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MONDIAL 2026

Algérie 3-3 Autriche : les notes des Verts joueur par joueur

Mahrez en patron, Maza en chef d'orchestre, Aouar décisif, Gouiri inexistant : DzChronique livre ses notes après la qualification arrachée en seizièmes de finale du Mondial 2026.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··12 min·👁 12235482 vues
Algérie 3-3 Autriche : les notes des Verts joueur par joueur

La qualification est dans la poche, mais le contenu mérite une analyse sans complaisance. Au lendemain du nul fou 3-3 arraché face à l'Autriche à l'Arrowhead Stadium de Kansas City, DzChronique livre ses notes complètes pour chacun des joueurs alignés par Vladimir Petkovic. Une rencontre où les Verts ont alterné le pire et le meilleur. Trois buts encaissés sur des erreurs défensives évitables. Mais aussi un caractère collectif retrouvé, deux remontées au score, et un Riyad Mahrez en patron historique avec un doublé décisif et une passe décisive. Et soyons francs : si la qualification parmi les meilleurs troisièmes vaut tous les sacrifices, le visage défensif présenté à Kansas City ne rassure absolument pas avant le huitième de finale face à la Suisse ce vendredi 3 juillet à Vancouver.

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Quelle est la meilleure note de ce match Algérie-Autriche ?
Maza 7,5, le patron technique qui orchestre tout le milieu
Bentaleb 7, l'autorité retrouvée au cœur du jeu algérien
Aouar 7, le créatif décisif avec ses deux passes pour Mahrez
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Voici les notes complètes du onze de départ, des entrants et du sélectionneur. Critiques argumentées et appréciations équilibrées pour mesurer ce que chacun a véritablement apporté ce soir-là.

Oussama Benbout — 5

Première titularisation au Mondial 2026 pour le gardien algérien, et pas dans les conditions les plus simples. Sur l'ouverture du score d'Arnautović à la 28e minute, Benbout hésite avant de sortir et offre au buteur autrichien une situation favorable. Mais la responsabilité reste partagée avec Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni, tous deux pris dans leur dos sur l'action. Sur les buts de Sabitzer puis de Kalajdžić, le portier algérien ne peut rien faire, les deux tirs étant placés et bien ajustés. À mettre tout de même à son crédit, des relances plutôt correctes qui ont permis aux Verts de relancer rapidement le jeu sur plusieurs séquences. Globalement, Benbout n'a été ni meilleur ni moins bon que Luca Zidane lors des deux premiers matchs. Le poste de gardien reste un véritable point d'interrogation pour la suite.

Rafik Belghali — 6,5

Le latéral droit a livré sa meilleure copie depuis le début du Mondial. Le natif d'Annecy se fait par moments surprendre défensivement, lorsqu'il cherche à anticiper trop vite au lieu de patienter sur le porteur de balle. Une précipitation à corriger pour atteindre le niveau d'un latéral international confirmé. Mais le reste de sa prestation rachète largement ces imperfections. Belghali a joué un rôle décisif sur le but du 1-1, en effaçant deux joueurs autrichiens d'un dribble remarquable avant de poser le ballon dans la bonne zone pour conclure lui-même la séquence. Offensivement, le latéral droit a apporté du danger et de la présence sur son couloir. Le seul bémol concerne sa connexion avec Riyad Mahrez, qui n'a jamais véritablement pris. Comme nous l'avions observé face à la Jordanie, Belghali combine bien mieux avec Anis Hadj Moussa. Une donnée tactique à intégrer pour les prochains matchs si les Verts veulent maximiser le rendement de leur couloir droit.

