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MONDIAL 2026

Mondial 2026 : l'Algérie était-elle vraiment prête ?

Pas de onze type, des secteurs encore en chantier, des joueurs non optimaux : la question de la préparation des Verts mérite enfin d'être posée sereinement.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··8 min·👁 7665864 vues
Mondial 2026 : l'Algérie était-elle vraiment prête ?

Il y a des questions qu'on évite tant qu'il reste un espoir. Et puis il y a un moment où elles s'imposent. Au lendemain du naufrage 3-0 face à l'Argentine, à quarante-huit heures du match couperet face à la Jordanie, le moment est venu d'interroger sans détour ce qu'on n'osait pas dire depuis plusieurs semaines. L'Algérie est-elle vraiment arrivée prête à ce Mondial 2026 ? Le staff a-t-il accompli un travail de préparation digne d'une phase finale de Coupe du Monde ? Et soyons francs : si la réponse à ces questions semble évidente, il faut quand même les formuler clairement, parce que le débat de fond mérite mieux que des polémiques quotidiennes.

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L'Algérie était-elle vraiment prête pour ce Mondial ?
Non, la préparation a montré des failles structurelles évidentes
Oui, c'est l'Argentine qui était trop forte, rien de plus
À moitié, le staff a mal géré mais les joueurs ont aussi déçu
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Décryptage d'un dossier qui dépasse largement le seul cas Vladimir Petkovic. C'est tout l'écosystème algérien qui doit s'interroger.

Pourquoi aucun onze type n'a pu être identifié

Voilà le premier symptôme troublant. À l'approche d'un Mondial, n'importe quelle sélection sérieuse doit pouvoir identifier son onze de référence à 80 pour cent au minimum. Quelques postes peuvent rester ouverts à la concurrence, mais l'ossature doit être stable et connue. L'Algérie est arrivée à Kansas City sans qu'aucun observateur ne puisse prédire avec certitude le onze aligné face à l'Argentine. La presse, les ex-internationaux, les supporters avancés ont tous proposé des compositions différentes. Petkovic lui-même a multiplié les expérimentations depuis le début 2026.

Ce flou n'est pas neutre. Il traduit une difficulté structurelle à hiérarchiser les postes, à imposer des certitudes, à construire un groupe stable autour de cadres confirmés. Lorsqu'un sélectionneur arrive en phase finale sans onze type, il prend forcément le risque d'erreurs d'évaluation, comme celle qui a consisté à titulariser Bensebaïni à peine remis de blessure. Une chose est certaine : un onze identifié, ça se construit avec des mois, pas avec des semaines.

L'état de forme des joueurs : un véritable mystère

Le deuxième constat est tout aussi préoccupant. Comment expliquer que plusieurs joueurs clés soient arrivés au Mondial 2026 dans un état de forme physique ou compétitif loin du niveau requis ? Ramy Bensebaïni n'avait quasiment pas joué les amicaux de préparation, sa cheville droite à peine remise. Hicham Boudaoui revenait d'un protocole commotion. Nabil Bentaleb traînait une fin de saison difficile à Lille. Mahrez, à 35 ans, ne pouvait plus tenir 90 minutes à haute intensité.

La gestion de la fin de saison des joueurs est une science exacte au plus haut niveau. Les sélectionneurs des grandes nations communiquent étroitement avec les clubs pour calibrer la charge de travail, planifier les phases de récupération, anticiper les pics de forme pour le grand rendez-vous. Tout cela demande des mois d'anticipation. Quand on voit l'état dans lequel sont arrivés certains cadres algériens face à l'Argentine, on est en droit de questionner cette planification. Le jour où le staff intégrera vraiment cette dimension dans sa stratégie, les Verts ne se présenteront plus à un Mondial avec autant de joueurs en sous-régime.

Une charnière centrale qui reste un chantier permanent

Voilà le troisième point qui interroge. Combien de charnières centrales ont été testées par Petkovic depuis sa prise de fonction en mars 2024 ? Mandi-Bensebaïni, Mandi-Tougaï, Mandi-Belaïd, Mandi-Abada, des variantes innombrables. À chaque rassemblement, la même question revient : qui aligner aux côtés du capitaine de Lille ? Et à chaque réponse, des doutes persistent. C'est inquiétant pour une sélection qui voulait construire son projet sur la solidité défensive.

Le constat est le même au milieu de terrain. La paire Bentaleb-Boudaoui pose problème depuis des mois. Les alternatives Maza, Zerrouki, Chaïbi, Aouar n'ont jamais été testées dans des configurations stables. Et en pointe, le débat Gouiri-Amoura-Benbouali reste ouvert sans qu'aucun ne s'impose comme titulaire incontestable. Une équipe nationale qui présente trois zones de chantier simultanées à l'orée d'un Mondial, c'est rarement un signal de préparation aboutie.

Le rôle de la FAF et la question des amicaux

Il faut aussi questionner la responsabilité institutionnelle. La Fédération algérienne a-t-elle vraiment offert à son staff technique les conditions optimales de préparation ? Le calendrier des amicaux a-t-il été calibré pour préparer le Mondial ou pour générer des recettes ? Les sparring-partners choisis, comme le Botswana, la Tanzanie ou la Bolivie, sont-ils vraiment représentatifs du niveau argentin, autrichien ou même jordanien ? L'absence d'un véritable test face à une nation européenne ambitieuse dans les semaines précédant le Mondial interroge.

Les deux dernières confrontations significatives, face aux Pays-Bas et à l'Uruguay, remontent à mars 2026. Trois mois sans match de référence pour préparer une Coupe du Monde, c'est beaucoup. Comparativement, l'Argentine, la Belgique ou la France ont multiplié les tests sérieux jusqu'à dix jours du tournoi. La diaspora algérienne, en France comme partout dans le monde, a le droit de questionner ces choix institutionnels. Sans victoire, sans plan reproductible, sans repères tactiques, le Mondial commence forcément dans le doute.

Et maintenant ?

Il serait injuste de mettre toute la responsabilité sur Vladimir Petkovic. Les questions soulevées ici dépassent largement sa personne. Elles touchent la stratégie globale de préparation, le calendrier des stages, le choix des amicaux, la communication avec les clubs employeurs des joueurs, la gestion physique des cadres. Un échec à ce Mondial serait collectif, pas individuel. Mais une chose est sûre : si l'Algérie veut un jour rivaliser durablement avec l'élite mondiale, elle devra revoir sa méthode de préparation des grands rendez-vous. C'est une réflexion de fond qui dépasse la qualification éventuelle face à la Jordanie samedi. Et c'est cette réflexion que la diaspora attend désormais, avec sérénité, mais sans complaisance.

*Source : DzChronique, analyse*

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