Mondial 2026 : l'Algérie est-elle prête à défier l'Argentine ?
À un mois du grand rendez-vous américain, les Verts présentent un effectif de talent mais accumulent les incertitudes physiques. Le diagnostic à froid.
Plus que 30 jours avant le coup d'envoi. Le 16 juin 2026 à Kansas City, l'Algérie entrera dans son Mondial 2026 face à l'Argentine de Messi, dans l'un des matchs les plus attendus de cette phase de groupes. Et la question qui taraude tous les supporters des Fennecs est aussi simple qu'angoissante : cette Algérie est-elle vraiment prête ? Sur le papier, l'effectif fait rêver. Sur le terrain, les voyants ne sont pas tous au vert. Et dans la mémoire de chaque supporter algérien, le souvenir de 2014 resurgit, celui d'une équipe préparée dans la sueur par Vahid Halilhodžić, qui avait défié l'Allemagne en huitièmes. Douze ans plus tard, l'Algérie de Vladimir Petković peut-elle écrire un nouveau chapitre ? L'Algérie a les hommes. Reste à savoir si elle a le plan.
Une génération sur le papier plus dense qu'en 2014
Soyons honnêtes : sur le strict plan des individualités, cette Algérie 2026 est probablement la plus riche que nous ayons alignée depuis l'âge d'or de Belmadi. Riyad Mahrez, capitaine, légende vivante, encore tranchant à Al-Ahli. Ismaël Bennacer en patron au milieu. Houssem Aouar en pleine forme à Al-Ittihad (13 buts toutes compétitions confondues cette saison). Hicham Boudaoui qui rassure à Nice. Rayan Aït-Nouri, devenu cadre indiscutable de Manchester City sous Pep Guardiola.
Ajoutons à cela les attaquants Mohamed Amoura (Wolverhampton), Amine Gouiri (Marseille), la pépite Ibrahim Maza pisté par Arsenal, le révélation Farès Ghedjemis (Frosinone), et Anis Hadj Moussa fraîchement qualifié pour la Ligue des Champions avec Feyenoord. Et la défense ? Aïssa Mandi en cadre, Ramy Bensebaïni titulaire de Bundesliga à Dortmund, Zinedine Belaïd promu cadre central avec ses 98% de passes réussies face à l'Uruguay. Difficile de trouver une équipe d'Algérie plus complète sur le papier ces dernières années.
Mais des doutes physiques qui s'accumulent
C'est ici que le tableau se complique. Le gardien de but, d'abord, vire au véritable casse-tête. Luca Zidane est out pour saison après sa rupture des ligaments croisés au derby Grenade-Almería. Melvin Mastil reste incertain. Alexis Guendouz, étrangement, n'a pas été retenu dans la pré-liste élargie. Pour combler le vide, Petković a convoqué pas moins de six gardiens locaux, dont Oussama Benbot (USMA), sorti de retraite internationale pour l'occasion. Une situation qui inquiète à un mois du Mondial.
La défense ne va guère mieux. Ramy Bensebaïni, taulier de l'arrière-garde, est blessé au pied depuis fin avril et a vu sa saison de Bundesliga prendre fin. Son retour à temps pour Kansas City n'est pas garanti. Youcef Atal est forfait. Samir Chergui, révélation d'octobre 2025, sort lui aussi de plusieurs mois de blessures à répétition. À cela s'ajoutent des doutes sur l'état physique de plusieurs cadres en cette fin de saison européenne éreintante. Et soyons francs : ce n'est pas l'idéal à un mois du grand rendez-vous.
Le souvenir de 2014, l'exemple Halilhodžić
Pour comprendre ce qui inquiète, il faut se souvenir de 2014. À l'approche du Mondial brésilien, Vahid Halilhodžić avait imposé à ses joueurs une préparation absolument exemplaire. Du travail acharné, des stages physiques poussés à l'extrême, une rigueur tactique de chaque instant, et une obsession du détail qui avait fait grogner certains cadres avant de payer en compétition. Le Coach Vahid n'avait laissé aucune place à l'à-peu-près. Et le résultat avait été à la hauteur : pour la première fois de son histoire, l'Algérie était sortie de sa phase de groupes au Mondial, avant de livrer un combat homérique face à l'Allemagne, future championne, en huitièmes (défaite 1-2 après prolongations).
En 2014, on jouait avec le cœur. En 2026, il faudra aussi jouer avec la tête. Cette génération-là, avec Brahimi, Slimani, Feghouli, Halliche, M'Bolhi, n'était sans doute pas plus talentueuse que celle d'aujourd'hui. Mais elle était préparée comme aucune autre. Une équipe-machine, soudée, taillée pour souffrir dans la chaleur amazonienne. Et c'est précisément cette dimension-là, cette préparation méthodique et obsessionnelle, qui reste à confirmer chez les Verts version 2026.
Petković, l'inconnue qui doit transformer l'essai
Vladimir Petković a hérité d'un effectif riche mais d'un calendrier de préparation court. Le sélectionneur suisso-bosnien dispose de quelques signaux encourageants : une victoire convaincante face au Guatemala (7-0) en mars, un nul honorable face à l'Uruguay (0-0 à Turin), une pré-liste élargie de 55 joueurs riche en options. Mais il lui manque encore ce que Halilhodžić avait livré il y a douze ans : une identité de jeu tranchée, une discipline tactique reconnaissable, et une vraie démonstration face à un adversaire de top niveau.
L'amical face aux Pays-Bas le 3 juin à Rotterdam sera son baromètre. Si l'Algérie y montre un visage convaincant face à une formation européenne du top 10 mondial, les doutes s'apaiseront. Si elle s'effondre, l'inquiétude se transformera en angoisse à seulement treize jours du choc face à l'Argentine. Une génération talentueuse ne suffit pas. Il faut une équipe.
Et maintenant ?
Et maintenant ? Le compte à rebours est lancé. Rassemblement le 25 mai à Sidi-Moussa, annonce de la liste définitive le 31 mai, amical Pays-Bas le 3 juin, possible match face au Venezuela le 10 juin à Kansas City, puis entrée en lice le 16 juin face à l'Argentine. La feuille de route est claire. Reste à savoir si Petković saura faire passer un cap à ce groupe en si peu de temps. Et si les Fennecs sauront, comme leurs aînés de 2014, transformer un effectif sur le papier en équipe sur le terrain.
Une chose est certaine : l'Algérie dispose de plus d'atouts qu'à toute autre Coupe du Monde de son histoire. Si elle se met dans les conditions de jouer son meilleur football, elle peut sérieusement embêter n'importe quel adversaire, Argentine comprise. La diaspora algérienne, de Paris à Bruxelles, de Marseille à Montréal, le sent et l'espère. Mais entre l'espoir et la confirmation, il reste désormais trente-et-un jours, un sélectionneur à convaincre, et un Mondial à conquérir. Allez les Verts.
Cette Algérie de Petković peut-elle vraiment égaler l'aventure de 2014 sous Halilhodžić, ou la préparation actuelle reste-t-elle trop courte pour briller face à l'Argentine ?
Réactions (2)
on part avec beaucoup d'incertitude a mon sens
@mim nchallah fiha khir