Aïssa Mandi — 5

Le capitaine de la défense algérienne n'a pas livré la copie qu'on attendait dans un match aussi décisif. Sur l'ouverture du score d'Arnautović à la 28e minute, Mandi se fait surprendre dans son dos en même temps que Ramy Bensebaïni. La communication entre les deux défenseurs centraux n'a pas été à la hauteur d'une animation aussi simple à anticiper sur un appel en profondeur. Le reste de sa prestation s'est résumé à des relances sécurisées vers les couloirs, sans prise de risque particulière dans la construction. Le défenseur lillois n'a pas commis d'autre faute remarquée, ce qui sauve une note qui aurait pu être plus sévère, mais il continue à montrer une lenteur problématique face aux attaquants rapides. Une caractéristique qui pourrait poser de sérieux problèmes face à la Suisse de Murat Yakin vendredi prochain, surtout si Embolo ou Vargas sont alignés en pointe.

Ramy Bensebaïni — 6

Le défenseur de Dortmund a livré une copie globalement honnête, légèrement supérieure à celle de son partenaire de charnière. Sur l'ouverture du score d'Arnautović à la 28e minute, le natif de Constantine a fait le choix discutable de lever le bras pour réclamer un hors-jeu plutôt que d'alerter son gardien pour le pousser à sortir. Une erreur de communication qui a coûté cher au collectif. Le reste de sa prestation se révèle plus appliqué. Bensebaïni a apporté un soutien offensif intéressant sur le côté gauche, en combinant correctement avec Jaouen Hadjam pour densifier le couloir et offrir des solutions de relais. À mettre cependant à son passif une présence aérienne insuffisante sur le but de Kalajdžić dans le temps additionnel. Sur ce type de ballon, un défenseur de son gabarit doit être plus impactant pour empêcher l'attaquant adverse de trouver l'angle.

Jaouen Hadjam — 6,5

Le latéral des Young Boys de Berne a livré une copie globalement satisfaisante face à l'Autriche. Sa titularisation à la place de Rayan Aït-Nouri répondait à un choix tactique précis de Vladimir Petkovic, qui souhaitait densifier le côté gauche pour neutraliser la principale force offensive autrichienne, traditionnellement orientée sur son flanc droit. Hadjam a globalement répondu présent dans cette mission défensive. Quelques percées intéressantes vers l'avant viennent saluer son engagement offensif, qui rappelle son entrée remarquée face à la Jordanie. À son passif cependant, on retiendra quelques pertes de balle sur des relances trop ambitieuses. Le natif d'Argenteuil veut parfois jouer trop propre dans des zones où la sécurité aurait dû primer. Sur le second but autrichien, Hadjam perd un duel à gauche après une mauvaise anticipation, mais on ne peut pas lui faire porter la responsabilité du but, le marquage manquant clairement plus haut sur le buteur.

Nabil Bentaleb — 7

Le milieu lillois a livré probablement sa meilleure copie depuis le début du Mondial. Souvent critiqué pour ses relances approximatives lors des deux premières journées, le natif de Lille a cette fois beaucoup réduit ses erreurs techniques dans la construction. Sa prise de risques est restée mesurée, ses transmissions ont été plus sûres, son rendement nettement supérieur à ce qu'il avait montré face à l'Argentine. Au-delà de la propreté technique, c'est sa présence physique et son autorité dans les duels qui ont marqué les esprits. Bentaleb a su tenir sa zone face à des milieux autrichiens techniques comme Marcel Sabitzer ou Nicolas Seiwald. Il s'est également montré plus mesuré dans ses projections offensives, évitant les pertes de balle dans les zones dangereuses qu'on lui reprochait par le passé. Seul regret cependant, il aurait pu tenter quelques frappes lointaines, lui qui dispose pourtant d'un véritable coup de patte sur les ballons venus de loin.

Houssem Aouar — 7

Le natif de Lyon a livré probablement son meilleur rendement depuis qu'il porte les couleurs algériennes. Plus volontaire que d'habitude, plus présent dans les zones décisives, plus impliqué dans le jeu offensif. Et surtout, il a été décisif. Deux passes décisives à son actif, toutes les deux pour le même buteur, Riyad Mahrez. Le second assist particulièrement maîtrisé mérite d'être souligné. Aouar se retourne dans un espace réduit, lève la tête, et sert son capitaine dans le bon tempo pour permettre le but du 3-2 dans les arrêts de jeu. Une contribution offensive précieuse à un moment clé du tournoi. Reste une marge de progression évidente sur l'engagement physique, là où le natif de Lyon doit encore franchir un cap pour retrouver le niveau qui avait intéressé Manchester City et l'équipe de France avant son changement de nationalité sportive.

