Hadj Moussa a-t-il les épaules pour remplacer Mahrez ?
La retraite internationale de Riyad Mahrez laisse l'aile droite des Verts orpheline. Anis Hadj Moussa est le favori désigné, mais l'héritage est immense.
Il y a des successions qu'on n'accepte pas, on les subit. Depuis la défaite face à la Suisse (2-0) à Vancouver, synonyme d'élimination en 16es de finale du Mondial 2026, l'Algérie a officiellement tourné la page Riyad Mahrez. L'ex-capitaine, 119 sélections et 40 buts au compteur, a confirmé sa retraite internationale dans la foulée, comme il l'avait pré-annoncé avant la compétition. Et sur l'aile droite des Fennecs, un fauteuil est désormais vide. Un seul nom fait consensus pour l'occuper : Anis Hadj Moussa. Reste à savoir si le consensus suffit.
Des chiffres qui plaident pour lui
À 24 ans, l'ailier de Feyenoord sort d'une saison pleine : 14 buts et 7 passes décisives en 40 matchs. Des statistiques de joueur majeur, pas de simple espoir. Son registre est connu des supporters algériens depuis la CAN 2025 au Maroc, où le public le réclamait déjà à chaque match : vitesse, percussion, dribble éliminatoire, ce pied gauche qui casse les lignes là où Mahrez posait le jeu et dictait le tempo. Et soyons francs : depuis deux ans, personne d'autre n'a présenté un dossier aussi solide pour cette aile droite. Le marché ne s'y trompe pas, puisque Feyenoord réclame une somme colossale pour le lâcher, et que les courtisans se bousculent, d'Arabie saoudite jusqu'en Angleterre.
L'héritage dépasse le terrain
Mais remplacer Mahrez, ce n'est pas seulement reprendre un couloir. C'est succéder à un capitaine, un leader de vestiaire, un homme des grands rendez-vous capable de faire basculer une rencontre sur une inspiration, comme ce coup franc légendaire face au Nigeria en 2019. Douze années au sommet, une CAN soulevée, une place dans le panthéon aux côtés de Belloumi et Madjer. Hadj Moussa, lui, n'a encore jamais porté une équipe nationale sur la durée. Ses entrées en jeu ont souvent apporté du déséquilibre, rarement la responsabilité totale d'un match à gérer de bout en bout. Une chose est certaine : le talent ouvre la porte, seule la constance permet de rester dans la pièce.
Le piège de la comparaison
Le vrai danger n'est peut-être pas sportif mais mental. Coller l'étiquette Mahrez à un joueur de 24 ans peut stimuler comme écraser. L'Eredivisie n'est pas le niveau international, et certains supporters l'ont déjà souligné avec inquiétude après l'élimination. Mahrez lui-même n'est devenu Mahrez qu'après des années de très haut niveau, de Leicester à Manchester City. Exiger de Hadj Moussa qu'il incarne immédiatement tout ce que son aîné a mis une décennie à construire serait le plus court chemin vers la désillusion. Son avenir en club, avec un possible transfert vers un championnat plus relevé, pèsera d'ailleurs lourd dans cette équation.
Une génération à guider, pas un fantôme à imiter
La reconstruction post-Mondial qui s'annonce offre un contexte idéal : nouveau cycle, nouveau sélectionneur à venir, hiérarchie ouverte. Derrière Hadj Moussa, d'autres profils poussent, et cette concurrence est une chance plutôt qu'une menace. Le jour où il cessera d'être comparé à Mahrez, il commencera vraiment à lui succéder. À lui d'écrire sa propre histoire, avec son registre, sa vitesse, son instinct. L'Algérie n'attend pas un clone. Elle attend un patron.
*Source : Afrik-Foot*
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