Suisse-Algérie : les notes des Verts après l'élimination
Mandi coule, Maza surnage, Petkovic accablé : au lendemain de l'élimination 2-0 face à la Suisse, DzChronique livre ses notes sans concession joueur par joueur.
L'aventure américaine s'arrête aux portes des huitièmes de finale. Battue 2-0 par la Suisse ce vendredi 3 juillet au BC Place Stadium de Vancouver, l'Algérie de Vladimir Petkovic quitte le Mondial 2026 sur une prestation qui restera comme un rendez-vous manqué. Un but d'Embolo à la 10e minute, un autre de Ndoye juste après la pause à la 46e, et les Verts n'ont jamais trouvé les ressources pour renverser un match pourtant à leur portée sur le papier. Malgré une possession majoritaire de 56 pour cent, les Fennecs ont buté sur une défense suisse rigoureuse et se sont éteints au fil des minutes. Et soyons francs : quand on analyse les notes individuelles de ce huitième de finale, un constat s'impose. Un seul joueur algérien surnage au-dessus de la moyenne, et les responsabilités de cette élimination se partagent entre des individualités défaillantes et un choix tactique initial qui a condamné le collectif.
Voici les notes complètes du onze de départ et du sélectionneur, sans concession mais sans excès, pour comprendre les vraies raisons de ce naufrage.
Luca Zidane — 5
Battu à deux reprises mais sans faute directe caractérisée. Le gardien algérien ne peut pas grand-chose sur l'action d'Embolo à la 10e, ni sur la frappe placée de Ndoye à la 46e. Une prestation correcte dans un match où sa défense l'a laissé exposé à plusieurs reprises. Il a tenu sa ligne sans être le responsable du naufrage.
Rafik Belghali — 5
Le latéral droit a connu une soirée compliquée face à la percussion suisse sur son côté. Sauveur à la 75e en contrant Fabian Rieder in extremis, il a montré de l'engagement défensif. Mais offensivement, il n'a jamais réussi à peser comme il avait pu le faire face à l'Autriche. Une copie moyenne, sans faute majeure mais sans éclat.
Aïssa Mandi — 2
Le naufrage incarné. Sur le premier but, le capitaine défensif se fait littéralement enrhumer par Johan Manzambi, qui l'élimine sans difficulté avant de servir Embolo. Une action qui résume toutes les limites du joueur face à la vitesse. Encore une fois dépassé, encore une fois pris de vitesse dans un match couperet décisif. Cette prestation catastrophique relance frontalement le débat sur sa place dans la hiérarchie défensive. À ce niveau de compétition, de telles erreurs ne pardonnent pas. Le symbole d'une défense algérienne qui a coulé.
Ramy Bensebaïni — 4
Une soirée à oublier pour le défenseur de Dortmund. Sur le deuxième but, c'est lui qui adresse une mauvaise passe dans une zone sensible, offrant le ballon à la Suisse qui construit l'action du 2-0 conclue par Ndoye. Une erreur de relance qui pèse lourd dans le scénario. Pour le reste, il a manqué de rigueur et n'a pas apporté l'aide nécessaire à un Mandi en difficulté.
Rayan Aït-Nouri — 4,5
Titularisé au poste de latéral gauche, il a souffert défensivement face à Dan Ndoye, qui a gagné de nombreux duels sur son côté tout au long du match. Offensivement, ses montées n'ont pas apporté le danger escompté. Un match compliqué pour un joueur dont on connaît le potentiel offensif mais qui a été mis en difficulté par l'intensité suisse.
Nabil Bentaleb — 4,5
Le milieu lillois n'a pas réussi à contrôler l'entrejeu face au duo Xhaka-Freuler. Ses relances ont manqué de précision et il a subi le pressing suisse sans parvenir à faire remonter proprement le bloc. Loin de la copie aboutie qu'il avait livrée face à l'Autriche, il a semblé dépassé par le rythme imposé par la Nati.