Ibrahim Maza — 7,5

Le diamant brut de Leverkusen confirme match après match qu'il est devenu le patron technique du milieu algérien. Le natif de Berlin a livré une nouvelle copie de très haut niveau face à l'Autriche, malgré l'intensité physique imposée par les Autrichiens. Sa prise de balle, sa capacité à se retourner dans des espaces réduits, son sens du jeu entre les lignes en font le seul véritable créateur capable de fluidifier la transmission entre milieu et attaque. À ces qualités s'ajoute un travail remarquable d'orientation et de conservation du ballon, qui a permis à l'Algérie de garder le contrôle dans plusieurs séquences difficiles. Seul bémol cependant, ses tirs lointains méritent d'être mieux cadrés, lui qui dispose pourtant d'une frappe de qualité. Une copie qui mériterait davantage de contributions décisives à la finition, mais qui place Maza comme l'une des certitudes algériennes pour la suite du tournoi.

Farès Chaïbi — 6

Le milieu offensif de l'Eintracht Francfort a livré une partie honnête, dans la lignée de ses prestations précédentes sans plus d'éclat particulier. Le natif de Toulouse est l'auteur d'une superbe frappe en première mi-temps qui a heurté le poteau autrichien, un quasi-but qui aurait pu changer la physionomie de la rencontre. Cette tentative reste l'instant fort de sa prestation. En dehors de cette action, Chaïbi est resté relativement discret, peu impliqué dans les transitions offensives qui ont fait basculer le match. Le constat est encore plus marqué au plan défensif, où le joueur de l'Eintracht aurait pu récupérer davantage de ballons pour soulager le bloc algérien sous pression. Une copie correcte, sans plus, qui laisse penser que le natif de Toulouse pourrait apporter beaucoup plus à cette équipe si on le repositionnait dans un rôle où ses qualités de percussion seraient mieux exploitées.

Riyad Mahrez — 6,5

Quel match du capitaine. Riyad Mahrez a livré une copie historique avec un doublé décisif et une passe décisive pour Rafik Belghali sur le but du 1-1. Le natif de Sarcelles a égalisé une première fois à la 60e minute d'une frappe puissante du pied gauche après un centre parfait de Houssem Aouar. Puis, dans les arrêts de jeu à la 90e plus 3, il a lancé l'Algérie devant en surgissant dans le dos de la défense autrichienne pour crucifier Schlager. Trois actions, trois moments décisifs sur les trois buts algériens. Au-delà du seul rendement statistique, c'est l'investissement physique de Mahrez qui mérite d'être souligné. Le capitaine s'est battu pour récupérer le ballon à l'origine du premier but, il s'est démené dans des tâches défensives inhabituelles pour son profil. Reste qu'on sent encore que l'âge pèse sur certaines courses. À 35 ans, le natif de Sarcelles ne peut plus tenir la même intensité que lors de ses meilleures années à Manchester City. Mais sa touche technique reste un atout majeur pour cette équipe, surtout dans les moments où il faut faire la différence.

Amine Gouiri — 4,5

La grande déception du match. La titularisation d'Amine Gouiri a étonné toute la diaspora algérienne, qui s'attendait à voir Nadhir Benbouali récompensé après son but décisif face à la Jordanie et son énergie remarquée pour presser une défense entière. À la place, c'est le natif de Bourgoin-Jallieu qui a démarré la rencontre, et il n'a jamais véritablement pesé sur la défense autrichienne. Pas de pressing constant sur les défenseurs centraux pour gêner leurs sorties de balle, pas de courses dans la profondeur pour fixer les lignes adverses, pas de présence physique dans la surface sur les centres. Gouiri est resté totalement inexistant dans le jeu offensif algérien. Il faut reconnaître qu'il a eu peu d'opportunités pour se montrer, mais c'est précisément le rôle d'un avant-centre de se créer ses propres occasions par son investissement collectif. Sa sortie en seconde mi-temps pour un réajustement tactique en dit long sur la lecture du match faite par Vladimir Petkovic lui-même.

