CAN 2025 : le titre peut encore changer de mains
Le TAS a entendu le Sénégal, le Maroc et la CAF le 8 octobre. Une décision est évoquée cette semaine, sans confirmation : le titre reste en suspens.
Une finale gagnée sur le terrain, perdue sur tapis vert
Neuf mois après la finale, la CAN 2025 n'a toujours pas de vainqueur définitif. Le 18 janvier à Rabat, le Sénégal battait le pays hôte 1-0 après prolongation, sur un but de Pape Gueye. Mais la fin du temps réglementaire a tout fait basculer : un but sénégalais refusé à la 92e minute, un penalty accordé au Maroc à la 98e, puis le départ des joueurs et du staff sénégalais vers les vestiaires. La rencontre a été interrompue près d'un quart d'heure avant de reprendre. Le penalty a été manqué, et le Sénégal a fait la différence en prolongation.
De la réclamation au forfait
La suite s'est jouée dans les bureaux. Le 28 janvier, le jury disciplinaire de la CAF rejetait la réclamation marocaine. Le 17 mars, coup de théâtre : le jury d'appel revenait sur cette décision, déclarait le Sénégal forfait en s'appuyant sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN, et homologuait un score de 3-0 en faveur du Maroc.
Le 25 mars, la Fédération sénégalaise saisissait le Tribunal arbitral du sport. Elle demande l'annulation de la décision de la CAF et la reconnaissance du résultat obtenu sur le terrain. Le recours n'étant pas suspensif, même notre rival marocain le sait : son titre reste pour l'instant provisoire, mais officiel.
Lausanne a entendu tout le monde
L'audience s'est tenue le 8 octobre à Lausanne, à huis clos, de 9h30 à environ 15h. La formation arbitrale est présidée par le Français Gérald Simon, entouré de l'Italien Luigi Fumagalli, désigné par la fédération marocaine, et de l'Allemand Ulrich Haas, choisi par la fédération sénégalaise. Les deux fédérations et la CAF ont présenté leurs arguments avant la mise en délibéré.
Depuis, une fenêtre entre le 18 et le 22 octobre circule pour le verdict. Le TAS ne l'a pas confirmée. Et soyons francs, la prudence s'impose : cet été déjà, un faux document présenté comme une sentence du TAS avait circulé sur les réseaux sociaux, au point que l'institution avait dû publier une mise au point.
Le terrain ou le règlement
Le fond du dossier reste le même : un résultat acquis sur la pelouse peut-il être effacé par une décision prise deux mois plus tard ? Pour le Sénégal, désormais dirigé par Patrick Vieira, l'enjeu dépasse un trophée. Il s'agit de savoir si le football africain donne le dernier mot au jeu ou au règlement.
Une chose est certaine : quelle que soit l'issue, cette affaire laissera des traces. Une finale continentale ne devrait jamais se terminer devant un tribunal.
Le jour où le TAS rendra sa sentence, toute l'Afrique du foot saura enfin qui est son champion. En attendant, seule une communication officielle de Lausanne fera foi.
Sources : Seneweb, Goal, Afrik.com, Eurosport, communiqué du TAS
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