Hadjam à gauche : et si Aït-Nouri passait au milieu ou en attaque ?
Hadjam a apporté équilibre, sérénité et volume face aux Pays-Bas. De quoi imaginer un onze où Aït-Nouri quitte son couloir pour un rôle plus offensif.
Il y a des entrées qui parlent autant que des titularisations. Ce mercredi à De Kuip, Jaouen Hadjam a livré une seconde mi-temps qui pourrait redessiner toute la stratégie algérienne avant le Mondial 2026. Entré au repos pour redonner de l'équilibre à un côté gauche en souffrance, le défenseur de Young Boys a apporté à la fois sérénité, volume de jeu et soutien offensif. Une prestation qui pose désormais une vraie question tactique : et si la solution pour libérer Rayan Aït-Nouri passait par Hadjam ? Et soyons francs : on tient peut-être le débat le plus intéressant des prochains jours.
Derrière ce qui ressemble à un détail technique se cache en réalité une question stratégique majeure. Comment exploiter au mieux deux profils de qualité au même poste, alors que l'Algérie aborde son Mondial face à l'Argentine ?
Une entrée qui change la défense gauche
L'apport de Hadjam s'est mesuré sur trois plans dès son entrée en jeu. D'abord la sérénité, qualité précieuse dans une équipe qui souffrait jusque-là. Le natif de Paris a fait ressortir proprement ses ballons, sans précipitation, donnant le tempo qu'il fallait à toute son arrière-garde. Ensuite l'équilibre défensif, là où la première mi-temps avait montré des failles répétées sur les transitions néerlandaises. Hadjam a tenu son couloir avec rigueur, sans se laisser déborder.
Mais c'est sans doute son volume de jeu qui a frappé. Le latéral du Young Boys de Berne a constamment soutenu l'attaquant qui jouait devant lui, multipliant les courses, les appels et les apparitions dans les derniers mètres. Un vrai latéral moderne, capable de défendre et d'apporter le surnombre. Une chose est certaine : à ce niveau-là, Hadjam mérite plus qu'un rôle de remplaçant.
Le précédent Aït-Nouri à City
De l'autre côté du débat, Rayan Aït-Nouri n'est évidemment pas un latéral qu'on met sur le banc à la légère. Le Niçois a livré une première mi-temps où il fut sans doute le joueur algérien le plus offensivement intéressant, sans toujours trouver les automatismes au milieu. Sa qualité technique, sa vitesse et son volume de courses font de lui un atout rare. Mais peut-être pas exclusivement en tant que latéral.
Car le rappel historique mérite d'être fait : à Manchester City, sous Pep Guardiola, Aït-Nouri a déjà été utilisé comme milieu de terrain, dans ce rôle hybride d'arrière-latéral qui rentre dans l'axe pour densifier le milieu. Une expérimentation tactique d'avant-garde qui collerait parfaitement à son profil. Plus polyvalent qu'un défenseur classique, plus athlétique qu'un milieu pur, le natif de Montreuil possède le profil rare qui justifie qu'on lui invente un poste sur mesure.
Deux pistes pour le repositionner
Reste à savoir comment l'utiliser exactement. Deux options se dessinent. La première serait celle déjà testée à Manchester City : un rôle de milieu de terrain offensif, capable de monter dans l'axe pour casser les lignes adverses, tout en gardant la possibilité de redescendre sur son couloir gauche en phase défensive. Une polyvalence précieuse face à des équipes dominantes comme l'Argentine.
La seconde piste, plus radicale, serait de l'utiliser carrément comme ailier ou attaquant de couloir. Son apport offensif et sa vitesse pure feraient mal sur les transitions, surtout face à des défenses centrales qui ne courent pas vite. À DzChronique, nous ne tranchons pas entre ces deux options : les deux ont leurs mérites, et c'est précisément à Vladimir Petkovic et à son staff de définir le rôle le plus adapté au plan de jeu choisi face à l'Albiceleste.
Une profondeur de banc rare à exploiter
Le luxe que peu de sélections africaines possèdent, c'est justement cette capacité à pouvoir composer avec plusieurs profils complémentaires au même poste. Mahrez-Hadj Moussa à droite, Aït-Nouri-Hadjam à gauche : les Fennecs disposent désormais d'options qui forcent le sélectionneur à des choix exigeants mais stimulants.
Le jour où Petkovic acceptera de bousculer ses certitudes pour libérer ses meilleurs atouts, l'Algérie franchira un cap. Hadjam offre désormais cette possibilité à gauche.
Et maintenant ?
Il reste un dernier amical face à la Bolivie le 10 juin pour valider les automatismes. Hadjam aura-t-il sa chance comme titulaire ? Aït-Nouri sera-t-il testé dans un nouveau rôle ? Petkovic dispose de huit jours pour explorer ces pistes avant le sommet face à l'Argentine. La diaspora algérienne, en France, en Belgique et au Canada, suivra ces choix de très près. Une chose est sûre : les solutions sont là, sur le terrain. Reste à oser.
*Source : DzChronique — analyse*
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