Bennacer écarté du Mondial : la seconde chance refusée
Revenu de blessure et apte, Ismaël Bennacer ne disputera pas le Mondial. Le meilleur joueur de la CAN 2019 confie son incompréhension. L'Algérie perd gros au milieu.
Il y a des absences qui laissent un goût amer. Ismaël Bennacer ne disputera pas la Coupe du Monde 2026 avec l'Algérie, et l'annonce a provoqué une vague d'incompréhension chez les supporters des Verts. Car au-delà du nom, c'est un profil rare que perd la sélection au milieu de terrain : un récupérateur d'expérience, capable de tenir l'entrejeu dans les grands rendez-vous. Et soyons francs : voir Bennacer rester à quai au moment précis où il retrouve sa forme a quelque chose de cruel.
Dans une interview accordée à la Gazette du Fennec, le milieu de 28 ans n'a pas caché sa peine. Ses mots résonnent comme ceux d'un joueur qui se sentait prêt, et qui ne comprend pas la porte fermée.
Un déclin né des blessures
Pour saisir la situation, il faut remonter le fil. Pendant des années, Bennacer fut une référence du milieu algérien, métronome des champions d'Afrique. Mais les pépins physiques à répétition ont peu à peu rogné son temps de jeu et freiné sa progression. De cadre indiscutable, le natif d'Arles a glissé vers un statut plus incertain, victime d'une régression que personne ne lui souhaitait.
C'est tout le paradoxe de son histoire récente : ce n'est pas le talent qui a fui, mais le corps qui a lâché par moments. Les blessures ont fait ce que les adversaires n'avaient jamais réussi à faire.
"Je suis dans l'incompréhension"
Le plus dur, dans son cas, c'est le timing. Au moment où il est écarté, Bennacer assure être enfin revenu à son meilleur niveau. "Quand tu te sens bien physiquement, que tu travailles, que tu reviens à un bon niveau et que tu as ce rêve de Coupe du monde avec ton pays depuis des années, c'est forcément difficile à accepter", confie-t-il, tout en respectant le choix du sélectionneur.
Apte, disponible, déterminé : le joueur formé à Arsenal coche les cases au pire moment pour lui. Petkovic lui a préféré Nabil Bentaleb, pourtant absent de la dernière CAN. Un choix qui interroge, tant l'expérience de Bennacer aurait eu de la valeur sur la scène mondiale.
Le héros de 2019 que l'on oublie trop vite
N'oublions jamais d'où vient cet homme. En 2019, Ismaël Bennacer n'était pas un simple maillon des champions d'Afrique : il fut élu meilleur joueur de la CAN remportée par l'Algérie en Égypte. À 21 ans, il dictait le tempo d'une sélection sacrée sur le continent. Un palmarès individuel que peu d'Algériens peuvent revendiquer.
Voilà pourquoi son absence pique autant. On ne parle pas d'un joueur lambda, mais du meilleur élément de la dernière épopée victorieuse des Verts. Un joueur de cette dimension, revenu de blessure, méritait sans doute qu'on lui tende la main une dernière fois. Une seconde chance n'aurait pas été un cadeau, mais une reconnaissance.
Et maintenant ?
Bennacer, lui, a choisi la dignité : "quoi qu'il arrive, je serai derrière mes frères", a-t-il promis, se disant prêt à répondre présent en cas de besoin. Reste une question qui hantera les débats jusqu'au coup d'envoi : l'Algérie n'a-t-elle pas tourné le dos trop tôt à l'un de ses plus beaux talents ? Le terrain, comme toujours, finira par trancher.
*Source : Foot Mercato / La Gazette du Fennec*
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