Bennacer signe au Qatar et retrouve Bounedjah
Arrivé à Doha pour sa visite médicale, Ismaël Bennacer s'apprête à s'engager avec Al Shamal après sept saisons à l'AC Milan. Un choix qui interroge à 28 ans.
Sept années à San Siro se referment en une visite médicale. Ismaël Bennacer a atterri à Doha pour finaliser son engagement avec Al Shamal, dans le championnat qatari. À 28 ans, le milieu de terrain algérien quitte l'AC Milan et s'apprête à rejoindre un compatriote qu'il connaît bien : Baghdad Bounedjah. Deux hommes que le Mondial 2026 avait laissés à quai, réunis loin des projecteurs européens.
Une carrière commencée en National, poursuivie au sommet
On oublie parfois d'où vient ce garçon. Bennacer a débuté chez les professionnels à l'AC Arles-Avignon, tout en bas de l'échelle du football français, avant qu'Arsenal ne mise sur lui. Ce fut ensuite Tours en prêt, Empoli pour la révélation, puis Milan pour la consécration. Al Shamal sera son huitième club, après les passages plus discrets par l'Olympique de Marseille et le Dinamo Zagreb. Une trajectoire qui raconte l'obstination plus que la ligne droite, et qui a produit l'un des meilleurs milieux relayeurs algériens de sa génération.
La blessure qui a tout ralenti
Il faut nommer la césure. En mai 2023, en demi-finale de Ligue des champions face à l'Inter, une blessure grave interrompait la meilleure séquence de sa carrière. Bennacer était alors le patron du milieu milanais, ce joueur capable de sortir le ballon sous pression et de casser les premières lignes adverses d'une passe verticale. Il n'a jamais vraiment retrouvé cette régularité, entre rechutes, prêts et statut incertain. Et soyons francs : c'est la blessure, pas le talent, qui a écrit ce transfert.
Le Qatar, un choix qui divisera les supporters
Al Shamal n'est pas un cador de la Qatar Stars League, et la question mérite d'être posée sans détour : à 28 ans, un joueur de ce calibre a-t-il épuisé ses options européennes ? Une chose est certaine : personne ne choisit le Golfe pour progresser techniquement. Reste que le raisonnement peut se défendre. Un environnement moins exigeant physiquement, une pression médiatique allégée, du temps de jeu garanti : autant d'éléments qui peuvent permettre de reconstruire un corps abîmé. Le Qatar de Bounedjah, qui y a passé l'essentiel de sa carrière et y a marqué par paquets, prouve qu'on peut y durer.
Ce que ce départ dit de l'équipe nationale
La non-convocation de Bennacer pour le Mondial 2026 avait fait débat, y compris chez ceux qui estimaient qu'il avait retrouvé un niveau suffisant. Champion d'Afrique en 2019, élu meilleur joueur de cette CAN à 21 ans, il incarnait une méritocratie que beaucoup réclament encore. Sa signature au Qatar complique un peu plus l'équation : le nouveau cycle des Verts s'ouvre avec Maza, Abdelli et Chaïbi dans l'entrejeu, et un championnat moins relevé n'est jamais un argument de poids devant un sélectionneur. Le jour où Bennacer retrouvera son corps de 2023, la sélection s'en apercevra. Encore faut-il qu'elle regarde du côté de Doha.
*Source : La Gazette du Fennec*
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