Abid Charef veut quitter la FAF
Le patron technique de l'arbitrage algérien s'apprêterait à présenter sa démission, dans un secteur miné par les soupçons de matchs truqués et les départs en cascade.
Un nouveau bouleversement se profile dans les couloirs de Dely Ibrahim. Selon Footalgérien, Mehdi Abid Charef s'apprêterait à présenter sa démission de son poste de Directeur technique national de l'arbitrage, fonction qu'il occupait depuis octobre 2023. L'information, encore au conditionnel, n'a pas été confirmée officiellement par la Fédération. Mais elle ne surprend personne : dès avril dernier, en pleine tempête, l'ancien arbitre international évoquait déjà l'idée d'un retrait en fin de saison.
Un secteur qui a vécu une saison cauchemardesque
Car il faut rappeler dans quel climat s'inscrit ce départ annoncé. La saison écoulée a été marquée par une crise sans précédent de l'arbitrage national : soupçons de manipulation autour du match MC Oran-ES Sétif, avec des flux de paris anormaux documentés, dont environ 120 000 euros misés sur le nul et 81 % des mises concentrées sur ce résultat ; auditions d'arbitres et d'officiels VAR convoquées par les instances ; démission fracassante de l'arbitre international Benyahia ; contestations hebdomadaires des clubs, jusqu'aux expulsions polémiques qui ont enflammé les fins de saison. Et soyons francs : diriger l'arbitrage algérien cette saison, c'était éteindre un incendie avec un verre d'eau.
Un homme au parcours contrasté pour une mission impossible
Abid Charef n'était pas un choix neutre. Arbitre international pendant près d'une décennie, habitué des CAN et des Coupes du monde de jeunes, il avait terminé sa carrière de terrain dans des circonstances controversées avec la CAF, avant de rebondir en 2023 dans ce rôle de patron technique, aux côtés de Djamel Haïmoudi à la formation. Sa mission : restructurer la formation des arbitres, installer la VAR dans la durée et restaurer une crédibilité entamée. Trois ans plus tard, le chantier paraît plus vaste qu'à son arrivée. Une chose est certaine : on ne réforme pas un système avec les seuls outils que ce système veut bien vous laisser.
Le paradoxe d'un arbitrage à deux visages
Le plus troublant reste ce grand écart désormais familier : pendant que l'arbitrage domestique s'enfonce dans les soupçons, les arbitres algériens brillent à l'international, avec Mustapha Ghorbal retenu pour son deuxième Mondial consécutif parmi l'élite planétaire. La matière première existe, la formation individuelle produit des talents reconnus par la FIFA. C'est l'écosystème local qui les broie : pressions des clubs, désignations contestées, protection insuffisante, et maintenant l'ombre des paris. Le prochain patron de l'arbitrage héritera d'un dossier où le technique compte moins que le courage.
Une démission qui doit provoquer plus qu'un remplacement
Si le départ se confirme, la tentation fédérale sera connue : nommer un nom, communiquer, passer à autre chose. Ce serait la pire des réponses. La saison des soupçons impose un audit complet, une protection statutaire des arbitres et une transparence des désignations, comme nous le réclamions déjà pour la CAF. Le jour où un arbitre algérien pourra siffler un penalty contre un grand club sans craindre pour sa carrière, la crise sera finie. En attendant, les hommes passent, le système reste. C'est précisément le problème.
*Sources : Footalgérien, L'Algérie Aujourd'hui*
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