Essaïd Belkalem : hommage à un roc discret des Verts
Du sacre de la JSK au Mondial 2014, retour sur la carrière d'un défenseur que les blessures ont freiné, mais que personne n'a oublié chez les Fennecs.
Il y a des joueurs dont on parle peu, mais qu'on n'oublie jamais. Essaïd Belkalem fait partie de cette catégorie. Défenseur central des Verts entre 2012 et 2018, le natif de Mekla incarnait une certaine idée du football : solide, sobre, fiable. À l'heure où l'Algérie prépare une nouvelle génération pour la Coupe du Monde 2026, il n'est pas inutile de rendre hommage à ce roc discret qui a porté le maillot national avec une dignité rare.
Belkalem n'a jamais été du genre à faire du bruit. Et pourtant, dans les moments qui comptaient, le Kabyle était souvent là. C'est précisément cela qui mérite qu'on s'y arrête.
De la JS Kabylie à l'Europe
Formé et révélé à la JS Kabylie, Belkalem s'est imposé très tôt comme un patron de la défense. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, le défenseur algérien dégageait une autorité naturelle, faite de placement, de jeu de tête et de calme. Avec les Canaris, il a goûté à la Ligue des Champions africaine et marqué les esprits par sa maturité précoce.
Cette régularité lui a ouvert les portes de l'Europe. En 2013, le colosse rejoint l'Espagne et Grenade, avant d'enchaîner avec Watford en Angleterre, un prêt à Trabzonspor en Turquie, puis un passage par Orléans en France. Un parcours de joueur exporté, à une époque où peu de défenseurs algériens franchissaient le pas. La diaspora, de Manchester à Marseille, suivait alors de près l'aventure européenne du Kabyle.
Un cadre apprécié de Vahid
C'est sous l'ère Vahid Halilhodžić que Belkalem a connu ses plus belles heures en sélection. Le technicien bosnien, réputé exigeant et difficile à satisfaire, appréciait chez lui ce qu'il recherchait avant tout : la solidité, la rigueur et un comportement irréprochable au quotidien. Vahid n'était pas homme à distribuer les compliments, mais il a toujours valorisé ce profil de défenseur sérieux, professionnel, qui ne triche jamais à l'entraînement comme en match.
Avec les Fennecs, le défenseur a participé à la belle aventure du Mondial 2014 au Brésil, l'une des pages les plus marquantes de l'histoire de l'Algérie, conclue par cette qualification historique pour les huitièmes de finale. Porter le maillot des Verts dans un tel tournoi, c'est déjà entrer dans la mémoire collective.
Un grand défenseur ne se mesure pas au bruit qu'il fait, mais au calme qu'il installe.
Le combat contre les blessures
Reste cette part d'inachevé qui rend son histoire à la fois belle et amère. La carrière de Belkalem a été lourdement freinée par les blessures, au genou notamment, qui l'ont éloigné des terrains à plusieurs reprises et l'ont privé d'une partie de son potentiel. On ne saura jamais jusqu'où le Kabyle aurait pu aller sans ces coups d'arrêt à répétition.
Mais réduire son parcours à ses blessures serait injuste. Car Belkalem, c'est aussi un joueur revenu encore et encore, refusant de baisser les bras, voulant rejouer là où tout avait commencé, à la JSK. Le talent ouvre des portes, mais c'est le caractère qui force le respect.
Ce qu'il laisse aux Verts
Aujourd'hui retiré des terrains, Essaïd Belkalem appartient à cette lignée de défenseurs algériens fiables et droits qui ont tenu l'arrière-garde des Fennecs sans réclamer la lumière. À l'heure où l'Algérie cherche ses prochains cadres défensifs pour le Mondial 2026, son exemple reste précieux : celui d'un joueur qui a tout donné, dans les bons jours comme dans l'adversité. Et c'est peut-être le plus bel hommage qu'on puisse lui rendre.
*Source : archives DzChronique*
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