« Des manques évidents » : Hemdani ne se cache plus
Au terme de son premier stage, Brahim Hemdani a reconnu les failles de sa défense. Trois matchs sans clean sheet et un chantier immense avant le Togo.
Un aveu rare
Il n'a pas cherché à maquiller la réalité. Au lendemain de la victoire contre le Niger (2-1), Brahim Hemdani a dressé un constat lucide de son premier rassemblement : « On a des manques, et qui semblent évidents sur le plan de l'animation défensive. » Le sélectionneur a parlé de la défense comme du « chantier prioritaire », précisant que c'est le premier secteur sur lequel son staff a travaillé, compte tenu des nombreux changements dans l'effectif.
Les chiffres lui donnent raison. En trois matchs, l'Algérie n'a jamais gardé sa cage inviolée : un but encaissé contre la Zambie (3-1), deux au Burundi (2-2), un face au Niger (2-1). Au Burundi, les Verts ont concédé deux buts rapides. Face au Niger, ils ont été menés dès la 12e minute.
Une défense en reconstruction
Le contexte explique une partie du problème. La retraite internationale d'Aïssa Mandi après le Mondial 2026 a privé la défense d'un repère majeur, et Hemdani a hérité d'une ligne défensive à rebâtir. Il a utilisé 26 joueurs pendant ces quinze jours, avec un objectif assumé : voir tout le monde avant de trancher.
Mais ce turn-over permanent a un prix. La charnière centrale a changé à chaque match, et les automatismes n'ont jamais eu le temps de s'installer. Face au Niger, la paire Belaïd-Touba a souffert à la première période, et le repositionnement de Naïr à droite n'a rien arrangé.
Et soyons francs... reconnaître le problème est une chose, le régler en quatre semaines en est une autre. Le prochain rassemblement arrive vite, et les joueurs ne se retrouveront qu'au dernier moment. Sans match de préparation supplémentaire, le staff devra transmettre ses consignes en quelques séances seulement, avec des joueurs qui arriveront de championnats et de rythmes très différents. C'est tout l'enjeu des prochaines semaines : suivre de près les défenseurs en club et arrêter rapidement une base stable.
Le rythme, l'autre clé
Hemdani a aussi pointé le manque de rythme de plusieurs joueurs, peu utilisés en club. C'est un point important : une défense ne se construit pas seulement sur un tableau noir, elle se nourrit de matchs. Le sélectionneur l'a d'ailleurs reconnu, quatre semaines de championnat suffiront à rebattre les cartes, et il refuse de se projeter sur sa prochaine liste.
Une chose est certaine : la lucidité du discours est un bon signe, mais elle ne suffira pas longtemps. Les supporters attendent désormais des actes, et la double confrontation face au Togo en novembre servira de premier vrai test.
Le jour où l'Algérie retrouvera une charnière stable et une défense qui ne prend plus l'eau dès les premières minutes, Hemdani pourra enfin parler d'autre chose que de ses manques.
*Sources : Afrik-Foot, La Gazette du Fennec, Fennec Football*
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