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MONDIAL 2026

Élimination : Mandi et la défense, les vrais coupables du désastre

Sortie en huitièmes de finale face à la Suisse, l'Algérie paie une nouvelle fois le prix d'un secteur défensif à la dérive, symbolisé par un Aïssa Mandi hors de son temps.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··9 min·👁 665764 vues
Élimination : Mandi et la défense, les vrais coupables du désastre

Il y a des éliminations qui appellent à la nuance, et il y a celles qui ne laissent aucune place aux justifications complaisantes. La sortie des Verts face à la Suisse ce vendredi 3 juillet à Vancouver, au terme d'un huitième de finale du Mondial 2026 où l'Algérie a subi la loi de la Nati, appartient sans conteste à la seconde catégorie. Menés à deux reprises, incapables de renverser le cours d'un match qui semblait pourtant à leur portée sur le papier, les Fennecs paient une nouvelle fois le prix d'un secteur défensif à la dérive depuis trop d'années. Et derrière ce constat collectif, un nom revient avec une insistance que même les plus fervents défenseurs de la sélection nationale ne peuvent plus ignorer. Aïssa Mandi. Le capitaine défensif algérien, aligné une fois encore par Vladimir Petkovic dans le onze de départ, a livré une prestation en dessous des standards attendus à ce niveau de compétition. Et soyons francs : quand une défense encaisse buts après buts sur chaque match couperet depuis des années, il ne s'agit plus d'accidents malheureux, mais bien d'un problème structurel qui exige une remise en question immédiate.

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Décryptage sans concession d'un naufrage annoncé et d'un secteur défensif qui mérite désormais un vrai débat institutionnel.

Une défense neuf fois transpercée en quatre matchs

Les chiffres du Mondial algérien sont impitoyables. neuf buts encaissés en quatre rencontres. Trois face à l'Argentine en ouverture. Un face à la Jordanie sur une erreur individuelle de Ramiz Zerrouki. Trois face à l'Autriche dans un match d'ampleur où Arnautović, Sabitzer et Kalajdžić ont chacun trouvé le chemin des filets. Et désormais les buts encaissés face à la Suisse qui scellent la sortie de la compétition. Une moyenne défensive proche de deux buts par match qui aurait rendu impossible n'importe quelle ambition sérieuse dans ce tournoi. Aucune équipe capable de rêver aux quarts de finale d'un Mondial ne peut accepter un tel bilan défensif.

Le constat est encore plus accablant quand on l'analyse dans la durée. Depuis la fin du mandat de Djamel Belmadi et l'arrivée de Vladimir Petkovic à la tête des Verts, la défense algérienne n'a pas cessé de montrer les mêmes failles structurelles. Manque de compacité entre les lignes. Espaces concédés dans le dos des défenseurs centraux. Communication déficiente sur les phases d'anticipation. Absence de leadership vocal capable d'organiser le bloc dans les moments de tension. Une chose est certaine : ces défauts ne se corrigent pas par magie d'un match à l'autre. Ils traduisent un problème plus profond dans la conception même de l'animation défensive collective.

Le cas Mandi, un mystère devenu insupportable

Mais il est impossible de parler de la défense algérienne sans aborder frontalement le cas Aïssa Mandi. Le natif de Reims, aligné systématiquement dans le onze de départ depuis des années malgré des prestations récurrentes en demi-teinte, cristallise désormais l'incompréhension de toute la diaspora algérienne. Sur les buts encaissés face à l'Argentine, sur l'ouverture du score face à l'Autriche par Arnautović où il s'est fait surprendre dans son dos, et désormais sur les erreurs qui ont scellé l'élimination face à la Suisse, le défenseur central du LOSC Lille apparaît comme un dénominateur commun troublant.

La lenteur du joueur face aux attaquants rapides est devenue un handicap structurel évident. Chaque adversaire européen ou sud-américain qui dispose d'un attaquant de vitesse trouve les moyens de le déborder. Marko Arnautović contre l'Autriche. Breel Embolo contre la Suisse. Lionel Messi lors de l'ouverture. Les scénarios se répètent avec une constance déprimante. La communication du capitaine défensif avec ses partenaires laisse également à désirer, comme l'a montré la séquence où il s'est fait piéger dans son dos face à l'Autriche pendant que Bensebaïni levait le bras pour réclamer un hors-jeu imaginaire au lieu d'alerter son gardien. Une chose est sûre : à ce niveau de compétition internationale, on ne peut plus se permettre d'aligner un joueur dont les limites physiques sont exploitées matchs après matchs par des attaquants de calibre mondial.

