CAN U17 : l'Algérie sans Valmy pour son entrée face au Ghana
La sélection algérienne U17 démarre la CAN au Maroc privée de Mouhammad Valmy, retenu par son club. Un coup dur d'entrée pour les Aiglons d'Amine Ghimouz.
C'est l'histoire d'un coup dur qui tombe au pire moment. À la veille de son entrée en lice dans la CAN U17 2026 organisée au Maroc, la sélection algérienne des moins de 17 ans vient d'annoncer une mauvaise nouvelle. Mouhammad Valmy, l'un des éléments attendus du onze d'Amine Ghimouz, manquera le premier match des Aiglons face au Ghana ce jeudi 14 mai. La raison ? Une arrivée tardive au regroupement, le coach de son club ayant demandé à le conserver pour disputer une rencontre importante au préalable. Une absence qui en dit long sur les tiraillements récurrents entre clubs et sélections jeunes. Quand un club joue son match, c'est la sélection qui paye.
Mouhammad Valmy out pour Algérie - Ghana
L'information a été confirmée par le journaliste Samir Kaabouche et reprise par plusieurs médias spécialisés ce mercredi. Mouhammad Valmy, attendu comme un élément important du groupe des Aiglons, ne sera pas dans l'effectif pour l'entrée en lice de l'Algérie dans cette CAN U17. Il rejoindra le groupe à temps pour disputer le deuxième match, programmé le 17 mai face à l'Afrique du Sud. Une absence d'autant plus regrettable que les Verts auraient eu besoin de tous leurs cadres dès la première journée, face à un Ghana réputé pour son intensité physique et son agressivité offensive.
Pour le sélectionneur Amine Ghimouz, qui a soigneusement préparé son onze pendant les semaines précédant le tournoi, c'est un casse-tête de dernière minute. Une absence imprévue, à 24 heures du coup d'envoi, oblige à remanier des automatismes et à repenser une partie du plan de jeu. Soyons francs : un staff technique ne devrait jamais avoir à improviser à un tel moment.
Quand un club fait passer ses intérêts avant la sélection
Au-delà du cas individuel, l'épisode soulève une question récurrente du football algérien et africain en général : comment protéger les sélections nationales jeunes face aux clubs employeurs ? La réglementation FIFA prévoit pourtant des dispositions claires pour les compétitions officielles comme la CAN U17. Mais entre les calendriers serrés, les enjeux sportifs des clubs et les négociations en coulisses, la libération des joueurs s'apparente parfois à un parcours du combattant pour les fédérations.
Le cas Valmy n'est pas isolé. La sélection algérienne a déjà connu plusieurs épisodes similaires sur les catégories jeunes, parfois avec des dénouements plus graves. À 17 ans, on ne devrait pas avoir à choisir entre son club et son pays. C'est tout l'enjeu d'une politique fédérale ambitieuse pour les jeunes : structurer les rapports avec les clubs employeurs, anticiper les rassemblements, et défendre fermement les intérêts du maillot vert quand il le faut.
Une CAN U17 capitale pour les Aiglons
L'enjeu de cette Coupe d'Afrique des Nations U17 dépasse largement le résultat immédiat. Au Maroc du 13 mai au 2 juin, les seize meilleures sélections continentales s'affrontent pour décrocher non seulement le titre africain, mais aussi le précieux billet pour la Coupe du Monde U17 prévue en fin d'année 2026 au Qatar. Pour les Aiglons, c'est l'occasion de se hisser parmi l'élite continentale, de se confronter à des adversaires solides comme le Ghana, le Sénégal et l'Afrique du Sud dans ce groupe D dense, et de poser les jalons d'une génération qui pourrait, à terme, alimenter la sélection A.
Le palmarès de l'Algérie à ce niveau reste modeste : deux titres lointains datant de 1985 et de 1987. Depuis, les Aiglons cherchent à revenir au sommet, alors que des nations comme le Nigeria, le Mali ou le Maroc, justement tenant du titre, ont pris une longueur d'avance dans la formation des jeunes talents continentaux. Une CAN U17 ne se gagne pas, elle se vole — et il faut pouvoir commencer fort.
Ce qu'attend l'Algérie de cette CAN
Et maintenant ? Ghimouz devra composer sans Valmy pour le match d'ouverture face au Ghana, et espérer une réaction collective des Aiglons pour ne pas démarrer le tournoi par un faux pas. La diaspora algérienne, qui suit attentivement les performances des jeunes sélections depuis la France, la Belgique ou le Canada, attend de cette génération qu'elle confirme le travail de fond engagé par la FAF en matière de détection et de formation.
Pour les futurs noms du football algérien, une CAN U17 réussie est souvent le tremplin vers une trajectoire européenne. Ramy Bensebaïni, Ramiz Zerrouki ou plus récemment Anis Hadj Moussa ont tous bénéficié de ces vitrines continentales avant d'éclore. Une chose est certaine : à 17 ans, on n'a pas le droit de rater son rendez-vous quand la lumière s'allume enfin. Aux Aiglons, désormais, d'écrire leur propre chapitre — avec ou sans Mouhammad Valmy pour le démarrage.
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