Samir Chergui : un Mondial 2026 à arracher avec le cœur
Blessé puis revenu sur le tard, Samir Chergui joue sa place pour le Mondial 2026. Les Fennecs auraient pourtant tout à gagner à voir le Parisien dans la liste finale.
À deux semaines de l'annonce de la liste définitive des 26 par Vladimir Petković, le cas Samir Chergui divise et inquiète à la fois. Le défenseur du Paris FC, qui s'était imposé comme l'une des plus belles révélations défensives des Fennecs depuis sa première sélection en octobre 2025, n'a pas connu la saison qu'il méritait. Une succession de blessures aux ischio-jambiers l'a tenu loin des terrains pendant près de trois mois, et compromet aujourd'hui sa place pour le Mondial 2026. Et pourtant, Samir Chergui mérite ce voyage en Amérique. Il l'a mérité par son jeu, par sa rigueur, par tout ce qu'il a déjà apporté à la défense algérienne en si peu de matchs. Le talent ne triche pas. Chergui en a, et beaucoup.
Une révélation défensive d'octobre 2025
Souvenons-nous. Quand Petkovića appelé pour la première fois le défenseur du Paris FC en octobre 2025 face au Zimbabwe puis à l'Arabie saoudite (victoire 2-0 à Djeddah), peu de supporters connaissaient vraiment le visage de Chergui. En quelques apparitions, le Parisien a balayé les doutes. Présence physique, lecture du jeu, calme dans les sorties balle au pied : tout le monde a senti qu'on tenait là un défenseur fiable, capable de stabiliser une charnière en mal de repères.
Au point que la presse l'avait rapidement surnommé "le Roc parisien". Son double profil défenseur central / latéral droit offrait à Petković une polyvalence rare, précieuse dans un secteur où l'Algérie a longtemps cherché ses solutions. Sélectionné avec confiance pour la CAN 2025 malgré une première alerte musculaire en novembre, Samir Chergui semblait parti pour devenir l'un des hommes forts du Mondial. Avant que la malchance ne s'invite.
La poisse des blessures qui ne le lâche pas
Tout a basculé le 28 décembre 2025, lors du deuxième match de la CAN 2025 face au Burkina Faso. À l'heure de jeu, Chergui sort sur blessure. Une rechute aux ischio-jambiers, déjà fragilisés par sa première lésion contre Lille fin novembre. La rechute sera longue, dure, presque cruelle. Trois mois sans terrain, des entraînements arrêtés à mi-séance, et finalement un retour en compétition fin mars avec une simple entrée en jeu à Lorient sous le maillot du Paris FC.
Le temps perdu pèse forcément. Après une titularisation prometteuse à Metz dans un rôle inhabituel de milieu défensif, Samir Chergui a tenté de retrouver son rythme, mais le compte à rebours pour le Mondial 2026 ne lui pardonne pas grand-chose. La concurrence, elle, n'a pas attendu : Rafik Belghali s'est imposé à Vérone, Achref Abada a brillé en arrière droit lors des deux derniers amicaux des Verts (Guatemala, Uruguay), et Zineddine Belaïd a confirmé son potentiel au centre. Un défenseur qui rassure, ça ne se trouve pas tous les jours. Et c'est pourtant ce que Chergui offre à cette équipe d'Algérie.
Pourquoi Chergui fait du bien à la défense algérienne
Soyons francs : la défense algérienne n'a pas l'embarras du choix. La blessure de Bensebaïni au pied jette une incertitude majeure sur le côté gauche. Atal est forfait pour le Mondial. Mandi vieillit dans le bon sens du terme, mais souffre face aux attaquants rapides. Dans ce contexte, le profil de Samir Chergui est précieux. Il offre quatre qualités que l'Algérie cherche désespérément : la polyvalence (axe et flanc droit), la rigueur défensive, l'agressivité dans les duels, et un calme balle au pied dans les premières relances.
Sa qualité d'anticipation, en particulier, en fait un défenseur du XXIe siècle, capable d'éviter les recours systématiques au duel physique. Face à l'Argentine de Messi, c'est exactement ce profil qui peut faire la différence sur un détail. Le sélectionneur le sait. La preuve : malgré les blessures, Petković a maintenu Chergui dans la liste élargie de 55 joueurs transmise à la FIFA. Une présence qui prouve la confiance maintenue par le technicien suisso-bosnien, même dans l'incertitude.
Une place au Mondial qui se mérite encore
Et maintenant ? Tout va se jouer dans le stage de Sidi-Moussa, à partir du 25 mai. Samir Chergui devra y arriver dans la meilleure condition physique possible, prêt à convaincre lors des séances d'entraînement, et idéalement saisir une opportunité face aux Pays-Bas le 3 juin à Rotterdam. Une bonne prestation lors de cet ultime test grandeur nature pourrait changer la donne. À l'inverse, une rechute physique signifierait une absence cruelle pour le rendez-vous américain.
La diaspora algérienne, de Paris à Bruxelles, suit avec une affection particulière le parcours du Parisien. Un défenseur formé en France, qui a choisi l'Algérie, qui s'est rapidement intégré au groupe et qui a su gagner sa place par le travail : c'est exactement le profil qui parle aux supporters des Verts. Personne, dans cette communauté, ne souhaite voir Samir Chergui rester à la maison cet été. Le Mondial mérite
Chergui. Reste à Chergui de mériter le Mondial.
Une chose est certaine : Petković dispose là d'une option précieuse qu'il serait dommage de sacrifier sur l'autel d'une concurrence trop sévère. Quelques minutes contre l'Argentine, l'Autriche ou la Jordanie pourraient changer beaucoup de choses pour les Fennecs. Et donner à un joueur qui a beaucoup souffert cette saison une revanche qu'il mérite. Bonne chance Samir. L'Algérie compte aussi sur toi.
Petković doit-il faire confiance à Samir Chergui pour le Mondial 2026 malgré ses blessures, ou la stabilité physique de Belghali et Abada rend-elle son choix logique ?
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !
