Luca Zidane masqué et magistral : son match référence à De Kuip
Six arrêts, un masque, 1,62 xG sauvés et le titre d'homme du match : à Rotterdam, Luca Zidane a livré sa prestation référence avec les Verts. Décryptage.
Quand un gardien sauve son équipe, on dit qu'il a passé une bonne soirée. Quand il le fait en revenant de blessure, à six mois d'arrêt près, avec un masque de protection sur le visage et face à l'une des dix meilleures nations au monde, on appelle ça un match référence. Ce mercredi à De Kuip, Luca Zidane a écrit le sien. Sans son intervention divine en première mi-temps, l'Algérie ne ramène jamais ce 1-0 historique des Pays-Bas. Et soyons francs : on a vu naître ce soir le numéro un définitif des Verts.
Il y avait pourtant tout à craindre. Plus apparu depuis le 26 avril, blessé à la mâchoire et au menton lors d'un match avec Grenade contre Almeria, victime d'une commotion cérébrale, l'enfant de Marseille revenait dans la lumière sans préparation idéale, sous masque protecteur. Personne n'aurait osé en demander autant. Personne, sauf lui.
Six arrêts, et autant de moments de vérité
Les chiffres parlent d'abord. Le gardien algérien a multiplié les parades décisives, avec six arrêts au compteur et 1,62 expected goals évités selon les statistiques avancées. Une performance qui lui a valu, en toute logique, le titre d'homme du match.
Le récit, lui, est encore plus parlant. Dès la 19e minute, Luca Zidane a stoppé une première tentative de Tijjani Reijnders, et enchaîné à la 20e sur un tir de Cody Gakpo qui filait dans la lucarne. À la 25e, nouveau face-à-face gagné contre Reijnders. À la 41e, encore Gakpo, encore stoppé. En seconde période, son envolée à la 61e sur une frappe de Justin Kluivert est entrée dans les anthologies, suivie d'un arrêt décisif sur Memphis Depay à la 83e. Six fois, l'Algérie a tremblé. Six fois, le portier a dit non.
Le numéro un définitif des Verts
La titularisation de Luca Zidane n'était pas une évidence avant le coup d'envoi. Beaucoup d'observateurs voyaient Oussama Benbot débuter, vu la blessure récente du Marseillais. En lui maintenant sa confiance, Vladimir Petkovic a envoyé un message clair sur sa hiérarchie. Et son protégé l'a remboursé avec intérêt.
La hiérarchie des gardiens est désormais limpide : Luca Zidane numéro un, et les autres derrière. Pour l'Algérie, qui partira face à l'Argentine le 17 juin, c'est une garantie précieuse. Une chose est certaine : avec un gardien à ce niveau dans les buts, on aborde un Mondial avec une assurance supplémentaire.
L'héritage qui parle, le chemin qu'il trace
Il y a forcément un peu de Zinédine dans cette soirée. Pas dans les arrêts évidemment, mais dans la capacité à transformer un grand rendez-vous en moment d'histoire. Le fils a déjà répété qu'il avait son propre chemin, sa propre carrière, sa propre identité. Avec ce match, il a marqué un nouveau jalon dans cette construction personnelle, sous les couleurs algériennes.
Mercredi soir, ce ne sont plus juste les chiffres qui parlaient. C'était une affirmation de soi, sous le maillot des Verts, dans le stade d'une nation majeure. Le supporter algérien, en Algérie comme dans la diaspora, n'oubliera pas cette soirée de sitôt. À 28 ans, Luca Zidane vient de prouver qu'il a sa place dans l'histoire du football algérien.
Le masque qui pose une vraie question
Reste un détail qui en dit long, et qui prête presque à sourire. Avant ce match, beaucoup s'inquiétaient de voir le gardien des Verts revenir d'une blessure aussi grave, avec son masque de protection sur le visage. Et finalement, c'est précisément avec ce masque qu'il a livré sa meilleure prestation depuis qu'il porte le maillot algérien. De quoi se poser une question, mi-sérieuse mi-amusée : et si Luca Zidane était plus fort avec son masque ?
Une chose est certaine : dans le doute, Petkovic ferait peut-être bien de ne pas lui demander de l'enlever avant le 17 juin. Les superstitions ont parfois du bon dans un Mondial.
Et maintenant ?
Direction Kansas City, dernier galop face à la Bolivie le 10 juin, puis le sommet face à l'Argentine. Luca Zidane, masque ou pas, partira logiquement titulaire. Cette soirée néerlandaise lui a apporté autre chose que des arrêts : la certitude que ce groupe peut compter sur lui dans n'importe quelle situation. Le rêve mondial passera aussi par ses gants. Et peut-être par son masque.
*Source : DzChronique — match référence*
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