Hadj Moussa : le but de la 86e qui change tout pour les Verts
Entré à la pause à la place de Mahrez, Anis Hadj Moussa a délivré l'Algérie d'un bijou en lucarne dans son stade de Feyenoord. Et a mis Petkovic devant ses choix.
Il y a des soirs où un joueur tranche un débat d'une seule frappe. Ce mercredi à De Kuip, Anis Hadj Moussa l'a fait. Entré à la pause à la place de Riyad Mahrez, l'ailier algérien de Feyenoord a inscrit à la 86e minute le but qui a délivré les Verts face aux Pays-Bas. Une frappe enroulée en pleine lucarne, dans le stade qu'il connaît par cœur. Et soyons francs : avec cette réalisation, Hadj Moussa met Vladimir Petkovic devant ses propres choix.
La scène vaut tous les discours. Servi à la limite du hors-jeu par Nabil Bentaleb, le natif de Paris fixe Jorrel Hato, repique sur son pied gauche, et envoie un missile chirurgical dans le petit filet opposé. Premier but international pour lui sous le maillot des Fennecs, mais quel premier but.
Une seconde mi-temps qui change tout
Entré au repos pour Mahrez, le joueur de Feyenoord a immédiatement transformé l'aile droite algérienne. Le contraste avec la première période fut saisissant. Là où le capitaine avait disparu après une entame plutôt active, Hadj Moussa a apporté ce qu'il manquait cruellement : la percussion, la provocation, la prise de risque. Le natif de Paris a constamment mis la défense néerlandaise en difficulté.
Il est vrai que ses 40 premières minutes furent ordinaires, avec quelques imprécisions et balles précipitées. Mais sa première vraie tentative cadrée a fait mouche. C'est ce qu'on appelle un finisseur en confiance : il n'a pas besoin de dix occasions, il en transforme une et il fait basculer un match. À 24 ans, le profil affole tous les voyants.
De Kuip, son antre
Le scénario avait quelque chose d'écrit. Hadj Moussa joue ses matchs à domicile dans ce stade depuis 2024, sous les couleurs de Feyenoord. Il y connaît chaque centimètre carré, chaque angle de tir, chaque réaction du public. Le club néerlandais l'a d'ailleurs prolongé jusqu'en 2030 pour barrer la route à Benfica, qui ne voulait pas mettre les 30 millions d'euros demandés.
En Eredivisie cette saison, l'ailier algérien a empilé 8 buts et 4 passes décisives en 1 754 minutes, avec un rating moyen de 7,52 sur FotMob qui le place dans le top des ailiers du championnat. Sans oublier un but en Ligue des Champions face au Red Bull Salzburg. On ne parle plus d'un espoir : on parle d'un joueur installé à très haut niveau européen.
Le débat Hadj Moussa-Mahrez n'existe plus
C'est là que le constat devient gênant pour Petkovic. Le sélectionneur lui-même avait évoqué le dilemme en conférence de presse, expliquant qu'il était content de ne pas avoir à choisir tout de suite entre les deux. Ce mercredi, le verdict est tombé sur le terrain. Mahrez a livré une demi-heure correcte avant de s'éteindre physiquement, comme c'est devenu son habitude. Hadj Moussa a livré une demi-heure et un but. Le calcul est vite fait.
À 35 ans, Riyad Mahrez reste un capitaine respecté, un palmarès, une carrière. Mais à l'aube du Mondial 2026, l'enjeu n'est pas sentimental : il est de mettre les meilleurs joueurs en forme du moment. Et la forme du moment, c'est Hadj Moussa. Une chose est certaine : continuer à titulariser Mahrez d'entrée face à l'Argentine reviendrait à se priver d'un atout offensif majeur pour des raisons qui n'ont plus rien à voir avec la performance.
Le rôle qui lui correspond
Il y a un autre enseignement de la soirée. Décalé sur l'aile par Bentaleb dans son rôle préférentiel, l'ailier gauche-fort de Feyenoord a pu exprimer toute sa palette : feinte extérieure, percée intérieure, frappe enroulée. Ce repli technique sur son pied fort, c'est la signature de Hadj Moussa. C'est aussi ce qui fait mal aux défenses européennes depuis deux ans en Eredivisie.
Le jour où Hadj Moussa joue dans son vrai rôle, il devient incontournable pour les Fennecs.
Et maintenant ?
Il reste un dernier galop face à la Bolivie le 10 juin à Kansas City avant le grand sommet face à l'Argentine le 17. Pour Vladimir Petkovic, l'heure des choix arrive. Continuer à miser sur le passé glorieux, ou faire confiance au présent flamboyant ? La diaspora algérienne, en France comme aux Pays-Bas où Hadj Moussa fait vibrer Rotterdam toutes les semaines, a déjà tranché. Reste à savoir si le sélectionneur sera aussi audacieux que son ailier.
*Source : DzChronique*
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