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MONDIAL 2026

Zerrouki bon en sortie de banc : l'étrange syndrome des Verts

Décevant comme titulaire face aux Pays-Bas, brillant en entrée face à la Bolivie : Zerrouki incarne le paradoxe des Fennecs qui semblent toujours plus libres en sortie de banc.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··7 min·👁 578771 vues
Zerrouki bon en sortie de banc : l'étrange syndrome des Verts

Voilà un paradoxe qui interpelle. Ramiz Zerrouki, sévèrement noté à 3,5 sur 10 dans nos colonnes après sa prestation comme titulaire face aux Pays-Bas, a livré une copie autrement plus convaincante cette nuit à Lawrence en entrant en seconde période face à la Bolivie. Le milieu de terrain du FC Twente a apporté la maîtrise et le calme qui lui avaient manqué une semaine plus tôt à De Kuip. Et soyons francs : on ne peut pas s'empêcher de penser que ce n'est pas un cas isolé. Un schéma se dessine chez les Verts, qui mérite qu'on s'y attarde.

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Pourquoi nos joueurs sont meilleurs en sortie de banc ?
Petkovic ne sait pas identifier son meilleur 11 de départ
Les remplaçants profitent d'adversaires fatigués en fin de match
C'est le génie tactique du coach qui prépare ses coups gagnants
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Derrière cette prestation rassurante, il y a un constat plus large à faire. Les Fennecs semblent systématiquement plus libres, plus tranchants et plus inspirés quand ils entrent en jeu en seconde période plutôt qu'au coup d'envoi. Décryptage d'un phénomène qui questionne la lecture du onze de départ par Vladimir Petkovic.

Zerrouki, le contre-exemple parfait

La transformation est saisissante. Une semaine plus tôt à Rotterdam, Zerrouki avait été l'un des points noirs de la première mi-temps des Verts. Prises de balle laborieuses, transmissions imprécises, incapacité à casser les lignes : le natif de Born avait rappelé pourquoi il peine à convaincre comme titulaire. Sortie logique à la pause, et oublié pour un temps.

La donne a changé cette nuit. Entré en seconde mi-temps à Lawrence, Zerrouki a livré une prestation de meilleure facture, plus à l'aise dans ses choix et plus juste techniquement. Pourquoi cette différence ? La pression d'un Pays-Bas-Algérie en stade plein n'a rien à voir avec un huis clos face à une nation non qualifiée pour le Mondial. Mais le schéma se répète trop souvent pour être ignoré. Une chose est certaine : ce joueur n'est manifestement pas fait pour démarrer les grands matchs.

Le pattern qui se confirme match après match

Le cas Zerrouki n'est pas isolé. Face aux Pays-Bas déjà, les vrais artisans de la victoire ont été des joueurs entrés en seconde mi-temps. Ibrahim Maza a illuminé le milieu de terrain dès son apparition. Anis Hadj Moussa a transformé l'aile droite et inscrit le but de la victoire. Mohamed-Amine Tougaï a apporté la sérénité défensive qui manquait à Belaïd-Mandi. Jaouen Hadjam a stabilisé son couloir gauche. Quatre noms, quatre prestations marquantes, et tous entrés en cours de jeu.

Le constat est troublant. Comme si l'absence de pression du « onze de départ » libérait nos joueurs et leur permettait d'exprimer leur vrai talent. Comme si Petkovic ne savait pas identifier ses meilleurs profils pour le coup d'envoi, mais excellait pour les rentrées en cours de match. Le jour où le sélectionneur osera mettre ses meilleurs joueurs d'entrée, les Verts feront un pas supplémentaire.

La nuance bolivienne

Il faut tout de même garder les pieds sur terre. La Bolivie n'est pas qualifiée pour le Mondial 2026, éliminée en barrages face à l'Irak. Son niveau ne reflète pas celui des adversaires que les Verts affronteront aux États-Unis. Tous les remplaçants algériens qui sont entrés en seconde mi-temps cette nuit avaient face à eux des joueurs de moindre niveau, sortis également pour des rotations classiques de fin de match.

Dans ce contexte, juger les prestations individuelles avec trop d'enthousiasme serait une erreur. Zerrouki a fait un bon match en sortie de banc, c'est un fait. Mais il l'a fait face à une équipe sud-américaine de seconde zone, à une heure où les jambes sont fatiguées de chaque côté. La vraie validation ne pourra venir que face à des adversaires de très haut niveau, comme l'Argentine de Lionel Messi le 16 juin.

Le vrai sujet, c'est Petkovic et son onze

Mais au-delà du seul Zerrouki, c'est bien la question du onze de départ qui revient avec insistance. Pourquoi Petkovic continue-t-il à donner la primauté à des joueurs qui montrent leurs limites quand ses remplaçants se révèlent à chaque fois plus efficaces ? Le sélectionneur a-t-il une lecture trop conservatrice de son groupe ? Préfère-t-il l'expérience aux performances du moment ? Souhaite-t-il économiser ses meilleurs atouts pour les fins de match ?

Les questions sont nombreuses, et la réponse appartient au coach. Mais à l'aube du Mondial, le débat reste légitime. Maza, Hadj Moussa, Hadjam, Chaïbi, Tougaï : tous ces hommes ont montré qu'ils étaient prêts à commencer un match au plus haut niveau. Reste à savoir si le 16 juin, face à l'Argentine, Petkovic osera leur faire confiance dès le coup d'envoi. Sinon, on jouera le même film qu'à Rotterdam : une première mi-temps fébrile, et une seconde où l'équipe se révèle enfin.

Et maintenant ?

Il reste cinq jours à Vladimir Petkovic pour trancher. Le sélectionneur connaît parfaitement les forces et les faiblesses de son groupe, et il sait que toute la diaspora algérienne attend désormais des choix audacieux. Le 16 juin à Kansas City, on saura si l'analyse de cette semaine de préparation aura porté ses fruits. Pour les Fennecs, le moment n'est plus au bricolage. Il est au courage. Et le courage, parfois, c'est simplement de commencer un match avec ses meilleurs joueurs.

*Source : DzChronique — analyse*

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