Affaire Aït-Nouri : tout a commencé avant la Zambie
Une demande de report pour un rendez-vous chez le dentiste, des retards au petit-déjeuner collectif : le récit qui éclaire le coup de sang de Tizi-Ouzou.
Le coup de sang de Rayan Aït-Nouri sur le banc de Tizi-Ouzou, lors de la victoire 3-1 face à la Zambie le 25 septembre, n'a pas surgi de nulle part. Un journaliste d'El Heddaf a retracé en émission les jours qui ont précédé l'exclusion du latéral de Manchester City. Son récit change la lecture de l'affaire.
Un rendez-vous chez le dentiste
Tout commence 48 heures avant l'ouverture du stage. Aït-Nouri demande au staff l'autorisation de rejoindre le groupe avec 24 heures de retard, pour honorer un rendez-vous chez le dentiste. Brahim Hemdani refuse. Le joueur s'incline et se présente à la date prévue. Rien d'anormal jusque-là : un sélectionneur qui prend ses fonctions fixe le cadre, et le joueur le respecte.
Le petit-déjeuner, nouvelle règle du groupe
Pendant le stage, le staff instaure le petit-déjeuner en groupe. Une règle simple, pensée pour la cohésion d'un vestiaire qui sort d'un Mondial décevant. Selon le même journaliste, Aït-Nouri arrive en retard à plusieurs reprises. Il est également signalé en retard à une séance d'entraînement. Pris isolément, aucun de ces faits ne justifie une sanction. Mis bout à bout, ils dessinent un joueur qui peine à trouver sa place dans le nouveau cadre.
Le jour du match, la goutte d'eau
Le matin d'Algérie–Zambie, lors de la causerie technique, Aït-Nouri apprend qu'il ne débutera pas : Hemdani lui préfère Jaouen Hadjam. Sur le banc, il est appelé à s'échauffer. À la 71e minute, c'est Adel Boulbina qui entre. Le latéral refuse alors de poursuivre son échauffement. Quand Moussa Saïb, le manager général, tente de le calmer, il lui répond : « Ne me parle pas. » Après le match, Hemdani, Anthar Yahia et Saïb se réunissent. Le président de la FAF, Walid Sadi, valide l'exclusion du joueur pour le reste du rassemblement.
Et soyons francs : le staff n'est pas exempt de reproches. Plusieurs médias ont pointé des signaux contradictoires sur le banc, entre un appel à l'échauffement et un changement de plan. Mais la réaction d'Aït-Nouri reste inacceptable en sélection, et le récit d'El Heddaf montre que la confiance s'effritait déjà avant le coup d'envoi.
Une vieille tension avec Anthar Yahia
Le dossier a pris une autre dimension avec la sortie de Farouk Aït-Nouri. Le père du joueur affirme que la tension remonte à plusieurs mois, à un appel d'Anthar Yahia qui évoquait une possible non-convocation faute de temps de jeu à Manchester City. Il assure que Rayan n'a jamais pris part à cet échange.
Le contexte en club pèse aussi. Sous Enzo Maresca, Aït-Nouri joue peu, et il serait arrivé au rassemblement dans un état d'esprit fragile.
Des excuses comme condition
Hemdani avait prévenu dès sa première conférence de presse, le 17 septembre : « Si un joueur se distingue par un comportement douteux, on prendra les décisions qu'il faut. » Il a tenu parole. Aujourd'hui, Hemdani et Anthar Yahia posent une condition claire à un retour : des excuses officielles au sélectionneur et au staff.
Une chose est certaine : à 25 ans, Aït-Nouri reste l'un des latéraux les plus talentueux du réservoir algérien. En venant au stage malgré le refus pour son rendez-vous, il a montré qu'il savait se plier à une décision. Il lui reste à le refaire, cette fois publiquement.
Le jour où Aït-Nouri fera ce pas, la porte des Verts pourrait se rouvrir plus vite qu'on ne le pense.
*Sources : El Heddaf (journaliste en émission, YouTube) ; El Khabar ; Fennec Football ; La Gazette du Fennec ; Algérie360.*
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