Gourcuff parle des Verts : « Je les suivrai avec intérêt »
L'ancien sélectionneur des Verts (2014-2016) revient sur Mahrez, Bentaleb, Mandi et son lien avec Walid Sadi avant le Mondial 2026. Confidences d'un nostalgique discret.
Il y a des silences qui pèsent, et des paroles qui réchauffent. À l'approche du Mondial 2026, Christian Gourcuff, ancien sélectionneur des Verts entre 2014 et 2016, est sorti de sa discrétion habituelle pour évoquer l'Algérie. Dans un entretien exclusif accordé à Africafoot, le Breton parle de Riyad Mahrez, d'Aïssa Mandi, de Nabil Bentaleb et de son ami Walid Sadi avec une émotion contenue. Et soyons francs : entendre Gourcuff parler des Verts, c'est replonger dans une parenthèse qu'il n'a jamais vraiment refermée.
Le technicien français, qui a peu à peu pris du recul avec le monde du football, garde un attachement particulier au passage algérien de sa carrière. Ses mots, sobres et lucides, valent tous les hommages tonitruants.
Mahrez, Mandi, Bentaleb : la fierté du formateur
Interrogé sur la longévité de trois cadres qu'il a dirigés très jeunes, Gourcuff n'affiche aucune surprise. "Ils étaient jeunes à l'époque. Ils ont fait des choix de carrière intéressants, avec une progression fulgurante, surtout pour Riyad", confie-t-il. Une lecture d'observateur qui a vu naître la promesse, et qui se réjouit de la voir aboutir au Mondial 2026 plus d'une décennie plus tard.
Le cas Bentaleb lui inspire une analyse plus nuancée. Le Breton se souvient d'un milieu talentueux, parfois impulsif, freiné par les blessures puis par un grave problème cardiaque. "Aujourd'hui, il n'est pas usé, car il n'a pas eu la carrière qu'il devait avoir. Cela fait qu'il a une certaine fraîcheur", glisse-t-il. Une manière élégante de dire que le Lillois arrive aux États-Unis avec des réserves que d'autres n'ont plus. Un Bentaleb à 31 ans peut peser comme un joueur de 27 dans un Mondial.
Walid Sadi, l'amitié au-dessus du foot
Mais c'est en évoquant Walid Sadi, actuel président de la FAF, que Gourcuff se livre le plus. Il l'avait connu quand le futur patron du football algérien occupait un rôle important auprès de Mohamed Raouraoua. "J'avais une très bonne relation avec Walid Sadi. J'ai gardé de bons rapports avec lui, et de bons souvenirs. Rien que pour lui, j'espère que l'Algérie figurera bien au Mondial."
Voilà une phrase qui révèle un homme. Au-delà du football, Gourcuff parle d'amitié, de respect, de transmission. Dans un univers où les liens se défont souvent aussi vite qu'ils se créent, cette fidélité dit beaucoup de ce qui s'est joué en Algérie en 2014-2016. Une chose est certaine : on ne reste pas en lien avec un pays sans qu'il y ait laissé une trace.
Un regard distancié mais sincère
Gourcuff n'est plus dans le foot médiatique, et il l'assume. Il garde sa distance, parle de l'environnement actuel qui l'"écœure un peu", refuse de se forcer à suivre l'actualité. Sa formule sur les Verts est emblématique : "Je ne vais pas dire que je suis supporter de l'Algérie, mais je les regarderai avec intérêt."
Ni feinte d'indifférence, ni nostalgie excessive. Juste l'attitude d'un technicien qui sait que ce qu'il a vécu à la tête des Fennecs reste une parenthèse rare, faite de hauts et de bas, mais authentique. Le chapitre s'était refermé dans un contexte compliqué, mais certains visages, eux, sont restés.
Et maintenant ?
Gourcuff sera donc devant son écran cet été, pas par obligation, mais parce qu'une partie de cette histoire continue de lui parler. Pour Mahrez, qu'il a vu éclore. Pour Bentaleb, qu'il avait fait débuter. Pour Mandi, qu'il avait imposé. Et pour Walid Sadi, simplement. La diaspora algérienne, en France comme ailleurs, reconnaîtra dans ces mots la signature d'un homme honnête, fidèle à sa réserve. Une certaine idée du foot, qu'on aimerait croiser plus souvent.
*Source : Africafoot*
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