CAN U17 : menés 0-2, les Fennecs arrachent le 2-2 face au Ghana
Asphyxiés en première période, les jeunes Verts ont réussi un retour héroïque face au Ghana grâce à Benali et Zaidi. Un penalty raté empêche la victoire (2-2).
Il y a des nuls qui valent une victoire. Celui arraché ce jeudi soir à Rabat par les Cadets d'Amine Ghimouz face au Ghana en fait partie. Menée 2-0 à la mi-temps, asphyxiée par l'intensité physique des Black Starlets, la jeune Algérie U17 a refusé de plier. Au retour des vestiaires, les jeunes Fennecsont retourné la rencontre par l'envie, la passion et la solidarité collective, grâce à Adam Benali puis Melwane Zaidi, pour finalement arracher un 2-2 héroïque qui restera dans toutes les mémoires de cette première journée du Groupe D de la CAN U17 2026. Et même un peu plus : un penalty raté par Grini à la 67e a privé les Verts d'une victoire totalement imaginable il y a une heure. Une équipe qui revient de 2-0 est une équipe qui ne meurt jamais.
Mi-temps : un cauchemar à 0-2
Tout avait pourtant mal commencé pour les jeunes Verts. Privés de Mouhammad Valmy (Stade Rennais), retenu par son club et dont l'absence avait été annoncée la veille, les protégés d'Amine Ghimouz ont d'emblée été pris à la gorge par un Ghana athlétique, agressif et tranchant dans les transitions. Comme attendu, les Black Starlets ont imposé leur physique, profitant de la fragilité initiale d'une défense algérienne qui découvrait le niveau d'une phase finale continentale. Première période ratée sur tous les plans : pertes de balle, mauvaise occupation du terrain, transitions défensives en retard.
À la pause, le constat était cruel : 0-2, et un Ghana qui semblait avoir le match en main. Dans les tribunes du Complexe Mohammed VI de Football, à Rabat, une partie de la communauté algérienne présente sur place craignait déjà le pire. Sur les réseaux sociaux, l'inquiétude montait, à juste titre. Une défaite d'entrée aurait placé les Cadets dos au mur avant même le deuxième match face à l'Afrique du Sud, samedi.
Le réveil des Verts : Benali, Zaidi et un nul arraché
Mais c'est dans les moments les plus durs qu'une génération révèle ce qu'elle a vraiment dans le ventre. Au retour des vestiaires, les jeunes Fennecs sont sortis transformés. Plus tranchants, plus agressifs, plus présents dans les duels. La récupération est devenue plus haute, la circulation du ballon plus rapide, et surtout l'envie de revenir s'est lue sur chaque visage. C'est Adam Benali qui a relancé l'espoir, en concluant brillamment une passe en profondeur signée Mahdi Maghlout (Inter Milan). Un but qui a immédiatement changé la dynamique du match et redonné un souffle inespéré à toute l'équipe.
Trois minutes plus tard, le Complexe Mohammed VI a explosé une deuxième fois. Yacine Abed dépose un centre millimétré dans la surface, et Melwane Zaidi s'élève parfaitement pour tromper le gardien ghanéen de la tête. 2-2, en seulement quelques instants. La déclaration de cœur était totale.
Et l'histoire aurait même pu être encore plus belle. À la 67e minute, les Cadets ont obtenu un penalty qui leur tendait les bras pour prendre l'avantage. Ilyes Grini s'est élancé… et a manqué le cadre. Une déception immense sur le moment, qui aurait pu plomber l'élan. Mais le groupe est resté solide jusqu'au coup de sifflet final pour conserver ce nul si précieux. Le cœur algérien ne se mesure pas à la mi-temps.
Ce que cette renaissance dit de la génération Ghimouz
Au-delà du match lui-même, c'est ce qu'il révèle de cette génération qui doit retenir l'attention. La sélection algérienne U17, construite sur une ossature mêlant l'académie du Paradou AC, les jeunes formés par la FAF et des talents binationaux européens, vient de prouver qu'elle avait les ressources mentales pour réagir dans l'adversité. Et la mixité a payé. Le but de la délivrance est venu d'une combinaison Maghlout (Inter Milan) - Benali, illustration parfaite de ce mariage entre la formation locale et l'élite européenne. L'égalisation, elle, est venue de deux talents formés au pays : Yacine Abed, cadre du milieu de terrain, et Melwane Zaidi, qui s'est offert un but symbolique en Coupe d'Afrique des Nations.
À 16 ou 17 ans, encaisser deux buts en première période d'une phase finale continentale, c'est psychologiquement écrasant. Réussir à se relever en seconde période, marquer deux buts en quelques minutes, et même obtenir un penalty à un quart d'heure de la fin, c'est la preuve qu'on a bien travaillé en amont, qu'on a confiance dans son projet de jeu, et qu'on a un staff capable de motiver son groupe à la pause. Amine Ghimouz vient de réussir son premier vrai test de coaching d'urgence. Et ce point arraché vaut son pesant d'or.
Ce qui attend l'Algérie face à l'Afrique du Sud et au Sénégal
Et maintenant ? Le calendrier ne laisse aucun répit. Dès samedi 17 mai à 17h00 (heure locale), les Cadets affronteront l'Afrique du Sud pour la deuxième journée. Une rencontre qui devient absolument capitale pour la suite. Avec ce point arraché face au Ghana, et le retour annoncé de Mouhammad Valmy dans le groupe, les jeunes Fennecs auront toutes les cartes en main pour décrocher une victoire qui leur ouvrirait grand la porte des quarts de finale.
Le troisième et dernier match du groupe se jouera le mardi 20 mai à 20h00 face au Sénégal, champion d'Afrique U17 2023. Trois points face à l'Afrique du Sud changeraient totalement la perspective : cela placerait l'Algérie en position de jouer sa qualification au Mondial U17 du Qatar dès la deuxième journée, sans avoir à s'inquiéter du résultat face aux Lionceaux sénégalais. Un scénario qui semblait encore lointain à la mi-temps de ce premier match. Une CAN se gagne aussi avec des comebacks qui marquent les esprits.
Et maintenant ?
Et maintenant ? Il faut savourer ce que cette équipe vient de faire, sans s'emballer. Le Ghana n'était pas n'importe quel adversaire, et la remontée depuis 0-2 reste un fait rare à ce niveau. La diaspora algérienne, de Paris à Bruxelles, de Marseille à Montréal, qui a suivi ce match en direct sur CAF TV, peut désormais croire en cette génération. Une défaite était possible, voire probable à la pause. Le résultat final est une vraie petite victoire morale, qui peut tout changer pour la suite.
Une chose est certaine : avec ce caractère, avec cette envie, avec ce refus de baisser les bras, l'Algérie vient de prouver qu'elle est venue au Maroc pour exister, pas pour faire de la figuration. Bravo Benali, bravo Zaidi, bravo Maghlout, bravo Abed. Bravo aux Cadets. Maintenant, place à l'Afrique du Sud.
Après cette remontée héroïque face au Ghana, l'Algérie peut-elle viser la qualification directe dès samedi face à l'Afrique du Sud, ou le penalty raté de Grini est-il un signal d'alerte pour la suite ?
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