dirigeants réellement comptables de leurs décisions.

Et maintenant ?

Le départ de Vladimir Petkovic est acté, et l'arrivée probable d'Antar Yahia ouvre un nouveau chapitre sur le plan sportif. Mais la question de la gouvernance de la FAF reste entière. Walid Sadi devra s'expliquer publiquement sur sa gestion, sur les conditions de la prolongation de Petkovic, sur la revalorisation salariale accordée et sur les indemnités de rupture. Son avenir à la tête de la fédération dépendra sans doute de sa capacité à répondre à ces interrogations et à apaiser une contestation qui monte. Pour la diaspora algérienne, l'enjeu dépasse le sort d'un homme. Il s'agit de savoir si le football algérien saura enfin instaurer une culture de la responsabilité au sommet. Changer de sélectionneur sans réformer la gouvernance ne réglera rien en profondeur. Une chose est certaine : tant que ceux qui dirigent ne rendront pas de comptes au même titre que ceux qui jouent, le mal structurel du football algérien perdurera. Et cette fois, le peuple semble décidé à ne plus l'accepter.

*Source : Just-InfoDZ, Afrik-Foot, La Gazette du Fennec, Compétition.dz*

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