Algérie : Belaïd et Abada, deux défenseurs qui s'imposent
Avec Bensebaïni incertain, Belaïd et Abada tiennent la corde en défense. Et si l'Algérie passait à 3 défenseurs face à l'Argentine ? Une option qui se discute.
À un mois du coup d'envoi du Mondial 2026, la défense de l'Algérie est au cœur de toutes les discussions. La blessure au pied de Ramy Bensebaïni, contractée le 26 avril face à Fribourg, l'a contraint à mettre fin à sa saison de Bundesliga. Son retour à temps pour les Fennecs n'est pas garanti, et Vladimir Petković doit déjà envisager toutes les options. Bonne nouvelle : la profondeur d'effectif algérienne offre désormais de vraies alternatives, à commencer par Zinedine Belaïd et Achref Abada. Mauvaise nouvelle : il faudra trancher vite, surtout face à l'Argentine de Messi.
Bensebaïni, l'inconnue qui rebat les cartes
Les déclarations de Niko Kovač, l'entraîneur du Borussia Dortmund, ne laissent guère de place au doute : « Ramy ne s'en sortira pas. Il souffre toujours du pied. » Le natif de Constantine ratera la fin de saison en Bundesliga, et son retour pour le Mondial relève désormais d'une course contre la montre. Or Bensebaïni, c'est le taulier de l'arrière-garde algérienne depuis 2017, capable d'évoluer dans l'axe comme à gauche, et l'un des défenseurs africains les plus efficaces offensivement en Europe (7 buts, 3 passes décisives cette saison).
Sa polyvalence est précieuse, son absence éventuelle créerait un vide réel. Mais elle pourrait aussi être l'occasion de repenser l'animation défensive des Verts, surtout face à un groupe J relevé qui comprend l'Argentine, l'Autriche et la Jordanie. Une défense à quatre n'est qu'un système. Une défense intelligente est une arme.
Belaïd, la solution rapide que Mandi peine à incarner
C'est l'enseignement majeur des deux derniers amicaux. Face au Guatemala (victoire 7-0) puis face à l'Uruguay (0-0 à Turin), Zinedine Belaïd a livré des prestations d'une maturité étonnante. Face à la Céleste, le jeune défenseur algérien a affiché 98 % de réussite à la passe (39/40), terminant tout simplement meilleur passeur du match, devant Ronald Araújo et Mathías Olivera. Une statistique qui dit tout de son aisance technique et de sa lecture du jeu.
Mais ce qui fait sa vraie valeur ajoutée, c'est sa vitesse. Aïssa Mandi, immense par son expérience et son sens du placement, montre depuis quelques saisons des limites évidentes face aux attaquants rapides. Mandi est un patron. Mais face à un Messi, le patron doit aussi courir. Belaïd, lui, offre cette capacité à couvrir les dos, à rattraper sur la profondeur, à anticiper les déclenchements. À 23 ans, il a déjà l'épaisseur d'un titulaire indiscutable pour le Mondial.
Abada, le couteau suisse qui change la donne
L'autre option qui change tout, c'est Achref Abada. Le sociétaire de l'USM Alger, déjà titré champion d'Afrique des nations A' et impressionnant lors de la dernière Coupe Arabe, a su saisir sa chance lors des deux derniers amicaux des Fennecs. Aligné en arrière droit pour dépanner, il y a montré une justesse défensive et une autorité dans les duels qui n'ont échappé à personne. Mieux : son profil dépasse largement le simple latéral.
Achref Abada, c'est avant tout un défenseur central rapide, fort dans les interventions, redoutable dans l'anticipation. La diaspora algérienne, qui découvre progressivement son potentiel, sent bien qu'on tient là un profil rare. Un défenseur axial qui peut glisser sur le côté sans déséquilibrer le bloc, qui peut sortir balle au pied, et qui peut évoluer aussi bien dans une défense à 4 qu'à 3. Pour Petković, c'est tout simplement la pièce qui débloque plusieurs schémas tactiques.
Et si Petković passait à trois ?
C'est la grande question stratégique du moment. Face à une Argentine qui alignera Messi, Julián Álvarez, Mac Allister, Enzo Fernández et compagnie, défendre à plat à quatre peut vite tourner au cauchemar. Le 3-5-2 ou le 3-4-3 offre plusieurs avantages : densifier la zone centrale où l'Argentine fait mal, libérer les pistons sur les flancs pour les transitions, et permettre à un défenseur rapide comme Belaïd de couvrir un Mandi plus statique mais expérimenté.
Avec une charnière à trois composée de Mandi, Bensebaïni (s'il est rétabli) et Belaïd, complétée par Abada en piston droit et Aït-Nouri à gauche, l'Algérie aurait toutes les armes pour neutraliser l'animation offensive argentine sans renoncer à un jeu de transition tranchant. Le scénario tient la route. Et soyons francs : depuis l'ère Belmadi, jamais l'effectif n'a offert autant de combinaisons crédibles dans cette zone du terrain. Belaïd impressionne par sa simplicité, Abada par sa polyvalence, Petković par son silence.
Et maintenant ? Le rassemblement débute le 25 mai, l'amical face aux Pays-Bas le 3 juin à Rotterdam, et il faudra trancher rapidement. Belaïd a montré qu'il pouvait être titulaire. Abada a prouvé qu'il était bien plus qu'une simple roue de secours. Et Petković tient peut-être là, dans ce 3-4-3 osé, la clé qui peut faire de cette Algérie le poil à gratter du Groupe J. À condition d'oser.
Que pensez-vous de passer à 3 défenseurs plutôt que 4 face à l'armada offensive de l'Argentine ? Pari audacieux ou suicide tactique ?
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