Les Verts gagnent, mais le doute reste entier
Menés à la pause par le Niger, les Verts ont renversé la situation grâce aux entrants Belloumi et Boulbina. Trois points, mais un contenu très inquiétant.
Un premier acte inquiétant
À Tizi Ouzou, au stade Hocine-Aït-Ahmed, l'Algérie a battu le Niger (2-1) ce mardi en match amical. Sur le papier, c'est une victoire de plus pour Brahim Hemdani. Dans le contenu, la soirée laisse un goût amer. Menés dès la 12e minute sur un but de N'Dri, les Verts sont rentrés aux vestiaires avec un retard mérité, au terme d'une première période sans relief.
Le constat est sévère : une équipe fébrile, sans caractère, incapable d'imposer son impact dans les duels. À la perte du ballon, trop peu de joueurs ont fait l'effort de le récupérer, laissant le Niger respirer et ressortir proprement. Le 4-3-3 aligné au coup d'envoi, avec Maza entouré d'Aouchiche et d'Abdelli au milieu, n'a jamais trouvé le rythme ni les bonnes distances entre les lignes.
Les entrants changent le match
Le salut est venu du banc. Entré en cours de jeu, Belloumi a égalisé à la 53e minute d'un superbe coup franc, remettant les Verts dans la partie. Puis Boulbina, lui aussi lancé en seconde période, a provoqué le penalty transformé par Bensebaïni à la 72e minute. Boulbina confirme son statut de joker décisif, quelques jours après avoir déjà pesé face au Burundi.
Et soyons francs... sans ces coups d'éclat individuels, cette Algérie aurait pu quitter Tizi Ouzou avec un nul, voire pire. Le jeu collectif n'a pas suffi à faire la différence face à une sélection nigérienne largement à la portée des Verts.
Une fenêtre en dents de scie
Ce succès clôt une fenêtre internationale contrastée : une victoire nette contre la Zambie (3-1), puis un nul arraché au Burundi (2-2) après avoir encaissé deux buts rapides, et enfin ce succès laborieux face au Niger. Hemdani avait annoncé une rotation, avec plusieurs cadres absents sur blessure, ce qui explique en partie le manque d'automatismes. Mais en partie seulement.
Car le problème observé ce mardi dépasse la question des noms. Le manque d'agressivité à la récupération, la lenteur des transitions et la facilité avec laquelle l'adversaire a trouvé des espaces sont des signaux collectifs. Ils relèvent de l'animation, de l'intensité demandée, donc du staff.
Le sélectionneur sous pression
Arrivé en septembre pour succéder à Petković, Hemdani bénéficie encore d'un délai de grâce. Mais le crédit se consomme vite auprès d'un public algérien exigeant, qui attend autre chose qu'une équipe sauvée par ses remplaçants face à un adversaire modeste. Une chose est certaine : les prochains rassemblements devront montrer un groupe plus dense, plus agressif et plus maître de son sujet, sous peine de voir les doutes se transformer en contestation ouverte.
Les satisfactions existent pourtant. La réactivité du banc, la qualité de Belloumi sur coup de pied arrêté et la capacité de l'équipe à renverser une situation compromise sont des éléments à retenir. Reste à les transformer en une identité de jeu claire.
Le jour où l'Algérie retrouvera son caractère dès le coup d'envoi, ces victoires arrachées dans la douleur laisseront place à des soirées enfin rassurantes.
*Sources : Foot Mercato, BeFoot, Foot Africa*
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