Le choix de Boulbina va faire débat
Annoncé en Europe et prêt à des sacrifices financiers pour y parvenir, l'attaquant algérien quitte finalement Al-Duhail pour Al-Diriyah, promu ambitieux de la Saudi Pro League.
Le feuilleton Adil Boulbina vient de connaître un dénouement que personne n'avait écrit. Alors que l'attaquant international algérien poussait pour rejoindre l'Europe, au point d'accepter une baisse de salaire, et que Djamel Belmadi verrouillait sa porte à Al-Duhail, c'est finalement une troisième voie qui l'a emporté : l'ancien Paradiste s'engage avec Al-Diriyah, promu de la Saudi Pro League, où il a passé sa visite médicale avant de parapher son contrat. L'Europe attendra, encore.
Un dénouement express et inattendu
Tout s'est accéléré en quelques jours. Il y a une semaine à peine, le dossier semblait figé : un joueur décidé à tenter sa chance en Belgique ou en Allemagne, un entraîneur inflexible, un club qatari réclamant 10 à 12 millions d'euros. Puis Al-Diriyah a surgi, après le refus du Brésilien Malcom de rejoindre le club, et l'opération s'est bouclée à grande vitesse. Selon Foot Afrique, le transfert avoisinerait les 13 millions de dollars, une excellente affaire pour Al-Duhail qui avait recruté le joueur pour environ 4 millions un an plus tôt, et dont le Paradou AC touchera une part substantielle grâce à sa clause à la revente. Détail savoureux : le promu saoudien avait d'abord rêvé de Riyad Mahrez, qui a décliné en l'absence de Ligue des champions asiatique.
Sportivement, le projet n'est pas dénué d'arguments : un club ambitieux dirigé par le Portugais Bruno Lage, passé par Benfica et Wolverhampton, un statut de recrue phare, et le championnat le plus relevé du Golfe comme nouvelle scène. Après sa saison réussie au Qatar, 13 buts et 7 passes décisives en 32 matchs, Boulbina y gagnera en exposition et en intensité.
La question qui fâche
Et soyons francs : ce transfert relance un débat légitime. À 23 ans, au sommet de sa cote après une CAN 2025 marquante et un triplé mémorable en Ligue des champions asiatique face à Al-Ittihad, l'ailier disposait peut-être de sa dernière grande fenêtre pour tenter l'Europe dans de bonnes conditions. Les intérêts existaient, sa volonté aussi. Voir ce rêve repoussé une deuxième fois en deux étés, après la promesse initiale d'un Al-Duhail tremplin vers le Vieux Continent, interroge sur les mécanismes qui retiennent les talents algériens dans le Golfe : montants de transfert dissuasifs, salaires impossibles à égaler, clubs vendeurs en position de force.
La réponse du joueur à ce débat tiendra en une donnée : ses performances. Le championnat saoudien, où évoluent certains des meilleurs joueurs du monde, offre une vitrine réelle à qui la saisit. Un Boulbina dominant en Saudi Pro League restera sous les radars européens, et sous ceux, plus importants encore, du futur sélectionneur des Verts.
La sélection comme boussole
Une chose est certaine : dans l'immédiat, l'essentiel est ailleurs. Boulbina retrouve un statut, du temps de jeu garanti et un projet qui le place au centre. À trois semaines du rassemblement de septembre et du début des qualifications de la CAN 2027, avec une place de titulaire à conquérir sur l'aile gauche algérienne, c'est tout ce qui compte vraiment.
Le jour où Adil Boulbina signera enfin dans un club européen, ce détour saoudien sera jugé sur pièces : étape intelligente ou rendez-vous manqué. En attendant, à lui de faire de Diriyah ce qu'il a fait de Doha : un terrain de démonstration.
Sources : Foot Afrique, Foot Mercato, Arriyadiyah, Fennec Football
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