Finale de la CAN : et si le terrain avait le dernier mot ?
Le TAS délibère sur la finale de la CAN 2025, gagnée 1-0 par le Sénégal puis perdue sur tapis vert. Un argument pèse : l'arbitre a fait reprendre le jeu.
Une finale toujours sans vainqueur définitif
Neuf mois après la finale de la CAN 2025, l'Afrique ne sait toujours pas avec certitude qui est son champion. Sur le terrain, le Sénégal s'est imposé 1-0 après prolongation. Mais au cours de la rencontre, les joueurs sénégalais ont brièvement quitté la pelouse sans l'autorisation de l'arbitre. Le jeu a ensuite repris et le match est allé à son terme.
Saisi après la rencontre, le jury d'appel de la CAF a jugé que cette sortie constituait une infraction au règlement. Il a prononcé le forfait du Sénégal et attribué la victoire 3-0 au pays hôte, désormais déclaré champion. La Fédération sénégalaise a contesté cette décision devant le Tribunal arbitral du sport.
Le TAS en délibéré
L'audience s'est tenue le jeudi 8 octobre à Lausanne, à huis clos. La Fédération sénégalaise, la CAF et la Fédération marocaine ont présenté leurs arguments devant une formation de trois arbitres : le Français Gérald Simon, qui la préside, l'Allemand Ulrich Haas et l'Italien Luigi Fumagalli. L'affaire est désormais en délibéré. Le directeur général du TAS, Matthieu Reeb, évoque une décision dans quelques jours ou quelques semaines. Le règlement laisse au maximum quatre mois à la formation.
L'arbitre a tranché sur le terrain
L'argument le plus fort du dossier sénégalais tient en une phrase : l'arbitre a fait reprendre le jeu. Seul maître de la rencontre, il a estimé que le match pouvait se poursuivre, et il l'a mené jusqu'à son terme. Or le TAS applique un principe constant, celui du « field of play » : il ne revient pas sur les décisions prises par l'arbitre pendant la partie. Défaire après coup ce que l'arbitre a validé sur le terrain pose donc une vraie question.
Et soyons francs, la sanction paraît disproportionnée. Retirer un titre continental pour une sortie de quelques minutes, alors que le match a repris et s'est terminé normalement, revient à effacer cent vingt minutes de football. Des millions de supporters ont vu le Sénégal gagner cette finale.
Ce que répondra la CAF
L'instance continentale ne manque pas d'arguments. Le règlement de la CAN prévoit le forfait pour une équipe qui quitte le terrain sans autorisation. La CAF peut soutenir qu'il s'agit d'une sanction disciplinaire, prise après le match, et donc hors du champ de la décision arbitrale. Comme un joueur expulsé peut écoper de plusieurs matchs de suspension, la décision de l'arbitre n'empêcherait pas une sanction ultérieure.
Le rapport de l'arbitre pèsera sans doute lourd. S'il a consigné la sortie des joueurs comme une infraction, la position de la CAF sera solide. S'il ne l'a pas fait, l'argument sénégalais prendra encore plus de poids.
Trois issues restent possibles : la confirmation du forfait, le retour au résultat du terrain, ou un renvoi du dossier devant la CAF. Ce dernier scénario prolongerait encore l'incertitude.
Attention aux faux verdicts
Un faux « jugement du TAS » donnant le titre au Sénégal a circulé sur les réseaux sociaux. Africa Check l'a démenti : le document ne porte pas le bon numéro d'affaire. À ce jour, aucune décision n'a été rendue.
Une chose est certaine, ce verdict fera jurisprudence pour le football africain.
Le jour où une finale se jouera uniquement sur le terrain, la CAN aura retrouvé toute sa crédibilité.
Sources : Le Petit Journal Dakar, Afrik-Foot, Médias24, Africa Check, France 24
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