Paradou AC en Ligue 2 : le foot algérien perd gros
Le club formateur de Bensebaini et tant d'autres descend chez les amateurs. Une chute qui dépasse largement un simple résultat sportif.
Le Paradou AC est officiellement relégué en Ligue 2. Battu deux buts à un par le MC Rouissat lors de la 29e journée, le club de l'Académie n'a plus aucune chance de se maintenir et descend au niveau amateur. Et soyons francs : ce n'est pas une relégation comme les autres. Quand le Paradou AC tombe, c'est tout le football algérien qui doit s'inquiéter.
Car le PAC n'est pas un club ordinaire. C'est l'usine à talents du pays, celle qui a façonné une partie des Verts d'aujourd'hui et d'hier. Sa descente chez les amateurs ressemble à un avertissement.
L'unique vrai centre de formation du pays
Il faut le dire clairement : en matière de formation, le Paradou AC n'a pas vraiment de rival en Algérie. Pendant que beaucoup de clubs misent sur le recrutement et les joueurs déjà confirmés, l'Académie de Aïn Benian, elle, fabrique ses propres joueurs. Méthode, infrastructures, philosophie de jeu : le PAC a construit un modèle que personne d'autre n'a réellement réussi à reproduire dans le championnat.
La source le rappelle sans détour : il s'agit de « l'unique espoir de formation en Algérie », un club qui a donné et continue de donner plusieurs internationaux à la sélection nationale dans toutes ses catégories. Voilà pourquoi cette relégation fait mal. On ne parle pas d'un club lambda qui descend, mais du laboratoire qui alimente les Fennecs.
Un vivier pour l'Algérie et pour l'Europe
Le Paradou, c'est aussi l'un des rares clubs algériens capables d'exporter ses joueurs vers l'Europe. Là où d'autres formations gardent leurs talents jusqu'à ce qu'ils perdent de la valeur, le PAC a fait de la revente à l'étranger une véritable stratégie. Des éléments formés ou passés par l'Académie ont rejoint la Ligue 1 française et d'autres championnats du continent européen.
Ce modèle profite directement à l'Algérie. Plus le Paradou place ses jeunes dans de bons championnats, plus la sélection nationale dispose de joueurs aguerris au haut niveau. Le jour où ce circuit se grippe, c'est tout l'écosystème des Verts qui en pâtit.
Pourquoi cette descente dépasse le simple cadre sportif
Le PAC termine premier reléguable, 14e avec 24 points, six longueurs derrière l'USM Alger malgré les cinq matchs en retard des Usmistes. Sportivement, le constat est sans appel. Mais la vraie question n'est pas comptable.
Que devient un centre de formation quand il évolue au niveau amateur ? La Ligue 2 algérienne, dans sa version actuelle, n'offre ni la visibilité, ni les moyens, ni l'exposition de l'élite. Or un jeune talent a besoin de vitrine pour être repéré et exporté. Le risque est réel : voir le meilleur vivier du pays perdre en attractivité au pire moment, alors que l'Algérie prépare une échéance majeure avec la Coupe du Monde 2026.
Une chose est certaine : un pays qui laisse couler son meilleur formateur joue avec son avenir.
Et maintenant ?
Le Paradou AC devra rebondir vite, car une saison de trop chez les amateurs pourrait abîmer durablement le travail de formation. La balle est désormais dans le camp du club, mais aussi dans celui d'un football algérien qui doit décider s'il veut vraiment protéger ses talents. Le PAC remontera sans doute. La vraie question, c'est de savoir dans quel état.
*Source : L'Expression*
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