Benbouali : la blessure qui a privé l'Algérie de son buteur
Buteur surprise face à la Jordanie, Nadhir Benbouali a vécu l'élimination contre la Suisse depuis le banc, rongé par une blessure au verdict encore flou.
Un but contre la Jordanie, un rêve d'enfance réalisé, puis le silence forcé d'une blessure qui l'a cloué au banc au pire moment. Nadhir Benbouali restera l'une des images les plus douces-amères du Mondial 2026 algérien.
Arrivé en sélection en mars dernier pour préparer la Coupe du monde, l'attaquant de 26 ans n'a disputé qu'une seule rencontre dans le tournoi. Une seule, mais quelle rencontre : face à la Jordanie, en phase de groupes, il a inscrit un but décisif qui a rappelé pourquoi Vladimir Petkovic était allé le chercher. Puis son corps l'a trahi.
Un Mondial coupé net
Touché physiquement, Benbouali a manqué le match contre l'Autriche, puis ce seizième de finale perdu contre la Suisse (2-0) qui a mis fin à l'aventure des Verts. Regarder les siens sortir sans pouvoir les aider : peu de scénarios sont plus douloureux pour un compétiteur.
Ses mots, après l'élimination, disent tout de son état d'esprit. « Je ne sais toujours pas exactement quelle est la nature de ma blessure, mais je sais qu'elle est sérieuse », a-t-il confié, entre lucidité et inquiétude. L'incertitude médicale ajoute au vertige : un joueur qui découvre la sélection à 26 ans sait mieux que personne combien chaque fenêtre compte.
Le rêve malgré tout
Et pourtant, Benbouali refuse de ne retenir que l'amertume. « J'ai réalisé un rêve d'enfant en disputant cette compétition et en marquant pour mon pays. J'aurais voulu apporter encore davantage », a-t-il déclaré. Cette phrase résume la trajectoire d'un joueur longtemps resté dans l'ombre des championnats, qui a fini par toucher du doigt le sommet.
Pour la diaspora algérienne qui l'a découvert cet été, de Marseille à Montréal, il y a là quelque chose de profondément identifiable. Benbouali n'est pas un enfant des académies dorées. Son but contre la Jordanie a la saveur des récompenses méritées, celles qu'on n'attendait plus.
Ce que l'Algérie perd, ce qu'elle garde
Reste une question qui hante ce Mondial raté : et si Benbouali avait été apte contre la Suisse ? L'attaque algérienne a manqué de tranchant au pire moment, et un finisseur en confiance change parfois le cours d'une soirée. On ne réécrira pas l'histoire, mais on peut la regretter.
L'Algérie sort de ce tournoi avec des questions immenses et un chantier ouvert. Benbouali, lui, repart avec un but en Coupe du monde et une blessure à soigner. À 26 ans, l'histoire n'est pas forcément terminée. Le talent, on l'a vu. Le corps, il faudra le réparer.
Un buteur qui marque puis disparaît, c'est le résumé cruel d'un été manqué. Reste à savoir si ce but restera une parenthèse ou le premier chapitre d'une vraie histoire en vert.
*Source : La Gazette du Fennec*
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