La question de la titularisation systématique et incompréhensible

Ce qui rend le cas Mandi encore plus difficile à comprendre, c'est la certitude avec laquelle Vladimir Petkovic a continué à l'aligner malgré les alertes accumulées. Le sélectionneur bosno-suisse dispose pourtant d'alternatives dans son groupe. Zineddine Belaïd, entré face à l'Autriche, aurait pu bénéficier d'une titularisation face à la Suisse pour tester enfin autre chose. Et pourtant, Mandi est resté indéboulonnable, comme s'il était protégé par un statut acquis autrefois et qui aurait cessé d'être justifié depuis longtemps.

Cette question de la titularisation mérite un vrai débat institutionnel. La sélection algérienne ne peut pas continuer à fonctionner sur des choix qui semblent davantage relever de l'attachement historique que de l'analyse tactique du moment. Le maillot vert doit être mérité match après match, et non conservé par droit acquis. Le jour où un capitaine défensif accumule autant de prestations problématiques sans être remis en question, c'est toute la crédibilité du projet sportif national qui en pâtit. Il faudra que la Fédération algérienne et le staff technique en tirent les leçons douloureuses mais nécessaires pour le prochain cycle.

Les autres responsabilités qu'il faut aussi nommer

Serait-il honnête toutefois de laisser porter la totalité de la responsabilité sur les épaules d'un seul joueur. Ramy Bensebaïni, qui s'est montré fébrile sur plusieurs séquences défensives depuis le début du tournoi, a lui aussi montré ses limites face à un adversaire européen exigeant. Le gardien titulaire, qu'il s'agisse de Luca Zidane ou d'Oussama Benbout, n'a jamais réussi à s'imposer comme un rempart rassurant dans les moments difficiles. Le milieu de récupération n'a que trop rarement protégé la défense centrale sur les phases de transition adverses.

Et puis il y a Vladimir Petkovic lui-même. Le sélectionneur bosno-suisse a fait quelques choix courageux pendant le tournoi, notamment celui d'aligner Jaouen Hadjam face à l'Autriche. Mais son entêtement à maintenir la même défense centrale malgré les alertes récurrentes constitue probablement sa principale erreur tactique de ce Mondial. Une chose est certaine : la responsabilité de cette élimination se partage entre les joueurs sur le terrain et le staff qui les a alignés. Aucun ne peut s'exonérer complètement du bilan.

L'urgence d'un renouvellement défensif complet

La véritable question qui se pose désormais est celle de la reconstruction du secteur défensif algérien. La Fédération algérienne dispose de quelques années pour préparer les prochaines échéances continentales et internationales. Il faudra impérativement identifier de nouveaux profils défensifs capables de tenir tête aux attaquants les plus rapides du football mondial. Le vivier algérien existe, en France notamment, avec plusieurs jeunes défenseurs binationaux prometteurs qui n'ont pas encore été appelés en sélection. Certains évoluent en Ligue 1, d'autres en Bundesliga ou en Championship anglaise. Il est temps de leur ouvrir les portes.

Le modèle Ibrahim Maza doit inspirer les prochaines convocations. Le jeune milieu de Leverkusen a su devenir en quelques mois seulement le patron technique du milieu algérien à seulement vingt ans. Un même parcours est possible en défense pour peu qu'on accepte de faire confiance à la jeunesse plutôt qu'aux acquis du passé. Pour la diaspora algérienne, en France comme partout dans le monde, l'exigence est claire. Nous méritons une défense à la hauteur de l'ambition de nos attaquants. Et nous méritons de ne plus subir passivement le même scénario défensif à chaque grand rendez-vous international.

Et maintenant ?

L'élimination des Verts en huitièmes de finale de ce Mondial 2026 restera comme une occasion manquée. Face à une Suisse pourtant à sa portée, l'Algérie a subi le même naufrage défensif qui la rattrape régulièrement à chaque grand rendez-vous. La rencontre face à la Nati doit désormais servir de leçon institutionnelle profonde. Il faudra reconstruire, renouveler, remettre en question. Aïssa Mandi mérite le respect de tous pour ce qu'il a apporté à la sélection algérienne pendant plus d'une décennie. Mais son cycle en défense centrale est probablement terminé. Le maillot vert doit désormais être porté par des profils plus jeunes, plus rapides, plus adaptés aux exigences du football moderne. Pour la diaspora algérienne, la déception est immense. Mais elle doit aussi être l'occasion d'exiger enfin des choix courageux à la Fédération. Le prochain cycle commence maintenant. Et il ne pourra ressembler à celui qui vient de s'achever à Vancouver.

*Source : DzChronique*

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