Bennacer, Bounedjah, Kebbal : ces absences qui interrogent
Après la prestation des Verts face aux Pays-Bas, certains choix de Petkovic suscitent le débat. Plongée dans trois absences qui pourraient peser face à l'Argentine.
Une victoire de prestige face aux Pays-Bas n'efface pas tout. À l'inverse, certaines prestations livrées à De Kuip ont même alimenté un débat qui n'a cessé d'enfler depuis l'annonce de la liste des 26 par Vladimir Petkovic : pourquoi avoir écarté Ismaël Bennacer, Baghdad Bounedjah et Ilan Kebbal pour le Mondial 2026 ? Trois profils, trois rôles différents, et un même constat : à la lecture de ce qui s'est vu en première mi-temps face aux Oranje, leur présence aurait fait sens. Et soyons francs : il faut avoir ce débat sans hypocrisie.
La liste de Petkovic est arrêtée, on ne reviendra pas dessus avant le Mondial. Mais analyser les choix du sélectionneur fait partie du métier. Voici trois cas qui méritent qu'on s'y arrête.
Bennacer, le milieu créatif qui aurait changé la première mi-temps
Le cas le plus parlant est sans doute celui d'Ismaël Bennacer. Quand on a vu la fébrilité du milieu de terrain algérien face aux Pays-Bas pendant 45 minutes, on s'est tous posé la même question. Ramiz Zerrouki en grande difficulté, Houssem Aouar transparent, Nabil Bentaleb laborieux jusqu'à l'arrivée de Maza : le constat est sans appel. Le milieu titulaire des Verts manque cruellement de qualité créative et de capacité à casser les lignes.
Dans ce contexte, l'absence du meilleur joueur de la CAN 2019 fait mal. Bennacer est précisément ce profil qui sait orienter le jeu, dicter le tempo et apporter la sérénité qui a tant manqué en première période. À 28 ans, le natif d'Arles avait pourtant déclaré être revenu à son meilleur niveau dans une interview à la Gazette du Fennec, exprimant sa déception de ne pas avoir été retenu. À voir le milieu algérien souffrir face aux Néerlandais, on se dit qu'une chance lui aurait été plus que méritée.
Bounedjah, le pivot qui pèse, l'inverse de Gouiri
Deuxième cas, plus polémique encore. La prestation d'Amine Gouiri face aux Pays-Bas a inquiété. Pas assez d'efforts à la récupération, une certaine nonchalance dans le repli défensif, beaucoup trop de pertes de balle là où il faudrait conserver pour faire respirer l'équipe. Quand l'attaquant ne pèse pas sur les défenses adverses et ne joue pas le rôle de point d'appui, c'est toute l'équipe qui en souffre.
C'est précisément le registre où Baghdad Bounedjah aurait pu être précieux. À 34 ans, le buteur d'Al-Sadd reste un pivot puissant, capable de tenir le ballon dos au but, de remettre proprement à ses partenaires et de fixer les défenseurs centraux. Un profil que la sélection algérienne ne possède plus depuis son départ. Face à des défenses comme celles d'Argentine ou d'Autriche, qui exigeront des minutes de combat physique, son apport aurait pu compléter celui de Mohamed Amoura, davantage joueur de transition. Une chose est certaine : un Bounedjah en réserve, ce n'était pas du luxe à ce Mondial.
Kebbal, le polyvalent qui manque sur les ailes
Le troisième cas concerne Ilan Kebbal. Le joueur a connu une saison intéressante et reste l'un des profils les plus polyvalents que possédait potentiellement la sélection algérienne. Capable de jouer ailier gauche, ailier droit ou même milieu offensif, doté de vivacité et d'une vraie capacité de percussion, le natif de Mantes-la-Jolie aurait pu apporter une option supplémentaire à un secteur qui en manque cruellement.
Quand on regarde l'aile gauche algérienne, on constate qu'aucun véritable ailier gaucher tranchant n'a été retenu pour faire trembler les défenses. Kebbal, avec son profil vif et sa vivacité, aurait pu offrir une alternative précieuse face à des adversaires comme l'Autriche, plus prenables. Petkovic a fait un autre choix. La forme et la dynamique du moment auraient justifié un autre arbitrage.
Le sélectionneur a ses raisons, mais le débat reste légitime
Il ne s'agit pas d'attaquer Vladimir Petkovic, qui a fait ses choix sur la base d'informations qu'il est seul à maîtriser pleinement : état physique exact, comportement à l'entraînement, dynamique de groupe, profils complémentaires recherchés. C'est son rôle et il l'assume. Mais il est tout aussi légitime de pointer que ces trois absences, à l'épreuve du terrain face aux Pays-Bas, semblent encore plus discutables qu'à l'annonce de la liste.
La victoire à De Kuip a montré que les Verts peuvent compter sur des solutions, mais elle a aussi exposé les fragilités du onze de départ choisi par le sélectionneur. Le jour où Petkovic devra puiser dans son banc pour redresser un match face à l'Argentine, on regrettera peut-être de ne pas y trouver Bennacer, Bounedjah ou Kebbal.
Et maintenant ?
La liste est arrêtée, il faut faire avec. Les 26 joueurs retenus ont la responsabilité de prouver qu'ils méritent leur place, et que les absences ne pèseront pas sur le destin algérien aux États-Unis. À ces 26 hommes maintenant de faire taire les regrets en faisant briller les Verts. Et qui sait, si l'aventure tourne court, ce débat reviendra avec force. Mais pour l'instant, place au terrain. Le 17 juin face à l'Argentine, c'est le maillot vert qui parlera.
*Source : DzChronique — analyse*
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