CAN 2025 : Chaïbi explique l'élimination face au Nigeria
Le milieu des Fennecs brise le silence sur ce quart de finale perdu. Préparation, état de forme, jour fatal : son récit relance le débat.
Il y a des défaites qu'on enterre vite et d'autres qui restent en travers de la gorge. Le quart de finale perdu contre le Nigeria appartient à la seconde catégorie, et Farès Chaïbi vient enfin de poser des mots dessus. Au micro d'El Heddaf TV, le milieu des Fennecs a livré sa version, sans se cacher derrière les excuses faciles.
Un aveu qui ne ment pas
Le constat de Chaïbi est d'une honnêteté désarmante. "On est tombé sur leur meilleur jour. Ils ont fait le meilleur match de leur compétition", reconnaît-il à propos des Super Eagles. Pas de polémique, pas de faux-fuyants : le joueur formé en France assume que l'adversaire a été supérieur ce soir-là. Et il enfonce le clou avec une formule qui résume tout le drame algérien : "Ce jour-là, ils étaient au maximum de leur forme. Et nous, on était au minimum."
Reconnaître la force de l'autre sans s'humilier soi-même, c'est rare dans le football moderne. Chaïbi le fait avec une lucidité qui tranche.
La préparation, le vrai point noir
Derrière l'hommage à l'adversaire se cache pourtant une critique plus dérangeante. "On a eu une préparation compliquée du match", glisse le milieu. La phrase est courte, mais elle pèse lourd. Car face à la RD Congo au tour précédent, Chaïbi insiste sur le confort logistique : "On n'avait pas changé de terrain. On était dans notre camp de base. On n'a pas bougé." Ce huitième de finale s'était d'ailleurs débloqué tardivement grâce à Adil Boulbina, dans les ultimes secondes.
Le contraste est limpide. Tout ce qui avait fonctionné contre les Congolais a déraillé contre les Nigérians. Le supporter algérien, lui, retiendra surtout cette question : pourquoi une sélection capable du meilleur s'est-elle présentée au plus mauvais moment ?
La théorie du mauvais jour : explication ou paravent ?
C'est là que le récit de Chaïbi divise. "On est tombé sur le pire jour pour nous et le meilleur jour pour eux." L'argument est séduisant, mais il ne convainc pas tout le monde. Une grande nation, et l'Algérie en est une depuis Belloumi et Madjer, se juge aussi à sa capacité à gagner sans être au sommet. Les Fennecs de 2019 n'étaient pas toujours flamboyants ; ils trouvaient quand même le moyen de passer.
La diaspora, des cafés de Barbès aux quartiers de Bruxelles et Montréal, a vécu cette élimination comme une frustration sourde. Pas une humiliation, mais ce sentiment tenace d'un rendez-vous manqué avec soi-même.
Ce que cette sortie change pour la suite
En parlant, Chaïbi prend un risque : celui d'alimenter la critique. Mais il fait aussi œuvre utile. Un groupe qui analyse sa chute plutôt que de la fuir avance plus vite qu'un vestiaire muet. Le talent, lui, n'a jamais été le problème de cette génération.
Reste à transformer la leçon en certitude. Une équipe ne grandit pas en évitant les jours sans, elle grandit en apprenant à les survivre. Le prochain grand rendez-vous dira si ces mots étaient une excuse ou un véritable point de départ.
Une chose est certaine : Chaïbi n'a pas fui le débat. À l'Algérie, désormais, de transformer l'aveu en réponse sur le terrain.
*Source : La Gazette du Fennec*
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