Ramiz Zerrouki — 4
Aligné au milieu, le joueur du FC Twente a de nouveau montré cette fébrilité à la relance qui lui avait déjà coûté cher face à la Jordanie. Trop friable dans les zones de construction, il n'a jamais réussi à donner le tempo ni à peser dans l'entrejeu face à Xhaka et Freuler. Une prestation qui confirme les doutes sur sa capacité à tenir ce poste dans les grands matchs couperets.
Houssem Aouar — 4,5
Le Lyonnais n'a pas reproduit son influence créative du match face à l'Autriche. Il manque la première occasion algérienne dès la 5e minute sur un centre de Belghali laissé par Mahrez. Trop discret ensuite dans la construction, il a semblé s'éteindre au fil de la rencontre comme l'ensemble du milieu algérien. Un match en dessous de ses capacités, sans être le principal fautif du naufrage.
Ibrahim Maza — 6,5
Le seul véritable motif de satisfaction dans ce naufrage collectif. Malgré un placement en faux 9 qui l'a desservi et éloigné de sa zone d'influence naturelle entre les lignes, le jeune joueur de Leverkusen a été le seul à tenter de créer, de porter le ballon, d'apporter du danger. Il s'est procuré une grosse occasion à la 45e plus 2, malheureusement manquée en position favorable. Trop seul, mal utilisé tactiquement, il confirme malgré tout qu'il est le présent et l'avenir de cette sélection. Une chose est certaine : gâcher un talent pareil en pointe axiale relève du non-sens tactique.
Farès Chaïbi — 5
Une copie honnête dans un ensemble décevant. Le joueur de l'Eintracht Francfort a tenté sa chance à la 43e sur une frappe écrasée bien captée par Gregor Kobel. Il a cherché à percuter et à casser les lignes suisses. Sans être décisif, il n'a pas démérité et fait partie de ceux qui ont au moins essayé de faire bouger les choses.
Riyad Mahrez — 5
Le capitaine n'a pas réussi à inverser la tendance le jour de son probable dernier grand rendez-vous en Coupe du monde. Titulaire, il a été trop discret dans le jeu, manquant de ballons exploitables face au bloc suisse. Il a tout de même tenté sa chance sur une contre-attaque à la 50e, avec une frappe dangereuse contrée par Denis Zakaria. À la 5e minute, c'est lui qui laisse intelligemment passer le centre de Belghali pour Aouar, preuve qu'il a cherché à combiner. Mais pour un joueur de son statut, on attendait beaucoup plus dans un match aussi décisif.
Vladimir Petkovic — 3,5
Le principal responsable de cette élimination. Son choix de jouer sans véritable avant-centre, en positionnant Ibrahim Maza en faux 9, a été une erreur manifeste. Non seulement l'Algérie s'est privée d'un point de fixation dans la surface, mais elle a en plus neutralisé son meilleur créateur en l'éloignant de sa zone naturelle. Ajoutez à cela un système qui a laissé d'immenses espaces sur le premier but, aucune bascule tactique en cours de jeu, et des changements tardifs et sans effet. Face à son ancienne équipe, Petkovic n'a jamais trouvé les clés qu'il prétendait pourtant détenir. L'immobilisme a été total.
Et maintenant ?
Les notes racontent une histoire cruelle. Un seul joueur au-dessus de la moyenne, Ibrahim Maza, encore lui, qui incarne à 20 ans le seul motif d'espoir dans ce naufrage. Une défense centrale qui a coulé, avec un Aïssa Mandi dépassé et un Ramy Bensebaïni fautif sur le second but. Un milieu de terrain incapable de rivaliser avec le duo Xhaka-Freuler. Une attaque privée de point de fixation par un choix tactique incompréhensible. Et un sélectionneur qui porte une responsabilité écrasante dans cette sortie. L'Algérie quitte donc ce Mondial 2026 sans avoir existé face à la Suisse, laissant un goût amer à toute une diaspora qui espérait égaler voire dépasser l'exploit de 2014. Le prochain cycle commence maintenant, avec la CAN 2027 en ligne de mire. Il faudra des choix courageux, une défense reconstruite et une utilisation intelligente des talents comme Maza. Pour ne plus jamais revivre pareille impuissance dans un rendez-vous décisif.
*Source : RTS, Blick, DzChronique*
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