Petkovic : pourquoi une légende de 86 croit aux Verts
Fodil Megharia, défenseur du Mondial mexicain, voit une équipe enfin solide. Mais un visage rassurant suffit-il pour exister au Mondial 2026 ?
Quand un homme qui a foulé les pelouses du Mexique en 1986 prend la parole sur l'équipe nationale, les supporters tendent l'oreille. Fodil Megharia n'a pas la réputation des flatteurs. L'ancien défenseur, passé par l'ASO Chlef et longtemps présent en sélection, observe les Verts de Vladimir Petkovic avec un regard d'expert. Son verdict, mesuré mais net, mérite qu'on s'y arrête.
Le langage de la régularité
Megharia parle de visage rassurant. Le mot est choisi. Il ne promet pas un sacre, il constate une stabilité retrouvée. Selon lui, l'optimisme actuel repose sur une série de faits positifs concrets plutôt que sur des espoirs flous. C'est précisément ce que réclamaient les supporters après des cycles en dents de scie. Une équipe qui répète ses bonnes prestations vaut souvent mieux qu'une équipe capable d'un coup d'éclat isolé.
Derrière ce constat, il y a la patte Petkovic. Le technicien suisse a installé un cadre, des principes, une exigence de solidité. Là où l'on cherchait des étincelles individuelles, il bâtit une structure. Megharia, défenseur de formation, est sans doute bien placé pour apprécier ce retour à l'équilibre.
L'expérience et la jeunesse, ensemble
L'ancien mondialiste insiste sur le dosage du groupe. Des cadres expérimentés encadrent une génération montante, et c'est ce mélange qui le rassure le plus. Riyad Mahrez, Nabil Bentaleb et Aïssa Mandi apportent le métier. Des éléments plus jeunes, comme Maza, Boulbina ou Hadj Moussa, injectent l'audace. Cette cohabitation, quand elle fonctionne, fabrique des équipes durables.
Le parallèle avec 1986 n'est pas anodin. La génération de Belloumi et Madjer avait elle aussi marié talent brut et caractère collectif. Megharia sait ce que coûte un Mondial, et ce qu'il révèle. Son optimisme n'est pas celui d'un nostalgique, mais d'un témoin qui reconnaît certains signaux familiers.
Un projet, pas une promesse
Reste à transformer ce visage rassurant en résultats sous pression. Le format élargi du prochain Mondial, à quarante-huit nations réparties entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, ouvre des portes. Encore faut-il les franchir. La diaspora, de Paris à Bruxelles jusqu'à Montréal, suivra chaque rendez-vous comme une affaire de famille. Pour ces supporters, le projet Petkovic n'est pas un slogan, c'est une attente.
Megharia ne tombe pas dans le triomphalisme. Il décrit une trajectoire, pas une garantie. Et c'est peut-être là sa déclaration la plus précieuse : il préfère parler de méthode que de miracle.
Les Verts ont retrouvé une colonne vertébrale. Le grand test, lui, reste devant eux.
_Source : El Watan_
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