Les entrants

Rayan Aït-Nouri (entré en seconde mi-temps)

Belle entrée en seconde mi-temps du latéral de Manchester City. Aït-Nouri a apporté de la percussion par ses dribbles réussis et a confirmé qu'il dispose d'un profil capable de bousculer une défense par la conduite de balle. Le natif d'Argenteuil pose d'ailleurs une vraie question tactique. Son profil de percuteur sur le côté gauche pourrait justifier un repositionnement plus haut sur le terrain, dans un rôle d'attaquant de couloir, là où ses qualités offensives seraient mieux exploitées que dans la fonction strictement défensive de latéral.

Zineddine Belaïd (entré en seconde mi-temps)

Le défenseur de la JSK est entré en seconde mi-temps pour sécuriser la défense algérienne. Mais Belaïd n'a finalement pas eu grand-chose à faire, tant le match s'est transformé en une sorte de monologue algérien lors des quinze dernières minutes. Les Verts faisaient alors circuler le ballon pour attendre le coup de sifflet final, dans une intensité volontairement basse qui arrangeait les deux camps. Une entrée discrète, sans véritable test à se mettre sous la dent.

Vladimir Petkovic — 7

Le sélectionneur algérien repart de Kansas City avec une qualification précieuse pour les seizièmes de finale et une copie tactique nettement plus convaincante que lors des deux premiers matchs. Le natif de Sarajevo a fait plusieurs choix payants pour cette rencontre couperet. D'abord celui de titulariser Jaouen Hadjam à la place de Rayan Aït-Nouri, dans une logique défensive de neutralisation du flanc droit autrichien, principale force offensive de la sélection de Ralf Rangnick. Un choix tactique qui s'est révélé pleinement justifié sur la durée du match. Ensuite, Petkovic a changé le système au bon moment en seconde mi-temps, en sortant Amine Gouiri pour redonner de l'oxygène au jeu offensif algérien. Le repositionnement de plusieurs joueurs a permis de retrouver de la fluidité offensive et d'inscrire les deux buts qui ont fait basculer la rencontre. Une chose est certaine : pour la première fois dans ce Mondial, on a senti une vraie patte tactique chez le sélectionneur algérien.

Et maintenant ?

Les notes parlent d'elles-mêmes. La meilleure note du match revient à Ibrahim Maza, encore lui, qui s'impose définitivement comme le patron technique du milieu algérien à 20 ans. Houssem Aouar et Nabil Bentaleb, tous deux à 7, ont vécu probablement leurs meilleurs matchs sous le maillot vert. Riyad Mahrez a livré une copie de capitaine décisif avec un doublé historique. Mais le bilan reste contrasté avec une défense fébrile à trois reprises et un Amine Gouiri inexistant en pointe. Vladimir Petkovic dispose désormais de cinq jours pour préparer le huitième de finale face à la Suisse ce vendredi 3 juillet à Vancouver. Le rendez-vous est immense, et la dimension émotionnelle particulière. Le sélectionneur des Verts retrouvera la Nati qu'il a lui-même dirigée pendant plusieurs années avant de prendre la barre algérienne en mars 2024. Pour la diaspora algérienne, en France comme partout dans le monde, l'aventure américaine continue. Et c'est, en soi, déjà une magnifique nouvelle.

*Source : DzChronique, Foot Mercato, Goal, Flashscore, 20min*

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Réactions (2)

🛡️ Commentaires modérés
@idnettah29/06/2026

Belaid est un defenseur de la #JSK Pour info. Faut corriger asap

@felfoula29/06/2026

@idnettah justement c'est ce qui est écris cher fidèle lecteur

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