Mandi officialise sa retraite internationale
Le recordman des sélections a tourné la page des Verts le 22 juillet, avant de se livrer longuement en podcast : le Cameroun 2022 en cauchemar, la CAN 2019 en sommet.
La page est officiellement tournée. Aïssa Mandi a acté sa retraite internationale le 22 juillet, refermant douze années de sélection entamées en 2014 et un règne statistique que personne n'approchera de sitôt : le défenseur quitte les Verts en recordman absolu des capes, avec plus de 120 sélections au compteur. Après trois semaines de réflexion depuis Vancouver, où il avait refusé de trancher à chaud, l'homme aux huit buts en vert a choisi son moment, puis ses mots, dans une longue confession au podcast Kampo de Smail Bouabdellah.
Le Cameroun, la cicatrice qui ne se referme pas
De ses douze années, on attendait qu'il désigne le sommet et l'abîme. Le sommet, sans surprise : la CAN 2019 soulevée au Caire, l'épopée d'une génération dorée aux côtés de Mahrez et Bounedjah. L'abîme, en revanche, n'est pas celui qu'on croyait : plus que l'élimination suisse de cet été, c'est le barrage perdu contre le Cameroun en 2022 qui le hante encore, au point d'évoquer des flashbacks persistants. On comprend pourquoi : ce soir maudit de Blida, l'égalisation de Touba à la 118e minute avait ouvert les portes du Qatar avant que Toko-Ekambi ne referme tout dans les ultimes secondes du temps additionnel. Et soyons francs : toute une génération de supporters porte exactement la même cicatrice que lui.
Les critiques, ce faux procès qu'il évacue
L'autre enseignement de son passage au micro concerne les raisons du départ. Cible régulière des critiques depuis la dernière CAN, jusqu'aux polémiques de cet été sur son rôle supposé dans les débats tactiques du Mondial, Mandi balaie l'idée d'une retraite provoquée par la pression : les critiques ne l'atteignent pas et n'ont pas influencé sa décision, assure-t-il, avec cette formule d'autodérision devenue virale où il se qualifie de petit joueur qui ne saurait échapper à ce que subit même un Mbappé. L'élégance de la sortie est à l'image du parcours : responsabilité assumée après l'élimination, hommage aux supporters, aucune amertume publique.
Ce que les Verts perdent vraiment
Au-delà des chiffres, l'Algérie perd son dernier lien avec le Brésil 2014 et le huitième héroïque face à l'Allemagne, un cadre de vestiaire bilingue des deux rives, et un professionnalisme que même ses détracteurs saluaient. Sa fin de cycle sportif était sans doute arrivée, l'accélération de Manzambi à Vancouver en aura été le symbole cruel, et la transition vers la génération Belaïd-Tougaï devenait inévitable. Mais une chose est certaine : on ne remplace pas douze ans de constance par une convocation, on les remplace par une culture. C'est tout l'enjeu du chantier défensif ouvert par la FAF.
Une sortie qui appelle des adieux dignes
Mandi poursuivra sa carrière en club du côté de Levante, en Liga, avec cette longévité qui force le respect. Reste à la fédération de faire sa part : un recordman de sélections mérite un hommage officiel au 5-Juillet, pas une disparition silencieuse des listes. Le jour où l'Algérie saura célébrer ses serviteurs comme elle sait les critiquer, elle aura grandi autant que ses joueurs. Merci pour tout, Aïssa. La 118e minute de Blida, on l'a pleurée ensemble.
*Sources : Afrik-Foot, Kampo, Fennec Football*
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