Kohili (Paradou) : Metz et l'ASSE se disputent l'attaquant
À 20 ans, Ben Ahmed Kohili est pisté par le FC Metz et l'AS Saint-Étienne. Une nouvelle confirmation que le Paradou reste la pépinière du football algérien.
Le Paradou AC s'apprête peut-être à exporter un nouveau talent. Selon les informations relayées par Foot Mercato et confirmées par plusieurs sources spécialisées, Ben Ahmed Kohili, jeune attaquant de 20 ans formé à l'académie algéroise, est dans le viseur de deux clubs français : le FC Metz, fraîchement relégué en Ligue 2, et l'AS Saint-Étienne, qui dispute actuellement les barrages d'accession à la Ligue 1. Estimé à 400 000 euros sur Transfermarkt, le Paradouéen pourrait bientôt rejoindre la longue lignée de jeunes algériens partis se former et briller dans les championnats européens via le Paradou. Une fois encore, le club algérois fait parler son rôle de pépinière de talents. Au Paradou, on ne forme pas. On fabrique.
Ben Ahmed Kohili : portrait d'une pépite discrète
Pour comprendre pourquoi deux clubs français se mobilisent sur son dossier, il faut regarder ses chiffres dans le contexte. Ben Ahmed Kohili n'a pas eu une saison de premier plan en Ligue 1 Mobilis 2025-2026, avec seulement 10 apparitions au compteur dont 6 titularisations. Mais sur ce temps de jeu réduit, le natif d'Alger a inscrit 4 buts et délivré 1 passe décisive. Un rendement remarquable pour un attaquant de 20 ans qui partage son couloir offensif avec plusieurs profils établis dans la rotation.
Sur le plan international, le parcours est tout aussi prometteur. Kohili a déjà porté les couleurs des sélections U20 et U23, avant d'intégrer l'équipe A' algérienne, celle des joueurs locaux. Madjid Bougherra l'avait convoqué pour le CHAN 2025, sans toutefois le faire entrer en jeu durant la compétition. Une expérience formatrice malgré tout, qui a confirmé son statut de joueur à suivre. À 20 ans, le Paradouéen est exactement dans la fenêtre où les recruteurs européens commencent à se positionner sérieusement. Son profil — mobile, percutant, à l'aise dans les espaces — colle parfaitement à ce que cherchent les clubs français en début de Ligue 2 ou en début de Ligue 1.
Metz et l'ASSE en duel : un transfert qui se joue à la division
C'est ici que le dossier devient piquant. D'un côté, le FC Metz, qui vient officiellement d'être relégué en Ligue 2 après une saison cauchemardesque conclue par un 0-4 à domicile face à Lorient. Le club mosellan, habitué à dénicher de jeunes talents africains (avec une vraie politique de recrutement en Afrique de l'Ouest), pourrait offrir à Kohili un statut de titulaire dès son arrivée. De l'autre côté, l'AS Saint-Étienne, désormais propriété du fonds canadien Kilmer Sports Ventures, qui joue son retour en Ligue 1 via les barrages des 21 et 24 mai face à un adversaire encore inconnu.
Le choix se jouera donc en partie sur le statut sportif des deux courtisans. Si l'ASSE remonte en Ligue 1, elle aura clairement une longueur d'avance dans le dossier, car le projet et la visibilité de la Ligue 1 restent supérieurs. Si elle échoue, les deux clubs se retrouveront à armes égales en Ligue 2, et c'est la profondeur du projet sportif qui fera la différence. Et soyons francs : à 20 ans, Ben Ahmed Kohili a tout intérêt à choisir le club qui lui garantira le plus de temps de jeu, pas forcément le plus prestigieux à court terme.
Le Paradou AC : une pépinière qui fait briller les Fennecs
L'autre histoire derrière ce mercato, c'est celle du Paradou. Depuis sa fondation en 1994 et son partenariat historique avec la JMG Academy de Jean-Marc Guillou (le même qui a produit les frères Touré, Yaya, Kolo, Salomon Kalou et tant d'autres talents africains), le PAC s'est imposé comme la meilleure structure de formation du football algérien. Aucun club du pays ne rivalise avec ses méthodes de détection, son travail technique sur les jeunes catégories et sa capacité à les exporter.
La liste des Fennecs passés par le Paradou parle d'elle-même. Ramy Bensebaïni, aujourd'hui taulier de Dortmund et de la défense de l'Algérie. Youcef Atal, ancien latéral de Nice. Hicham Boudaoui, milieu titulaire du Niçois depuis plusieurs saisons. Adil Boulbina, ailier qui a brillé avec Wadi Degla puis en Arabie saoudite. Plus récemment, Zinedine Belaïd et Yacine Abed, qui s'imposent déjà chez les Verts et chez les U17 algériens. Sans oublier Mohamed Amoura (Wolverhampton), passé par les jeunes du Paradou avant d'éclore ailleurs. La pépinière algéroise alimente toutes les générations.
L'Algérie a un club qui forme. Reste à savoir où s'arrête la chaîne. Et ce travail de formation, salué partout en Afrique, est devenu l'un des éléments structurants de la montée en puissance des Fennecs depuis dix ans. Sans le Paradou, l'Algérie d'aujourd'hui n'aurait pas le même visage.
Et maintenant : un nouveau train à prendre ?
Et maintenant ? Tout va se jouer dans les prochaines semaines. Kohili attendra probablement de connaître l'issue des barrages de l'ASSE (24 mai) avant de trancher. Le Paradou, de son côté, doit aussi penser à son intérêt : vendre à 400 000 euros un joueur qui pourrait être valorisé bien plus haut dans deux ans n'est pas forcément la meilleure stratégie. Mais l'expérience montre que partir tôt en Europe est souvent décisif pour la suite d'une carrière. Ramy Bensebaïni était parti à 21 ans à Rennes. Boudaoui à 19 ans à Nice. Atal à 20 ans à Eupen. Un attaquant venu du Paradou, c'est rarement un mauvais pari.
La diaspora algérienne, de Paris à Marseille, de Bruxelles à Genève, attend déjà de voir où signera Ben Ahmed Kohili pour l'accompagner dans son aventure européenne. Si la signature se concrétise, ce sera une nouvelle preuve que la machine algéroise tourne à plein régime. Et qu'à chaque mercato estival, il faudra désormais regarder du côté du Paradou pour repérer la future étoile des Fennecs.
Le Paradou AC doit-il continuer à exporter ses talents dès 20 ans, ou les retenir un peu plus longtemps pour faire monter leur valeur marchande et leur niveau technique ?
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