La commission technique recommande le maintien de Petkovic
Contre toute attente, l'instance chargée d'évaluer le bilan du Mondial préconiserait de conserver le sélectionneur. Un coup de théâtre qui rebat toutes les cartes.
Personne ne l'avait vu venir, et surtout pas ceux qui suivaient ce dossier depuis Vancouver. Selon les informations rapportées par Fennec Football, la commission technique de la Fédération algérienne de football aurait recommandé le maintien de Vladimir Petkovic à la tête de la sélection nationale, au terme de son évaluation du parcours mondialiste. L'instance que tout le monde présentait comme le greffe chargé d'instruire le procès du sélectionneur aurait donc conclu à l'inverse de ce que la séquence médiatique annonçait. Coup de théâtre, et prudence de rigueur : la recommandation n'engage pas le bureau fédéral, qui garde la décision finale.
Le scénario que personne n'avait écrit
Reprenons le fil pour mesurer le retournement. Depuis l'élimination face à la Suisse, tout convergeait vers la rupture : négociations de résiliation évoquées, page présentée comme tournée par plusieurs médias, piste Antar Yahia lancée puis dégonflée, bureau fédéral déléguant l'évaluation du bilan dans ce que chacun lisait comme la construction d'un dossier de séparation. Et voilà que l'organe technique, après examen du rapport de la campagne américaine, pencherait pour la continuité. Et soyons francs : soit la commission a fait preuve d'un courage rare en jugeant sur pièces plutôt que sur la colère, soit la FAF vient de découvrir le prix réel d'une résiliation qu'elle ne peut pas se payer.
Les arguments qui peuvent plaider pour la continuité
Car un dossier technique honnête n'est pas vide côté défense. Petkovic a qualifié l'Algérie pour son premier Mondial depuis 2014, avec un bilan comptable globalement positif sur deux ans. Les révélations en cascade sur l'encadrement défaillant, les ingérences et les dysfonctionnements fédéraux déplacent une partie de la responsabilité de l'échec vers l'institution elle-même, comme Djamel Benlamri le martèle depuis des semaines. Ajoutons l'argument du calendrier : la Zambie arrive le 21 septembre, et aucun successeur crédible n'est sécurisé. Une chose est certaine : entre un sélectionneur contesté qui connaît le groupe et une page blanche à deux mois d'une campagne, le choix rationnel n'est pas celui du cœur des supporters.
Le problème que cette recommandation ne règle pas
Reste l'éléphant dans le vestiaire : la confiance. Peut-on repartir avec un technicien que la fédération a publiquement cherché à évincer, dont le divorce était annoncé comme explosif, et que la rue réclame de voir partir ? Un mariage prolongé par défaut de moyens de divorcer n'a jamais produit un projet. Si le maintien se confirme, il faudra à la FAF un travail de clarification publique inédit : mandat précis, objectifs chiffrés, staff renforcé, et des explications que les supporters attendent depuis Vancouver. Sans cela, chaque contre-performance de septembre rallumera l'incendie en pire.
La balle est dans le camp du bureau fédéral
La recommandation va maintenant remonter vers l'instance dirigeante, qui devra trancher ce qu'elle a toujours repoussé. Suivre la commission et assumer l'impopularité, ou la désavouer et assumer le coût du divorce : il n'existe plus de troisième voie. Le jour où cette saga se terminera par une décision claire et expliquée, la reconstruction pourra enfin commencer. En attendant, un homme peut savourer l'ironie de l'été : celui qu'on enterrait il y a quinze jours est peut-être en train de survivre à ses fossoyeurs.
*Source : Fennec Football*
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