Affaire Abed : le Qatar, le Paradou et la pépite qui affole l'Algérie
Parti précipitamment à Doha en pleine polémique de naturalisation, le prodige de 16 ans devrait finalement rentrer au pays. Récit d'un week-end de folie.
Le football algérien a vécu un week-end sous haute tension. Tout commence samedi, lorsque le quotidien El Khabar révèle une information stupéfiante : Yacine Abed, 16 ans, l'une des grandes révélations de la sélection U17 lors de la dernière CAN de la catégorie, a quitté précipitamment le territoire national pour rallier Doha, accompagné de ses parents, afin de s'engager avec Al Ahli SC. Le plus troublant : soixante-douze heures plus tôt, l'ailier formé au Paradou AC se trouvait encore en stage avec les U17 algériens à Sidi-Moussa.
Le spectre de la naturalisation
Derrière ce départ éclair, la presse algérienne voit la main d'une stratégie bien connue : la politique qatarie de naturalisation de jeunes footballeurs, destinée à alimenter sa sélection nationale. Le précédent Omar Rafik, en 2025, est encore dans toutes les mémoires. Cette fois, la cible serait un joueur originaire d'Oran, passé par le MC Oran avant de rejoindre l'académie du Paradou, et considéré comme l'un des plus grands espoirs de sa génération.
Le Paradou monte au créneau
Pointé du doigt par l'article d'El Khabar, qui s'interrogeait sur son rôle dans l'opération, le Paradou AC a répliqué samedi par un communiqué d'une fermeté rare. Le club rejette catégoriquement toute insinuation d'avoir organisé, favorisé ou toléré ce départ, rappelle qu'Abed est lié par un contrat d'aspirant déposé à la LFP le 13 janvier 2026, exige des preuves de la part du quotidien et n'exclut pas de saisir la justice. Le PAC précise également avoir alerté officiellement la FAF après avoir constaté l'absence inexpliquée du joueur et multiplié en vain les tentatives de contact avec son entourage.
La FIFA, rempart décisif
Et soyons francs : dans ce dossier, c'est le règlement qui a probablement sauvé le football algérien. Les transferts internationaux de mineurs sont strictement encadrés par la FIFA, et un joueur de 16 ans sous contrat ne peut s'engager librement avec un club étranger. Selon le journaliste Yacine Lamari, la tentative de naturalisation aurait ainsi buté sur cet obstacle réglementaire, combiné à l'intervention de parties influentes. Résultat, selon plusieurs sources concordantes : Abed devrait regagner l'Algérie et poursuivre sa saison avec son club formateur.
Une affaire loin d'être terminée
Ce dénouement provisoire ne règle pourtant rien sur le fond. Le Paradou devra sécuriser contractuellement la situation de son joyau avant sa majorité, faute de quoi le scénario pourrait se répéter dès ses 18 ans. Et au-delà du cas Abed, c'est toute la question de la protection des jeunes talents algériens face aux appétits étrangers qui se pose, au moment où la sélection cherche justement à retenir ses rares pépites.
Une chose est certaine : le silence du principal intéressé et de sa famille laisse encore bien des zones d'ombre sur les coulisses de cet épisode.
Le jour où le football algérien se dotera d'une vraie politique de protection de ses cerveaux, les émissaires étrangers repartiront les mains vides.
Sources : La Gazette du Fennec, TSA, Fennec Football, Foot Africa, Just Info DZ
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