Walid Sadi : sa feuille de route vers le Mondial 2026
À la tête de la FAF, le président veut conjuguer qualification mondiale et réformes de fond. Mais un projet d'avenir suffit-il à rassurer les supporters ?
Une qualification ne se décrète pas, elle se construit. C'est en substance le message que renvoie la Fédération algérienne de football, qui affiche désormais une ambition assumée : préparer le terrain pour la Coupe du monde 2026 tout en engageant une transformation plus profonde de son organisation. Le double objectif est clair, l'exécution le sera moins.
Un cap fixé sur 2026
Le Mondial 2026, organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique avec un format élargi, ouvre une fenêtre que l'Algérie veut saisir. Après l'amère élimination au premier tour en 2022, ce sont des éliminatoires que les Verts n'ont pas le droit de manquer. Walid Sadi en a fait l'horizon de son mandat, plaçant la performance des sélections au cœur du discours fédéral. L'enjeu dépasse le simple résultat sportif : il s'agit de réconcilier une sélection avec un public qui attend des actes plus que des promesses.
Des réformes pensées sur le temps long
La direction de la FAF insiste sur une logique de structuration plutôt que de coups d'éclat. Modernisation de la gouvernance, attention portée à la formation des jeunes, professionnalisation du championnat national : l'orientation affichée vise à corriger des faiblesses installées depuis des années. Le pari est connu de tous les grands football africains, du Maroc au Sénégal. Reste à savoir si l'intention se traduira en infrastructures, en encadrement et en continuité.
Un football se juge sur ses fondations, pas sur ses slogans.
La diaspora, ressource et exigence
De Lille à Bruxelles, de Lyon à Montréal, la diaspora algérienne reste un vivier décisif et un public passionné. Les binationaux formés dans les centres européens nourrissent l'Équipe nationale depuis des décennies, et la FAF sait qu'une stratégie de détection cohérente passe par eux. Mais cette diaspora est aussi la plus critique : elle compare, elle exige, elle ne se contente pas de bonnes intentions. La séduire suppose un cap lisible, tenu dans la durée.
Entre ambition et crédibilité
Le vrai test ne sera pas le discours, mais la cohérence entre les paroles et les décisions des prochains mois. Une fédération se réforme rarement en une saison. La feuille de route a le mérite d'exister et de fixer une direction ; elle devra survivre aux résultats, bons comme mauvais, pour gagner la confiance des supporters.
Les promesses engagent ceux qui les écoutent autant que ceux qui les formulent.
Le Mondial 2026 servira de premier juge de paix. Si la qualification arrive, elle validera l'orientation ; si elle échoue, le projet de réformes devra prouver qu'il vaut au-delà du terrain. Walid Sadi joue gros, et avec lui tout un football qui rêve de retrouver une stabilité durable. Le rendez-vous est pris.
*Source : El Moudjahid*
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