Finale C.CAF : Soustara au Caire pour pousser l'USMA
Des centaines de supporters de l'USMA ont fait le déplacement au Caire pour soutenir leurs Rouge et Noir en finale retour de la Coupe de la Confédération.
C'est l'autre histoire de cette finale. Ce samedi 16 mai 2026, au Cairo International Stadium, l'USM Alger ne disputera pas seulement la finale retour de la Coupe de la Confédération de la CAF face au Zamalek. Elle disputera aussi un match dans le match : celui des tribunes. Et de ce côté-là, Soustara n'a pas chômé. Des centaines de supporters Rouge et Noir ont fait le déplacement depuis Alger jusqu'au Caire, par tous les moyens, pour pousser leur équipe vers une deuxième étoile africaine. Une fidélité qui force le respect. Une finale, ce n'est pas juste un match. C'est une migration de passion.
Le voyage : une logistique de passionnés
Le déplacement ne s'improvise pas. Entre les vols directs d'Air Algérie vers Le Caire, les escales via Istanbul ou Tunis pour ceux qui ont voulu réduire la facture, et les groupes de supporters venus en bus depuis l'Algérie, l'organisation a mobilisé des semaines de préparation. Plusieurs collectifs de supporters de l'USMA ont coordonné leurs efforts pour louer des vols charters, négocier des hôtels groupés dans le quartier d'Heliopolis non loin du stade, et obtenir leurs visas égyptiens dans des délais serrés.
L'addition est conséquente : pour un supporter résidant à Alger, le déplacement complet (vol, hôtel, billet de match, repas, transports locaux) atteint facilement entre 400 et 700 euros, selon les options. C'est un sacrifice financier important, surtout en mai, mois où le pouvoir d'achat se tend pour beaucoup de familles algériennes. Mais ce sacrifice, des centaines de fidèles de Soustara l'ont fait sans hésiter. Une finale africaine ne se vit pleinement qu'au stade.
Soustara et sa galerie : une histoire de fidélité
Pour comprendre cette ferveur, il faut connaître l'USMA. Le club fondé en 1937 dans les ruelles populaires de la Casbah n'a jamais été un club facile à suivre. Plus que dans n'importe quel autre club algérois, le supporter de l'USM Alger se transmet de père en fils, dans une fidélité que la géographie ne brise jamais. La diaspora algérienne, de Paris à Bruxelles, de Marseille à Montréal, compte des milliers de Rouge et Noir qui n'ont jamais vu Soustara mais en parlent comme d'un quartier familial.
Ce supporterisme se reconnaît à ses signatures : les fumigènes maîtrisés, les chants qui durent 90 minutes, l'ambiance qui ne baisse jamais, même quand le score se grippe. À Alger, à Annaba, à Sidi Bel Abbès comme à Saint-Denis ou Anvers, la communauté Rouge et Noir va vivre ce match comme un moment de communion. Le supporter de l'USMA voyage avec ses couleurs et son éducation.
Une atmosphère qui doit rester celle du football
C'est ici qu'il faut être lucide. Les finales africaines, surtout entre clubs maghrébins et égyptiens, ont parfois connu des moments de tension qui ont éclipsé le spectacle sportif. Personne n'oublie certains précédents, ni en Algérie ni en Égypte. C'est pourquoi cette finale, attendue partout sur le continent, doit être l'occasion de montrer autre chose. Une autre image. Celle d'une rivalité sportive saine, où la passion s'exprime dans le respect, où les deux galeries se reconnaissent comme partageant le même amour du foot, même si elles défendent des couleurs opposées.
Les autorités égyptiennes ont mis en place un dispositif de sécurité renforcé, avec une zone réservée pour les supporters algériens à proximité du stade et un encadrement strict des trajets aller-retour vers les hôtels. De leur côté, les responsables des collectifs algériens ont multiplié les rappels à leurs membres : l'ambiance ne doit jamais tuer le sport. Le sport doit transcender l'ambiance. Et le respect mutuel doit être le 12e joueur des deux camps.
Le soutien dans tout le pays et la diaspora
Pour ceux qui ne pourront pas faire le déplacement — l'écrasante majorité —, le rendez-vous est fixé devant les écrans. À Alger, les cafés de Bab El Oued, Belouizdad et de la Casbah seront pleins comme jamais. Dans toutes les wilayas du pays, des écrans géants seront installés dans les places publiques pour suivre la rencontre. Et à l'étranger, la diaspora algérienne se rassemblera dans les cafés associatifs de Paris, Bruxelles, Marseille, Lyon ou Montréal, transformant un samedi soir en cérémonie collective.
Une finale, ce n'est pas seulement les 22 joueurs sur la pelouse. C'est aussi les millions de cœurs qui battent au même rythme. Et ce soir-là, peu importe le fuseau horaire, l'Algérie entière sera derrière son équipe. Une chose est certaine : la pression sur le Cairo International Stadium ne viendra pas uniquement des tribunes blanches du Zamalek.
Et maintenant ?
Et maintenant ? Coup d'envoi prévu à 21h00 (heure locale Le Caire, soit 20h00 heure algérienne), diffusion sur les chaînes habituelles. Le décor est posé. Les fidèles de Soustara sont en place, prêts à donner de la voix pour 90 minutes, voire plus si prolongation et tirs au but s'invitent au programme. Le club doit beaucoup à ces supporters qui le suivent depuis l'enfance. Une deuxième étoile africaine, trois ans après le sacre de 2023 face aux Young Africans, serait la plus belle récompense pour cette fidélité indéfectible.
À l'USMA désormais de répondre à ce soutien. À tous, supporters comme joueurs, de faire de cette finale un moment dont on parlera pour les bonnes raisons. Allez l'USMA. Toute l'Algérie est avec vous.
Les supporters de l'USMA présents au Caire peuvent-ils faire basculer une finale aussi tendue, ou la pression du Cairo International Stadium restera-t-elle imbattable pour les Rouge et Noir ?
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !
